Les amateurs de la petite musique petzoldienne en conviendront sans doute, pour la majorité d'entre eux. Miroirs N°3 n'est pas le meilleur film du cinéaste allemand. Mais il n'est pas décevant non plus, dès lors que l'on a pris l'habitude d'attendre avec impatience ses récits épurés, qui en disent et en montrent peu mais qui utilisent des détails a priori insignifiants (les caprices d'un lave-vaisselle) pour évoquer la difficulté de communiquer et de s'aimer. Oui, c'est un film sur le deuil, avec deux histoires en miroir, évidemment, mais c'est bien davantage, un voyage tranquille dans les ressorts de l'âme humaine, avec ses mystères, sans une recherche absolue de l'émotion, celle-ci venant comme par effraction, avec une bienveillance du film pour ses différents personnages, tous plus ou moins touchés par les aléas de la vie. On ressort de là avec plein de points d'interrogation sur la suite de l'intrigue et on est heureux d'avoir passé près de 90 minutes avec la merveilleuse Paula Beer. Ne pas négliger non plus l'humour sous-jacent de plusieurs scènes, qui confinent presque au burlesque, avec chutes et défaillances mécaniques. Et puis il y a ce romanesque qui ne se pare pas de couleurs chatoyantes mais s'insinue dans des moments d'échanges, de regards ou de silences. A bien y réfléchir, Miroirs n°3 n'est pas un film aussi anodin qu'il y paraît et en plus, il fait du bien.
Tout ce que j’aime chez Petzold : une ambiance si particulière, ce regard sur les lieux qui crée un univers visuel marquant. Plus qu’un film sur des personnages, c’est un film sur cette maison — lieu de vie, de drame, de réparation, de fête.
J’y retrouve toujours cette idée d’une douceur de l’apocalypse, cette tension d’un basculement imminent. L’idée d’un non-accomplissement, avec une certaine proximité, sur le plan thématique, avec un pan du cinéma de Lars von Trier.
Le scénario est toutefois un peu léger à mon goût pour surpasser le très bon Ciel rouge.
Là où la majorité du cinéma allemand actuel explore son histoire et n'a de cesse de se repentir Christian Petzold continue à creuser une veine intimiste. On pourrait même dire de plus en plus intimiste, ou du moins faussement intimiste. Car après avoir convoqué dans un même geste Rohmer et les amants de Pompéi sous un sublime "Ciel rouge" il travaille cette fois une sorte de western à petite échelle, un vaudeville où Maurice Ravel et le soleil plombant feraient tourner les têtes et les cœurs, mais tout ça à bas bruit. Dans cette maison ou ce garage/grange vont se jouer des histoires douloureuses mais pas que, le peu de protagonistes étant amenés à révéler ses douleurs et à se reconstruire dans la foulée, en acceptant ses fantômes pour mieux les laisser partir.
Le film pourra faire l'effet d'une pièce mineure, où le spectateur a un temps d'avance sur les personnages, et pourtant il s'y joue beaucoup de choses. En réalité je me suis aperçu à l'issue de la projection que ce "Miroirs No. 3" pouvait laisser de marbre ou chambouler. Inutile de préciser que je fais partie de la seconde catégorie, peut-être parce que je suis dorénavant Petzoldolâtre, parce que j'aime sa façon d'envisager les relations entre les vivants, mais aussi les morts, parce que la manière dont sa caméra désire Paula Beer me touche. Je crois que je me sens tout simplement bien chez lui, que la photographie de Hans Fromm m'est désormais familière, tout comme cette façon de faire parler les lieux autant que les êtres. Bref son cinéma me fait l'effet d'un cocon, et j'aime m'y réfugier régulièrement.
On peut deviner le propos du réalisateur à partir de dialogues où les personnages expriment leurs angoisses. Mais la mise en scène n'est pas explicite pour nous permettre de ressentir celles-ci. Par exemple l'accident de voiture est incomprehensible. On apprend plus tard que Laura est indifférente à son amant. Quels rapports entre ces deux faits ? On peut deviner les raisons qui motivent Betty à héberger Laura, mais pourquoi celle ci insiste pour rester dans cette famille. Ainsi de toutes les réactions de Richard et Max qui ne découlent pas de la réalisation ni des émotions des protagonistes. Mais de la volonté du réalisateur. d'imposer son point de vue sans en faire la démonstration. La fin est à mon sens totalement incompréhensible. Film intéressant dans le mesure où il est un exemple d'une manipulation et non d'un propos que Petzol exprimer ait par sa caméra.
Étudiante en musique à Berlin, Laura (Paula Beer) échappe de peu à la mort lors de l’accident de voiture qui tue le petit ami dont elle était en train de se séparer. Betty (Barbara Auer) la prend sous sa coupe et l’héberge chez elle le temps de sa convalescence. Le mari de Betty et son fils Max, qui travaillent ensemble dans un garage clandestin, accueillent l’inconnue avec réticence.
