Toujours dans une veine réaliste et rurale, Blandine Lenoir signe ici son quatrième long-métrage de cinéma après le confidentiel « Zouzou », le moyen « Aurore » où brillait cependant Agnès Jaoui et son plus réussi sur l’avortement dans les années 70 en France avec Laura Calamy : « Annie colère ». On avait donc envie d’aimer ce « Juliette au printemps », tiré d’une courte bande dessinée, autant que de dernier. Surtout que, de prime abord, ce petit film avait l’air engageant par son casting, hétéroclite et de qualité, et son côté rural emballant une petiteet mignonne chronique familiale. Malheureusement, c’est peut-être son long-métrage le moins réussi des quatre malgré des qualités diffuses qui font que l’on passe un moment relativement sympathique et pas désagréable pour autant. Du côté des bonnes choses, on peut en effet relever quelques situations et répliques bien écrites, tout aussi bien mises en bouche et conséquemment amusantes. Un petit côté décalé mais réaliste qui fait mouche se dégage également du film. Et le casting, des rôles principaux aux plus secondaires, est bien choisi et homogène. On se prend d’affection pour cette petite tribu le temps du court séjour de la plus jeune des filles au sein de sa famille. Izia Higelin est parfaite dans le rôle principal mais il fait surtout plaisir de revoir Sophie Guillemin qui revient beaucoup sur les écrans en ce moment et qu’on avait oubliée depuis sa découverte dans « L’Ennui » de Cédric Kahn il y a près de vingt-cinq ans. Et, bien sûr, Darroussin, Lvovsky ou encore Liliane Rovère forment des seconds rôles savoureux.
Alors qu’est-ce-qui cloche dans « Juliette au printemps » pour que ce ne soit pas un bon film comme on l’attendait. Il s’agit probablement de dosage et de mayonnaise qui ne prend pas. Si le film tente aussi bien la légèreté que la tendresse et un peu de gravité, il ne va jamais assez dans aucune de ces directions. Pas assez drôle pour être une comédie qui fasse vraiment rire, pas assez émouvant pour être un drame digne de ce nom et pas assez fou pour être le film léger et inconséquent auquel il prétend, voilà une œuvre qui reste à la croisée des chemins. La bobine entre trois projecteurs en quelque sorte. C’est peut-être sur le versant tendresse qu’il remplit le plus ses promesses mais encore là, le script n’y plonge pas assez. Ajoutons à cela, et comme souvent chez la cinéaste, une forme pauvre, presque télévisuelle, et on se retrouve devant un long-métrage qui ne marque pas les esprits. Jamais ennuyant ou raté pour autant, il se classerai juste dans la catégorie des œuvres aussi vites vues (avec un plaisir relatif et sans ennui) qu’elles seront oubliées. Il manque un gros quelque chose à cette succession de saynètes plus ou moins réussies et pertinentes pour aboutir à une œuvre plus mémorable et qui nous happe au sein de son joli univers. Dommage car on avait envie de l’aimer ce petit film d’auteur provincial .
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