Matthias travaille pour MyCompagnion, une société qui vous permet de louer une personne pour jouer le rôle de votre compagnon, votre fils, le père de votre enfant, etc. car rien n'importe plus que de sauver les apparences dans la bonne société viennoise. Mais à force de s'adapter à ces différentes personnalités, Matthias perd la sienne, ce qui fait fuir sa compagne, et va provoquer une crise existentielle. Très bon film à l'humour froid à la Östlund (Snow Therapy, The Square), qui moque aussi l'art contemporain, Peacock (paon en anglais) est une amusante comédie sur qu'est-ce être en société. > Plus d’infos culture sur mon Instagram "Les sorties de Philippe"
Mathias est un comédien qui loue ses services pour représenter des personnages dans la vie réelle. Mais ce film va bien plus loin. Il dénonce l'absence d'authenticité, de sincérité de notre monde moderne où tout le monde semble jouer un rôle programmé ou pas, où tout le monde finit par douter de tout le monde. Des rôles sans issues. D'où une fin assez spectaculaire où l'acteur, après avoir joué son "rôle" explique à sa manière que STOP il ne joue plus. Fini de faire le paon qu'il n'est pas ( voir l'affiche).
Un clin d'œil à la petite carmelita de sorrentino dans grande bellezza. Magnifique interprétation du rôle principal dans un univers trop gâté par l'abondance. Ce film porte bien son nom "faire le paon" est aussi une expression française. Bravo pour la performance vraiment sincèrement je vous engage à le visionner.
Peacock de Bernhard Wenger surprend par son élégance feutrée et son humour discret, au service d’une satire sociale aussi absurde que mélancolique. Le pitch — un homme qu’on peut louer pour jouer un rôle dans votre vie — pourrait faire penser à une comédie légère à la . Il n’en est rien. Ici, tout est retenue, inconfort, et introspection.
Albrecht Schuch incarne avec une justesse remarquable Matthias, caméléon professionnel, qui se perd à force d’incarner les autres. Sa performance est bouleversante, d’autant que le film choisit souvent le silence ou l’ambiguïté pour exprimer la douleur de son personnage. À ses côtés, la lumineuse Theresa Frostad Eggesbø offre un contrepoint rafraîchissant, figure de l’imprévu et de la sincérité.
Avec une mise en scène ciselée et une direction artistique soignée, Peacock évoque l’école scandinave du malaise doux-amer. On rit, mais jaune. On regarde, mais on s’interroge. Jusqu’à se demander si nous aussi, parfois, nous ne jouons pas un peu la comédie dans notre quotidien.
Un film qui prend son temps, dérange doucement, et laisse une trace bien plus profonde qu’il n’y paraît.
Un miroir social bien poli, qui renvoie surtout notre vide intérieur. Peacock, c’est Her sans l’IA, sans la gaudriole. Ici, pas de happy end, juste un homme payé pour simuler l’amour, la famille ou l’amitié… et qui finit par ne plus savoir ce que tout ça veut dire. Chaque scène est une gifle feutrée à notre société de l’image : on loue un sourire, on sous-traite une émotion, on externalise le lien humain comme on ferait appel à un traiteur. Matthias, c’est un pro du faux-semblant qui paume sa vérité. À force de faire semblant d’être tout le monde, il n’est plus personne. Et toi, t’as checké combien de fois ton reflet aujourd’hui ?
Malgré un rythme un peu lent qui mériterai d'être accéléré. Le film explore avec finesse les thèmes de l'identité, de l'authenticité et des pressions sociales contemporaines. La réalisation de Bernhard Wenger est louée pour son regard acéré sur la manière dont les individus modulent leur comportement en fonction des attentes sociales, notamment à l'ère des réseaux sociaux. Peacock est une comédie dramatique intelligente qui offre une réflexion pertinente sur la quête d'identité dans une société où les apparences priment souvent sur l'authenticité. Grâce à la performance exceptionnelle d'Albrecht Schuch et à la réalisation subtile de Bernhard Wenger, le film parvient à mêler humour et profondeur avec brio. On peut aussi faire un petit rapprochement avec le film Pretty Woman.
Jolie bonne surprise, ce premier film autrichien à l'humour très nordique. Certaines situations font penser à Toni Erdmann, la nudité théâtrale et décomplexée par exemple. Malgré quelques petites longueurs, le scénario ne manque pas d'idées loufoques pour illustrer la dérive de Matthias (un Albrecht Schuch convaincant) qui a force d'endosser d'autres rôles pour des raisons commerciales n'est plus capable d'avoir de vraies relations avec sa femme et ses proches. On se rappellera ainsi le doberman noir immobile comme une statue et le petit chien en location! Ou les échanges verbaux avec les dispositifs AI destinés à exécuter les ordres domestiques. Les cadrages sont soignés (l'escalier de l'appartement rappelle celui de Parasites) et le ton reste gentiment caustique sur les dérives d'hommes de pouvoir, capables de manipuler les opinions et de retourner les loupés en leur faveur. AP projection surprise AFCAE - juin 2025
Ce film autrichien est très original dans sa conception et son ton. La réalisation est soignée et même sophistiquée. Il bénéficie de la bonne interprétation du personnage principal incarné avec brio par Albretch SCHUSH. Le film décrit aussi très bien certains travers de la haute société autrichienne. C’est un premier long métrage de bonne facture, parfois drôle, voire grinçant, avec un final très réussi.
Bernard CORIC
(Film visionné à la convention PYRAMIDE du 12/03/2025 au cinéma L'ENTREPOT à PARIS)