La Grâce
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Christoblog

922 abonnés 1 805 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 février 2024
Ce film russe, très mal distribué en France, a été pour moi une véritable découverte au dernier festival de Cannes.

Alors, autant le dire tout de suite, La grâce est sûrement l'une des oeuvres les plus lugubres qu'on pourra voir cette année.

Une fille adolescente et son père parcourent les paysages désolés des confins russes du sud au nord du pays, au volant d'un van délabré, projetant difficilement quelques films sur un écran de fortune, dans des localités qui suintent l'ennui et la violence.

Le propos est donc désespérant au possible, la lumière est grise et blafarde, les dialogues épars. Les péripéties (celles d'un coming of age assez classique) flottent vaguement à la surface d'une sorte d'océan de dépression. Un des intérêts de ce voyage est sans conteste la Russie, dont on mesure ici l'immensité, et l'état de délabrement généralisé : tout semble y tomber en ruine.

Il y a dans le film d'Ilya Povolotsky quelque chose de magique : une sorte d'étincelle toujours présente dans les yeux de l'actrice Maria Lukyanova, une beauté de fin du monde dans les paysages de la mer arctique, une mélancolie diffuse qui semble sortir de l'écran pour imprégner directement notre coeur. Probablement ce qu'on peut appeler la grâce.
Yves G.

1 856 abonnés 4 063 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 17 février 2024
Un homme taiseux et une jeune fille boudeuse sillonnent le Caucase russe à bord d’un vieux van rouge à bout de course. Lentement on comprend qu’ils sont père et fille et qu’ils s’arrêtent dans des villages reculés pour y projeter sur un écran blanc des films et y vendre sous le manteau des DVD interdits. Leur errance les mènera sur les bords de la mer de Barents.

Ilya Povolotsky est un jeune réalisateur russe exilé en France. Son premier film a été sélectionné à la Quinzaine des cinéastes à Cannes.
Cette entrée en matière pose question. Apprécierait-on différemment ce film si son réalisateur n’était pas réfugié politique ? Aurait-il été sélectionné à Cannes s’il avait été un thuriféraire de Vladimir Poutine ?

"La Grâce" est un film aride et exigeant. Son titre louche du côté de Bresson, de Tarkovsky, de Bergman ou de Bruno Dumont. Excusez du peu. De quoi parle-t-il ? D’une relation père-fille sans parole, de deuil, d’émancipation…

Je comprends qu’on puisse le tenir pour un chef d’oeuvre. Je comprends tout aussi bien qu’on puisse s’y ennuyer copieusement. C’est que "La Grâce" dure près de deux heures alors que son propos aurait pu, sans préjudice, tenir en moins d’une heure trente. Estimons nous heureux : il aurait pu durer trois heures !

Que s’y passe-t-il ? Quasiment rien. On y voit ce fameux minivan rouge sillonner la campagne.. Aux langues utilisées – le géorgien, le balkar, l’adyguéen – on comprend qu’on est au nord du Caucase. Quasiment aucun mot n’est échangé entre la fille et son père, qui entretient quelques liaisons avec des inconnues de passage au grand dam de sa fille, laquelle de son côté, se languit de connaître un premier amour émancipateur.

Sans transition – ou alors l’ai-je raté dans un moment d’assoupissement – on se retrouve dans une station météorologique désaffectée sur les bords d’un océan glacé. Il faut lire le dossier de presse pour apprendre qu’il s’agit de la mer de Barents, à quatre mille kilomètres au nord. C’est là que se déroule l’ultime scène finale, qu’on avait devinée par avance et qu’on attendait impatiemment depuis deux bonnes heures.
siromenthe
siromenthe

2 abonnés 4 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 février 2024
On se laisse porter par la photographie époustouflante, sûrement éponyme du film; qui nous fait voyager avec les protagonistes et nous laisse, grâce a leur absence de dialogue, s’immerger avec eux et vivre la même houle, la même mer et le même froid qu’eux. Certains cadrages, notamment ce plan d’éolienne dans la bande annonce, est à la hauteur de sa promesse lorsqu’on le voit en grand écran. La colorimétrie est très diverse et propose, dans certaines scènes de nuit du van, un univers très spécifique. Une direction artistique donc, très réussie.

