Vol à haut risque est un petit film de Mel Gibson, lui qui nous a habitué aux fresques épiques s’essaye à un huis clos minimaliste. Est-ce qu’il réussit ? Ben pas trop ! Très concrètement le film est porté par ses acteurs. Mark Walhberg trouve un bon rôle de méchant, et je pense qu’il est même très adapté aux rôles de méchants, bien plus qu’à ceux du gentil ! Il est excellent, tout comme Michelle Dockery que j’ai trouvé très convaincante. Elle est rapidement sympathique, elle ne surjoue pas son rôle, elle tient le coup face à Wahlberg en mode ogresque. Entre eux, Topher Grace, sobre, efficace, le rôle le plus casse figure car il aurait vite pu devenir un trublion comique douteux ! Ce trio porte le film qui est desservi malheureusement par un scénario minimaliste. On a un film à concept, et une fois le concept éventé, ben comme on pouvait le craindre il y a plus grand-chose ! Ca se traine beaucoup, ça discute beaucoup, puis ça ne lésine pas sur quelques facilités histoire de mettre un peu d’action dans ce film qui ronronne très paresseusement. C’est regrettable, mais il manque des rebondissements. C’est creux, et on a le sentiment d’un moyen métrage étiré abusivement pour faire 90 mn réglementaires.
Formellement c’est correctement filmé, mais là Gibson ne semble pas hyper à l’aise. L’espace est étriqué, Gibson semble pas trop à sa place et ça se sent d’ailleurs lorsqu’il se tourne vers les paysages d’Alaska. C’est proprement emballé, mais ce n’est pas très subtil, il n’arrive pas vraiment à générer de la tension, du suspense. Il essaye de se refaire dans les quelques séquences d’action, mais les plus spectaculaires sont assez vite expédiées et les fx témoignent d’un budget restreint qui éteint vite les folies des grandeurs !
Pour ma part, je n’ai pas passé un mauvais moment dans ce film, mais essentiellement grâce aux interprètes. Ca ne permet toutefois pas au métrage de sortir des sentiers battus de la série B basique. 2.5