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Laurent L
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5,0
Publiée le 18 juin 2024
Un magistral portrait pour un des personnage historique des plus controversé.
Ses décors majestueux de studio, rendant hommage aux péplums des années 50-60, sont hantés par le vice et la perversion. Malcom McDowell incarne avec passion le cruel empereur tout en y apportant un grain de folie acquis de son expérience sur Orange Mécanique.
Ce final Cut apporte une image plus assombrie. Ses couleurs moins éclatantes par rapport à l'ancienne version font ressortir les scènes gores du film et contribuent un donner un ton plus brutal et viscéral à l'Histoire qui nous est raconté.
Ressortie en salles en version longue ( 180 minutes environ et surtout remontée) de " Caligula" (1979), péplum de T.Brass qui fit beaucoup de bruit lors de sa sortie.
Assassiné par la critique, le titre obtint un grand succès public. Grandiloquent, filmé en studio dans des décors baroques, doté d'un casting anglais de premier ordre, mêlé à des figurants souvent vêtus légèrement, scènes sulfureuses " Caligula" n' a pas pris une ride.
Proche, au plan formel, du théâtre filmé mais doté d'un scénario et de dialogues souvent décevant ( on n'est ni chez Mankiewicz " Jules César", "Cléopâtre" ni chez Fellini " Satyricon" dont " Caligula " est une pâle copie).
Il reste toutefois le sujet lui-même : le pouvoir, même lorsqu'il est absolu, est limité par la vie elle-même. On se souvient que cette réflexion constitua un des supports littéraires à la philosophie de l'absurde, dans la pièce éponyme d'Albert Camus.
Doté de tous les pouvoirs relatifs à son statut d'empereur, Caligula oncle du futur Néron se déchaîne dans des comportements pervers, manipulateur, incestueux et criminel.
" Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument" écrivait Machiavel.
On est ici dans l'illustration de la nécessité de la limitation du pouvoir politique, du rappel de l'impermanence de la vie," mémento mori" ( souviens toi que tu vas mourir) murmurait on à l'oreille de l'empereur qui venait d'etre désigné ( d'où, disons le rapidement, la théorie de l'absurde chère à l'écrivain de Tipasa).
De façon anecdotique, on sourira parfois devant certains traits inattendus du scénario ou apparaît le chef de la garde prétorienne ( un certain Macron) et de Jupiter invoqué à plusieurs reprises. Impermanence des choses, mais permanence, à degré divers, de certains conflits universels.
Le premier montage de Caligula laissait paraître ses soucis de tournage et de finalisation. Le producteur ayant charcuté le film tout en y insérant plus de scènes pornographiques pour attirer le chaland voyeur. S il ne transforme pas le film en chef d œuvre ce nouveau montage améliore sans conteste le film. Son histoire de décadence d un empire est mieux mise en avant, cette folie du pouvoir qui engendre tous les excès redevient ce qu elle aurait toujours dû être : le coeur d un film fou, plein d excès mais dans le même temps de claques visuelles mémorables. La direction artistique démesurée et sans limite marqué la rétine comme dans la scène du bain de Nerve. Et puis il reste bien sur ce qui était déjà présent dans le premier montage: un superbe casting avec un Malcom McDowell forcément impeccable dans un rôle tout en démesure, Helen Mirren et Peter O Toole dans celui de Tibere roi lucide sur ce qu est devenu son empire et où il se dirige avec son petit fils adoptif à sa tête. Un montage qui n a pas gommé tous les aspects malades d un projet hors norme mais qui a fait un grand bien à un film unique aux ratés aussi flamboyants que ses réussites.
Caligula (Malcom Mac Dowell) a régné entre 37 et 41 ap. J-C. Son surnom lui venait des « petites bottes » qu’il portait enfant, auprès de son père Germanicus. Apparenté par son père à Marc Antoine, par sa mère à Auguste, il a succédé à Tibère (Peter O’Toole) dont il était le petit-neveu et le fils adoptif, mais qui lui préférait Gémellus, que Caligula fera assassiner. Le règne de Caligula a vite basculé dans le despotisme et la démesure. Il entretenait une relation incestueuse avec sa sœur Drusilla (le rôle refusé par Maria Schneider qui le jugeait trop dénudé fut interprété par Teresa Ann Savoy) qu’il fit diviniser après sa mort en 38. En butte à l’hostilité des sénateurs, qu’il avait humiliés, il fut assassiné par sa garde prétorienne.
