Avec Miroirs No. 3, Christian Petzold explore une nouvelle fois les zones grises du deuil et de l’illusion. Laura, étudiante rescapée d’un accident, est recueillie par Betty, femme endeuillée qui l’accueille comme une fille retrouvée. Peu à peu, une relation ambivalente se tisse : maternité protectrice ou magnétisme malsain ? Paula Beer incarne avec intensité cette jeune femme en décalage avec le monde, tandis que Barbara Auer lui oppose une force fragile et troublante. Le film déploie une atmosphère singulière, où l’on ressent sans cesse qu’« il y a quelque chose », mais cette étrangeté ne trouve pas toujours sa pleine résolution. Le twist déçoit, et l’impression d’un moyen métrage étiré domine. Pourtant, la photographie de Hans Fromm, la partition de Ravel et la direction d’acteurs confèrent à l’ensemble une aura envoûtante. Œuvre imparfaite mais habitée, Miroirs No. 3 séduit par instants, tout en laissant un goût d’inachevé.
Présenté dans le cadre de la Quinzaine des Cinéastes au dernier Festival de Cannes, "Miroirs n°3" présente la particularité d’être un film allemand dont le titre original est en français. Cela vient du fait que « Miroirs n°3 » est une composition de Maurice Ravel, la 3ème pièce, « Une barque sur l’océan », du recueil de 5 pièces pour piano intitulé « Miroirs » et composé entre 1904 et 1906. On peut avoir l’impression qu’il ne se passe pas grand chose dans ce film, véritable film sur les fantômes dans lequel n’apparait aucun fantôme, mais il n’empêche qu’y règne en permanence une grande tension et le spectateur, pris par ce qu’il devine petit à petit, ne cesse de se demander ce qui va arriver à Laura. De nouveau présente chez Christian Petzold, Paula Beer est absolument magistrale dans le rôle de Paula. Christian Petzold « aime travailler souvent avec les mêmes comédiens, pas uniquement parce qu’ils sont tous formidables, mais aussi pour la richesse qu’ils ont acquise dans les films précédents et qu’ils peuvent utiliser dans les nouveaux films ». On ne sera donc pas étonné de retrouver Barbara Auer (Betty), Matthias Brandt (Richard), Enno Trebs (Max) auprès de Paula Beer, une comédienne et deux comédiens déjà pré dans plusieurs films du réalisateur. L'intégralité de cette critique est disponible sur le site ou critique et film sont séparés par le tiret du 6.
Là où la majorité du cinéma allemand actuel explore son histoire et n'a de cesse de se repentir Christian Petzold continue à creuser une veine intimiste. On pourrait même dire de plus en plus intimiste, ou du moins faussement intimiste. Car après avoir convoqué dans un même geste Rohmer et les amants de Pompéi sous un sublime "Ciel rouge" il travaille cette fois une sorte de western à petite échelle, un vaudeville où Maurice Ravel et le soleil plombant feraient tourner les têtes et les cœurs, mais tout ça à bas bruit. Dans cette maison ou ce garage/grange vont se jouer des histoires douloureuses mais pas que, le peu de protagonistes étant amenés à révéler ses douleurs et à se reconstruire dans la foulée, en acceptant ses fantômes pour mieux les laisser partir.
Le film pourra faire l'effet d'une pièce mineure, où le spectateur a un temps d'avance sur les personnages, et pourtant il s'y joue beaucoup de choses. En réalité je me suis aperçu à l'issue de la projection que ce "Miroirs No. 3" pouvait laisser de marbre ou chambouler. Inutile de préciser que je fais partie de la seconde catégorie, peut-être parce que je suis dorénavant Petzoldolâtre, parce que j'aime sa façon d'envisager les relations entre les vivants, mais aussi les morts, parce que la manière dont sa caméra désire Paula Beer me touche. Je crois que je me sens tout simplement bien chez lui, que la photographie de Hans Fromm m'est désormais familière, tout comme cette façon de faire parler les lieux autant que les êtres. Bref son cinéma me fait l'effet d'un cocon, et j'aime m'y réfugier régulièrement.