Christian Petzold est devenu depuis quelques années le porte drapeau du cinéma allemand à l’étranger. Il y occupe la place laissée vacante par Wim Wenders depuis que le réalisateur de "Paris, Texas" s’est perdu dans des chemins de traverse. Christian Petzold a eu longtemps pour égérie Nina Hoss qu’il fit tourné dans six de ses films de 2001 à 2014. Il lui a substitué Paula Beer, à l’affiche de "Transit", d’"Ondine", du "Ciel rouge" et de ce "Miroirs n° 3" qui doit son titre à une pièce de Ravel qu’elle interprète sans doublure au piano. Le réalisateur aime à s’entourer d’acteurs fidèles puisqu’on retrouve à l’affiche Barbara Auer, Matthias Brandt et Enno Trebs qu’il avait déjà fait tourner.
"Miroirs n° 3" a enthousiasmé Cannes où il était projeté à la Quinzaine des cinéastes, et la critique qui l’a élu sans hésitation film de la semaine sinon du mois ex aequo avec Valeur sentimentale. Si je cite le film scandinave couvert d’éloges, c’est parce que j’ai éprouvé la même déception devant ces deux films, accrue du sentiment d’être passé à côté de deux grandes oeuvres unanimement acclamées.
En effet, je reconnais volontiers à ce film-ci comme à Valeur sentimentale, ses qualités, sa direction d’acteurs, la sensibilité des thèmes évoqués, qui traversent d’ailleurs toute l’oeuvre de Petzold : la présence obsédante de la mort (qui hante la première scène où Laura déambule au bord du parapet d’un pont avant de croiser au bord de l’onde la route d’un macabre nautonier), les familles brisées, le travail de deuil, la possibilité d’une seconde chance….
Mais j’ai trouvé sa langueur vite désagréable, voire un brin poseuse. Le scénario de ce film aurait pu tenir en dix pages et en trente minutes. J’ai eu l’impression que le réalisateur/scénariste diluait la sauce pour tenir une heure trente.
Deux points du scénario m’ont posé problème. Le premier est le caractère hautement improbable de la rencontre entre Laura et Betty. Comment peut-on raisonnablement imaginer que la première, après avoir échappé de peu à la mort, s’installe chez la seconde sans qu’un ami (notamment ce couple qu’elle a laissé quelques minutes plus tôt à un embarcadère) ou un parent ne s’inquiète de son sort ? Le second est le secret de famille que taisent Betty, son mari et son fils. Un oeil à la bande-annonce ou quelques minutes dans le film suffisent à le deviner. On n’imagine pas que les producteurs n’en aient pas eu conscience et aient accepté que le film soit tout entier construit autour de ce faux secret. Pourquoi donc le taire ? Parce que Paula serait la seule qui n’en ait pas conscience ?
Vu en avant-première. Un film tout à fait dispensable, avec des situations pas crédibles. Les intentions sont pourtant louables, le sujet est intéressant mais le traitement est complètement raté. On ne croit en rien à cette histoire et donc l'ennui s'installe rapidement.
Dans une campagne assez proche de Berlin, de nos jours, une jeune femme sort presqu’indemne d’un accident de voiture qui a coûté la vie à son petit ami. Elle est recueillie par une femme d’une cinquantaine d’années ; une relation de confiance presque charnelle se tisse entre elles. Elle les aidera à ne pas sombrer dans le désespoir du deuil et la dépression. Un sujet profond traité avec élégance, sensibilité et lumière par Christian Petzold, réalisateur délicat dont on connaît le goût pour les plans de promenades à vélo sur les routes bordant les champs, pour le son des insectes les jours de chaleur, pour des musiques marquantes, ici « The night » de Frankie Valli. Après la sublime Nina Hoss, c’est désormais Paula Beer qui est l’actrice majeure de Petzold. Une Paula Beer, tout en subtilité, en charme, en colère, capable d’exprimer toutes les émotions, en grande comédienne qu’elle est. Les autres acteurs sont aussi excellents : Barbara Auer et Enno Trebs, déjà remarqué dans « Le ciel rouge ». Ce film est un bijou !
