Le point de départ est semblable à celui de « Rental family » (2025) de la Japonaise Hikari, mais avec un développement totalement différent (le film japonais est un mélodrame et non une comédie satirique), à savoir la location de personnes ou de parents pour différentes occasions de la vie. Ici, il s’agit de la société MyCompanion où travaille Matthias (l’Allemand Albrecht Schuch, 39 ans, excellent). Il est professionnel, à la fois comédien inspiré et caméléon, dans son rôle d’accompagnant
à un concert, de coach avec une femme qui n’ose discuter avec son mari autoritaire, de père pilote de ligne parlant de son métier devant la classe de son « fils », ou d’accompagner un homme en vue de la location d’un appartement (pour passer pour un couple homosexuel et augmenter ses chances de couple diversifié)
. En revanche, dans sa vie privée, il manque totalement de personnalité : sa femme Sophia,
qui finit par le quitter
, lui reproche de « ne pas être vrai », d’où le titre original. Malgré ses déboires sentimentaux, il se prépare à être le fils d’un homme d’affaires, à l’occasion de ses 60 ans, anniversaire où il souhaite impressionner les membres de son club de golf dont le sexagénaire vise la présidence. La scène finale lorgne du côté de « The square » (2017) du Suédois Ruben Östlund en critiquant le caractère grégaire des gens, notamment en matière d’art, tout pouvant être « une performance »
(se couvrir nu de peinture avant de se jeter sur une toile blanche ou venir à un dîner, nu enduit de boue
), ainsi que l’importance de l’apparence (métaphore du paon dans le titre ?). Petit bémol : le film aurait pu être plus concis (il dure 1h42), sans quelques scènes gratuites telles que
la location du chien Spitz allemand, le parking sur une place réservée aux handicapés, l’intrusion d’un canard dans sa voiture et la récurrence de la venue d’un plombier (plombière ?) à son domicile connecté
.