Malheureusement cela ne contrebalance pas assez face à plusieurs faiblesses; De fait, un film lent pendant lequel on a parfois l’envie de regarder l’heure, et le temps s’écoule sans réelle accroche narrative. Et malgré le déplacement géographique constant des personnages, le spectateur, par le biais de la caméra, reste bien fixe.
C’est d’autant plus frustrant que certaines scènes en caméra portée bien plus vives nous confirment que la réalisation maîtrise aussi ces codes de cinéma propre à film plus mouvementé.

Et puis c’est ce genre de film dans l’ambiance cinéma d’auteur intellectuellement inaccessible où le silence entre chaque personnage -souligné par la lenteur des plans- est si présent qu’on pourrait croire que le film ne veut pas même pas dialoguer avec son audience, ce qui incite le spectateur à se distancer des personnages.

C’est avec ce silence que de nombreux enjeux narratifs semblent se désamorcer d’eux mêmes par manque de clés données au spectateur.
spoiler: Pourquoi la fuite du village ? Qui est cette femme sur la première séquence ?
Des pistes d’interprétations sont données mais pas assez pour que la lassitude ne prenne pas le pas sur le scénario, spoiler: malgré la question du deuil dont on se doute au fur et à mesure qui est confirmée à la fin.

Enfin le contraste sonore avec certains moments musicaux sont étonnamment amenés, où l’intensité dramatique que l’on se construisait de manière subjective et autonome nous est imposée sans que l’on comprenne quel rôle elle joue vraiment.
thierry-xavier G.
thierry-xavier G.

2 abonnés 12 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 février 2024
Tristesse par les paysages. Ennuie par des dialogues réduits au plus succinct ( une phrase/une réponse toutes les 10 minutes). Austérité des visages. Rudesse des personnages. J'ai cédé à la tentation de sortir au bout d'une heure.
Jean Magnin
Jean Magnin

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2024
Un film qui reste dans notre mémoire par sa dureté et en même temps sa sensibilité celle des personnages
Bibir
Bibir

6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 février 2024
Road movie où des paysages dévastés sont les parfaits prolongements des espaces mentaux de ces père et fille en plein deuil. Tourné sur pellicule Kodak, ce qui devient rare.
Mal ed puch
Mal ed puch

20 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 6 février 2024
Jamais vu film plus ennuyeux. Les paysages de la Russie sont moches même le bord de mer . Les personnages sonnent faux , on reste étonné de la fin . Heureux par contre que ce soit fini .
Orno13
Orno13

28 abonnés 1 077 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 février 2024
Un très beau film russe taiseux, contemplatif souligne par un décor magnifique et dure de l arriere pays soviétique, on ressent tout au long du film la dureté de cette vie et surtout le malaise et l incompréhension entre cette fille et son père dont on devine très rapidement de quoi il s agit.
Un très beau film émouvant et une très belle interprétation de cette jeune fille qui porte le film
VLM
VLM

1 abonné 16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2024
Un beau film, très bien réalisé. Encore un réalisateur russe inventif qui a des choses à nous montrer, à nous raconter. La Grâce/ le Bonheur est une œuvre artistique loin de toute superficialité.
Pierre-Michel M.
Pierre-Michel M.

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 février 2024
Une fois de plus le cinéma RUSSE nous donne un coup de poing en pleine figure ! Le drame absolu et une dernière scène qui est le commencement d'un tout ! Impossible de manquer ce chef d'oeuvre!
stans007
stans007

39 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 février 2024
Un film très lent – trop lent – qui analyse avec talent les relations difficiles entre un père veuf taciturne et sa fille unique au cours d’un road-movie dans les paysages froids et ingrats des steppes farouches du Caucase et de la mer de Barents – où je ne partirai certainement pas en vacances. Par certains côtés désolés ce film m’a évoqué le chef-d’œuvre de Fellini : la Strada... La mise en scène est très travaillée mais parfois absconse.
Bromston
Bromston

5 abonnés 24 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 2 février 2024
Comme BLS Moviedebrief, je pense que le travail accompli mérite un minimum de respect et je mets une étoile. Mais je ne recommande à personne d'aller voir ce pensum. À vrai dire, plus que l'ennui, c'est la gêne qui m'a pris : gêne pour les clichés les plus éculés qui s'enchaînent les uns après les autres dans une ambiance "typiquement russe" (maisons détruites, alcool, militaires, etc.). Je précise que je suis fan de Tarkovski.
Jmartine
Jmartine