Un petit côté bergmanien dans cette rencontre improbable et ce rapprochement de la jeune fille incarnée par Paula Beer, avec cette femme mystérieuse, pour ne rien dévoiler. Petzold est juste et intelligent dans son écriture
Présenté dans le cadre de la Quinzaine des Cinéastes au dernier Festival de Cannes, "Miroirs n°3" présente la particularité d’être un film allemand dont le titre original est en français. Cela vient du fait que « Miroirs n°3 » est une composition de Maurice Ravel, la 3ème pièce, « Une barque sur l’océan », du recueil de 5 pièces pour piano intitulé « Miroirs » et composé entre 1904 et 1906. On peut avoir l’impression qu’il ne se passe pas grand chose dans ce film, véritable film sur les fantômes dans lequel n’apparait aucun fantôme, mais il n’empêche qu’y règne en permanence une grande tension et le spectateur, pris par ce qu’il devine petit à petit, ne cesse de se demander ce qui va arriver à Laura. De nouveau présente chez Christian Petzold, Paula Beer est absolument magistrale dans le rôle de Paula. Christian Petzold « aime travailler souvent avec les mêmes comédiens, pas uniquement parce qu’ils sont tous formidables, mais aussi pour la richesse qu’ils ont acquise dans les films précédents et qu’ils peuvent utiliser dans les nouveaux films ». On ne sera donc pas étonné de retrouver Barbara Auer (Betty), Matthias Brandt (Richard), Enno Trebs (Max) auprès de Paula Beer, une comédienne et deux comédiens déjà pré dans plusieurs films du réalisateur. L'intégralité de cette critique est disponible sur le site ou critique et film sont séparés par le tiret du 6.
« Les hommes vivent, les femmes survivent, et le cinéma s’intéresse à ceux qui survivent », disait Claude Chabrol. Fidèle à cette doctrine, Christian Petzold réalise des films dont les personnages principaux sont toujours des femmes. Miroirs n°3 raconte ainsi la rencontre fortuite entre Betty (Barbara Auer) et Laura (Paula Beer). Sur une petite route de campagne, Laura a un accident de voiture juste devant la maison de Betty, qui va la recueillir et prendre soin d’elle comme de sa propre fille…. Pourquoi une spontanée et étrange affection s’installe immédiatement entre elles ? C’est tout le propos de Christian Petzold. Avec un scénario minimaliste, parfois à la limite du vraisemblable, il explore les thèmes de l’identité et du deuil entre noirceur et douceur. La campagne calme et bucolique constitue le cadre de cette rencontre de hasard qui se révèlera réparatrice pour oublier les démons qui hantent les deux femmes. Si sa mise en scène est fluide et classique, elle développe une forme de radicalité et de psychologie minimaliste. Alors entre l’émotion et l’onirisme des situations, il n’est pas impossible qu’ennui ou désarroi s'installent….
vu en avant première le le 26 juin... un film qui parle de deuil d'acceptation, de continuer à vivre malgré les épreuves de la vie... il me semble que miroir No3 fait un peu écho à Undine du même réalisateur, la transformation par la mort ou la renaissance d'un être avec le besoin de destruction ou de disparition d'une personne aimé qui a fait parti un peu de nous-mêmes... oui je trouve que miroirs No3 peut être justement le mirroir d'Undine un mirroir sur l'eau d'ailleursspoiler: au debut du film il y des plans sur l'eau, Paula beer sur un pont, nous sommes prés de berlin aussi ce qui nous fait immediament penser a Undine.... . malheuresement peu-etre aussi nous restons un peu trop à la surface avec ce film, on n'a pas vraiment l'impression de rentrer vraiment dans les profondeurs ni des sentiments ni de la personalité des caractères, mais enfin c'est peut-etre voulu....
ça reste un film très poétique comme Petzold à l'habitude de nous donner.... touchant malgrés le fait que l'on reste à la surface...
Un film qui vous fera sans-doute du bien si vous êtes dans une periode de votre vie ou vous avez le besoin de renaître ou de clore un chapitre de votre vie....
Christian Petzold a fait mieux par le passé : "Miroirs N° 3": un scénario mince, une impression de déjà-vu, des rebondissements qui n'en sont pas car prévisibles et prévus, une mise en scène sobre mais surtout plate, de bonnes intentions certes mais un résultat qui provoque l'ennui.
Nouveau film de Christian Pretzold qui nous avait offert le superbe "ciel rouge" en 2023, on y retrouve son interprète féminine fétiche, Paula Beer, dans un rôle tout en délicatesse. Elle est entouré d'acteurs issus pour la plupart du théâtre allemand, ce qui apporte une rigueur de jeu à une histoire qui tient à un fil.
Une jeune fille est recueillie suite à un accident par une femme témoin de celui ci et va - sans trop s'en apercevoir - prendre la place d'une autre au sein d'une cellule familiale disloquée par un évènement que le film nous révèle dans sa dernière partie.
Film tout en nuance et en non dit et dont la fin peut désarçonner mais m'a paru respecter l'esprit des oeuvres du réalisateur.
Film appliqué. Un peu maladroit, assez laid. Assez ennuyeux. C’est calme et rien n’est insultant mais c’est très petit, très gentil. C’est comme un petit devoir d’élève et ça passe comme une fleur. C’est dire la pénurie dans laquelle on est !
Film assez lent où il ne se passe pas grand chose, mais avec une ambiance assez chargée émotionnellement puisque l'on se doute que le calme cache la tempête. C'est la force du film justement.