Les amateurs de la petite musique petzoldienne en conviendront sans doute, pour la majorité d'entre eux. Miroirs N°3 n'est pas le meilleur film du cinéaste allemand. Mais il n'est pas décevant non plus, dès lors que l'on a pris l'habitude d'attendre avec impatience ses récits épurés, qui en disent et en montrent peu mais qui utilisent des détails a priori insignifiants (les caprices d'un lave-vaisselle) pour évoquer la difficulté de communiquer et de s'aimer. Oui, c'est un film sur le deuil, avec deux histoires en miroir, évidemment, mais c'est bien davantage, un voyage tranquille dans les ressorts de l'âme humaine, avec ses mystères, sans une recherche absolue de l'émotion, celle-ci venant comme par effraction, avec une bienveillance du film pour ses différents personnages, tous plus ou moins touchés par les aléas de la vie. On ressort de là avec plein de points d'interrogation sur la suite de l'intrigue et on est heureux d'avoir passé près de 90 minutes avec la merveilleuse Paula Beer. Ne pas négliger non plus l'humour sous-jacent de plusieurs scènes, qui confinent presque au burlesque, avec chutes et défaillances mécaniques. Et puis il y a ce romanesque qui ne se pare pas de couleurs chatoyantes mais s'insinue dans des moments d'échanges, de regards ou de silences. A bien y réfléchir, Miroirs n°3 n'est pas un film aussi anodin qu'il y paraît et en plus, il fait du bien.
Film assez lent où il ne se passe pas grand chose, mais avec une ambiance assez chargée émotionnellement puisque l'on se doute que le calme cache la tempête. C'est la force du film justement.
vu en avant première le le 26 juin... un film qui parle de deuil d'acceptation, de continuer à vivre malgré les épreuves de la vie... il me semble que miroir No3 fait un peu écho à Undine du même réalisateur, la transformation par la mort ou la renaissance d'un être avec le besoin de destruction ou de disparition d'une personne aimé qui a fait parti un peu de nous-mêmes... oui je trouve que miroirs No3 peut être justement le mirroir d'Undine un mirroir sur l'eau d'ailleursspoiler: au debut du film il y des plans sur l'eau, Paula beer sur un pont, nous sommes prés de berlin aussi ce qui nous fait immediament penser a Undine.... . malheuresement peu-etre aussi nous restons un peu trop à la surface avec ce film, on n'a pas vraiment l'impression de rentrer vraiment dans les profondeurs ni des sentiments ni de la personalité des caractères, mais enfin c'est peut-etre voulu....
ça reste un film très poétique comme Petzold à l'habitude de nous donner.... touchant malgrés le fait que l'on reste à la surface...
Un film qui vous fera sans-doute du bien si vous êtes dans une periode de votre vie ou vous avez le besoin de renaître ou de clore un chapitre de votre vie....
Vu en avant-première à Hérouville-Saint-Clair au Café Des Images le 15/06/25 dans le cadre du Festival de Cannes 2025 (Quinzaine des cinéastes). Bon film allemand en VO avec un jeu subtil des acteurs qui montre bien la psychologie des personnages et le soin délicat à porter aux relations humaines pour les faire avancer dans la bonne direction.
Un petit côté bergmanien dans cette rencontre improbable et ce rapprochement de la jeune fille incarnée par Paula Beer, avec cette femme mystérieuse, pour ne rien dévoiler. Petzold est juste et intelligent dans son écriture
Tout ce que j’aime chez Petzold : une ambiance si particulière, ce regard sur les lieux qui crée un univers visuel marquant. Plus qu’un film sur des personnages, c’est un film sur cette maison — lieu de vie, de drame, de réparation, de fête.
J’y retrouve toujours cette idée d’une douceur de l’apocalypse, cette tension d’un basculement imminent. L’idée d’un non-accomplissement, avec une certaine proximité, sur le plan thématique, avec un pan du cinéma de Lars von Trier.
Le scénario est toutefois un peu léger à mon goût pour surpasser le très bon Ciel rouge.
Vu en avant-première. Un film tout à fait dispensable, avec des situations pas crédibles. Les intentions sont pourtant louables, le sujet est intéressant mais le traitement est complètement raté. On ne croit en rien à cette histoire et donc l'ennui s'installe rapidement.