202 abonnés 748 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 février 2024
Les paysages semi-désertiques traversés par les personnages de Grace ne sont pas particulièrement accueillants. Battus par le vent et le froid, ils donnent l’impression que « l’été a été annulé » comme le disent les rares habitants de la région. Ils possèdent pourtant une beauté sévère et mystérieuse et c’est une description que l’on pourrait faire du film dans son ensemble. En effet, il n’est pas forcément aisé de trouver la porte d’entrée de ce film d’errance ou rien n’est réellement expliqué, mais une certaine récompense attend celle et ceux qui acceptent de s’y perdre.
Dans ces paysages désolés d’un monde fantôme aux couleurs perpétuellement automnales, un homme et sa fille adolescente roulent à bord d’un van. On ne connait pas leur nom ni leur destination, la jeune fille d’environ 16 ans, est assez révoltée (Maria Lukyanova, magnétique), le père renfrogné ‘Gela Chitava), l’un et l’autre tout autant taiseux…le scénario donne délibérément très peu de contexte et les dialogues sont relativement peu nombreux. Père et fille n’ont trouvé que le silence pour transporter avec eux le poids de leurs solitudes endeuillées, ponctuées par des rencontres fortuites… Leur van contient le matériel d’un cinéma itinérant qu’ils viennent planter bon an mal an dans des coins où seuls des rustres peuvent survivre et où mêmes les poissons sont frappés de la peste…. Ils survivent en vendant de la nourriture et des boissons pendant les projections, trafiquotant des cassettes et des DVD...
Tourné à l’ancienne sur pellicule, de la République de Kabardino-Balkarie à la mer de Barents, ce premier film de fiction a été tourné par Ilya Povolotsky avant la guerre de 2022…Il s’agit aussi du dernier film russe à avoir été sélectionné à Cannes (Quinzaine des réalisateurs) … Il en est ressorti sans récompense, et pourtant, il combine tous les ingrédients correspondant à la définition que beaucoup de cinéphiles ont d’un « grand film », c’est à dire une parabole taiseuse sur la condition humaine filmée avec lenteur et majesté dans des décors bruts (on est en droit de juger cette définition vieillotte ou imparfaite) …. Les dialogues sont minimalistes, les personnages aussi, au plus sept ou huit rencontres en deux heures…Ce n'est pas la chaleur humaine qui les caractérise, et le tout peut sembler austère, comme le climat et les paysages sans arbres… Je me suis demandé quel était le message du film, et le rapport peu évident avec le titre admirable...Ce n'est pas la grâce qui m'a touché, mais l’atmosphère âpre et désenchantée qui caractérise souvent le cinéma postsoviétique…
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

231 abonnés 1 511 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 février 2024
Road-trip avec deux taiseux, un père et sa fille, au volant de leurs van à travers les paysages désolés des confins de la Russie. De temps en temps ils s'arrêtent pour projeter un film à des villageois qui ne connaissent pas internet ou pour vendre sous le manteau des dvd de films asiatiques à des chauffeurs de poids-lourds en manque de tendresse. Il y a un but à tout ça mais quand on le comprends c'est déjà trop tard, on est confit par l'ennui depuis bien longtemps.
PL06
PL06

15 abonnés 153 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 janvier 2024
Un film lent, avec un scénario minimaliste, et pourtant intense, poétique, avec une caméra qui retient vraiment l’attention.

Sur la forme c’est un road-movie de 5000 km du Caucase au nord de la Russie, un drame sur les années post-communistes avec une population complètement désorientée. Il offre des paysages hallucinants, tantôt somptueux mais le plus souvent signes du désastre que le Russie profonde a connu à cette époque.

Le côté documentaire est sensible, mais c’est le récit de deux solitudes qui intéresse le réalisateur. Deux anti-héros taiseux, qui croisent dans ce périple des gens sans vraiment les rencontrer. Nous ne connaîtrons aucun nom, aucun prénom… Le père comme la fille semblent dans une fuite éperdue, dont nous comprendrons le sens à la toute fin du film. Mais c’est aussi l’histoire de l’émancipation de la fille, protégée à la limite de l’emprisonnement par son père, l’histoire de son passage à l’âge adulte. Et cela fonctionne, le spectateur est à l’unisson de leur solitude, de cette nécessité du lendemain, du besoin de trouver sens.

Caméra : des travellings d’anthologie pour prendre la dimension des paysages, conclus par des zooms sur les personnages que l’on distingue à peine. Des effets de profondeur de champ comme on a rarement vus. Une image sombre le plus souvent, qui accompagne le vague à l’âme de nos héros. Mais avec des visages lumineux, tantôt tristes tantôt habités par le sourire. Où se révèlent la sensibilité et l’humanité profonde de ce film.
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