Caligula est l’un des empereurs romains dont le règne est le plus mal documenté de la dynastie julio-claudienne. Suétone lui était hostile et décrivait un monarque mégalomane et cruel. C’est l’image qui en est restée et que reprend fidèlement à son compte cette superproduction américano-italienne
"Caligula" est un film maudit. Le producteur américain Bob Guccione, fondateur du magazine Penthouse, en est à l’origine et y investit sa fortune. Il recruta Gore Vidal pour en écrire le scénario mais récusa cette première version, qui soulignait l’homosexualité de l’empereur. Il en confia la direction au réalisateur Tinto Brass qui reprit de fond en comble le scénario de Vidal. Lors de la postproduction Tinto Brass et Bob Guccione s’affrontèrent ce qui conduisit le premier à se retirer. Son nom n’apparaît plus au générique que comme chef opérateur. Tourné en 1976, il ne sortit en salles que trois ans plus tard précédé par une réputation sulfureuse (le critique de cinéma américain Roger Ebert le qualifie de « bouse écœurante, totalement inutile, honteuse »). Il fut interdit dans plusieurs pays et remporta, là où sa sortie fut autorisée, un succès de scandale. Il ressort aujourd’hui dans une version plus fidèle au montage original de Tinto Brass, délestée des scènes pornographiques filmées par Bob Guccione et Giancarlo Lui.
L’épreuve est éprouvante, qui dure près de trois heures. Croisement improbable de "Ben Hur" et de "Salò ou les 120 Journées de Sodome" – qui avait été tourné deux ans plus tôt – "Caligula" est une succession quasi ininterrompue de scènes d’orgies filmées dans des décors impressionnants. Malcom MacDowell cabotine à souhait ; Peter O’Toole, qui n’avait pas cinquante ans à l’époque, y interprète le vieux Tibère au crépuscule de sa vie, sombrant dans la folie ; Helen Mirren, dans le rôle de l’épouse de Caligula, nous démontre qu’elle fut jeune un jour, ce que l’on peinait à croire à force de la voir interpréter depuis des décennies des rôles de septuagénaires.
L’effet de répétition devient vite lassant. Les scènes s’enchaînent les unes aux autres, reproduisant chaque fois la même structure : en arrière-plan, des corps dénudés s’entrelacent dans de fougueuses embrassades (pour rester poli), tandis qu’à l’avant-plan, un Caligula rebondissant invente une nouvelle lubie, exécute un opposant, humilie un sénateur, nomme consul…. son cheval ! Si "Caligula" dans sa nouvelle version reste interdit légitimement aux moins de seize ans, le parfum de scandale dans lequel baignait le film à la fin des années 70 s’est depuis longtemps dissipé. Il en faut beaucoup pour choquer le bourgeois de 2024.
Un péplum baroque et sulfureux mais souffrant d’une narration trop décousue, qui dépeint l’ivresse du pouvoir absolu incarné par un Malcolm McDowell habité. 2,75
Enfin, j'ai pu découvrir ce classique sulfureux du cinéma. Je n'ai pas été déçu, bien filmé, bien joué. L'histoire de cet horrible personnage est captivante. Certes un peu gore et très sexe, mais en cinéma, on voit bien pire de nos jours.
Vu à sa sortie et étais quelque peu chahuté par tant de mauvais goût et du jeu outrancier ; quant aux nus, je n’ai pas été choqué mais force est d’avouer que je n’en avais jamais vu autant dans un film non classé X. Avec cet Ultimate cut, les fameuses scènes à caractère pornographique glissées dans la version 1980 ont été retirées à ce qu’il paraît. J’avoue ne plus m’en souvenir. Et incroyable, en me décidant à revoir cette version Ultimate cut, avec un nouveau montage, je me suis surpris à l’apprécier. Le jeu qui m’avait paru outrancier m’a paru presque justifié tant il s’inscrit dans une mise en scène et dans un décor extravagants conforme à la folie démesurée du personnage joué par Malcom McDowell. Il en est de même de ces nombreuses silhouettes nues qui inondent ici ou là pratiquement toutes les séquences. Cela dit, la mise en scène offre de bons moments. A voir par curiosité cinématographique… ou pour la jeune Helen Mirren…
Quel morceau indigeste de 3 heures où l'on a hâte de sortir pour prendre l'air. A voir surtout pour tout le tumulte qui a entouré le tournage, le montage et la sortie du film.
