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Simone Gentile
11 abonnés
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4,0
Publiée le 15 août 2025
Ico Costa offre ici un tableau socio-économique d’une précision poignante. À travers l’histoire d’amour entre Domingos et Neusia, il éclaire non seulement la pauvreté, les conditions de travail précaires et l’exploitation – notamment dans les mines d’or du nord du Mozambique –, mais aussi les dynamiques de l’amour et de l’infidélité. Le film puise sa force dans une perspective non blanche, à la fois sensuelle et réaliste, qui déploie des scènes frontales et crues, empreintes de violence et de vérité.
Domingos, employé non payé dans une station de lavage, est contraint de partir loin pour travailler dans les mines et subvenir aux besoins de sa famille, tandis que Neusia, enceinte, reste dans l’attente. Le réalisateur élabore ainsi une réécriture du réel où les gestes quotidiens – porter de lourds sacs, traverser des chemins boueux, attendre – deviennent autant de témoignages visuels de l’exploitation néocoloniale.
Ce n’est pas seulement une histoire d’amour : c’est aussi une plongée sensible dans l’exploitation orpaillère, rythmée par des conversations, improvisées ou réécrites, qui révèlent les espoirs, les désillusions et les rêves de ces femmes et de ces hommes victimes du système néocoloniale.
La caméra suit inlassablement les personnages dans leurs déplacements, rendant palpable leur mobilité, leurs aspirations et leur résilience. Présence consciente, elle guide notre regard au plus près de leur réalité. Un moment particulièrement marquant – le transport tragique du corps d’un camarade à la suite d’un accident à la mine – condense à lui seul le drame et l’engagement du regard du film.
Au final, L’or et le monde (O Ouro e o Mundo) est une œuvre à la fois intime et politique, une symphonie filmique qui restitue l’état du monde tel qu’il est vécu par ses personnages.
un film comme on aimerait voir davantage dans les salles, qui porte un regard juste, intime et sensible, sans artifice, et tourné depuis un continent bien trop délaissé au cinéma