Je n'ai pas de point de comparaison avec la version originale (s'il y en a véritablement une), que je n'ai jamais vue. Ce qui ressort toutefois de cet "Ultimate Cut", c'est que Caligula est un vrai film, qui a autre chose à offrir que le scandale et le sexe. S'appuyant sur des éléments plus ou moins attestés historiquement, il propose une réflexion sur le pouvoir et la corruption avec un casting d'acteurs et actrices shakespeariens particulièrement charismatiques et impressionnants. Brass insère aussi quelques incursions vers le fantastique, qui instaurent une atmosphère mystérieuse et sombre et renvoient à un imaginaire mythologique antique. En termes de réalisation comme de décors, c'est très contrasté, avec des procédés théâtraux et artificiels qui donnent souvent quelque chose de figé et kitsch, mais permettent aussi de beaux tableaux vivants aux effets de lumière impressionnants. Caligula est ainsi un film qui ne peut laisser indifférent de par son extrême singularité esthétique et thématique. Il ne faut toutefois pas en exagérer les qualités ni la profondeur. Bien que traversé de quelques superbes moments de cinéma, il reste un spectacle souvent boursouflé, pompeux, et pénible à regarder - et ce n'est pas cette version remaniée qui pourra en faire un chef d'oeuvre, malgré quelques mérites.
Une folie, une orgie, une décadence, tout à la fois, jamais j’aurai pu penser qu’un péplum puisse être si sulfureux et provocateur sur le visuel et ses scènes car oui, au-delà d’un biopic sur un des empereurs les plus sadiques et pervers, c’est clairement un récit porno qui nous à été livrer. Je savais par avance qu’il s’agissait d’un monument ayant fait parler par son contenu et son affiche culte mais spoiler: la première erreur a été de mettre un -16 au lieu d’un -18. Bizarrement j’étais persuadé qu’il s’agissait d’un récit violent par ses scènes de guerre ou de torture, loin d’être à penser à de l’ébauche sexuelle car oui, plutôt qu’un biopic, il s’agit en vérité du récit retraçant les orgies romaines dans toute leur empileur. Exagérées, surjouées ou bien réalistes, elles démontrent la folie des romains pour la fête, le goût pour les femmes et jusqu’ou l’empereur est près à aller pour se faire aimer de ses politiques. Malcolm McDowell (« Orange Mécanique », « Halloween »…) incarne avec panache et folie caractérielle cet homme n’ayant eu peur de rien, préférant l’ultra grandeur à la résonnance. Teresa Ann Savoy ou la sœur / maîtresse qui dès son entrée montre l’érotisme puis le porno de ses scènes, sa beauté certes fait jaîr mais la réalité est là, la fraternité n’à plus d’importance. Peter O'Toole, le César assassiner non pas par la maladie corporelle mais par l’ambition et obsession de pouvoir de son poulain. Jeu droit et sincère, il à fait honneur au titre. Enfin, Helen Mirren qu’on ne cite plus, la vraie femme, épouse (ou pas) de l’empereur fou, aussi sexuellement folle que lui, qui d’autre qu’une « cheffe » prostituée pour être choisie à la couche quotidienne impériale ? Au-delà du récit et du cast, c’est bien la folie visuelle et grandeur des décors qui est plus qu’à souligner ici. Bien que 8 clos XXL, pas une scène ne montre un minima, même la plus banale bénéficie d’un élan visuel remarquable et c’est là le point ultime du film. Bien que les orgies soient d’une grandeur complète et d’un détail furieux, les séquences dans la « grotte temple » tant est si bien l’un ou l’autre, montre le sadisme sexuel total, ou luxure et perversité sanguinaire n’a plus de limites. Le Sénat aussi bénéficie d’un élan particulier ou les cérémonials vont bon train . Globalement, ce récit est un énorme mélange de folie visuelle flamboyant, de pornographie chorégraphier avec un talent osé et une exhibition de jeu assumée.
Caligula a été pour moi une véritable claque ! Entre ses décors ses décors somptueux et extrêmement travaillés, et ses acteurs tous meilleurs les uns que les autres, notamment un malcom mcdowell au sommet de son art, ce film restera pour moi un des plus marquants dans son genre. Son seul défaut est la pornographie parfois écoeurante, bien qu'elle le soit pour renforcer l'image de la dépravation de Rome. En tout cas , je ne suis pour ma part pas déçue de ce film , mais je le déconseillé aux âmes sensibles car il est très sanglant par moments . Un film a voir . Cet ultimate cut est presque en tout points meilleur que le presque en tout points meilleur que la version de 1979, sauf la musique qui, elle, était bien meilleure avant.