The Phoenician Scheme
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oloc
oloc

9 abonnés 75 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 juin 2025
The Phoenician Scheme de Wes Anderson était en compétition au 78e festival de Cannes (2025).
L'homme d'affaire Zsa-Zsa Korda (Benicio Del Toro) enchaîne les tentatives d’assassinat avec flegme. Ses activités attisent les convoitises. La concurrence est rude. Pourtant, il se lance dans un ultime projet, couronnement de sa carrière. Il en profite pour prendre à l'essai Liesl (Mia Threapleton) sa seule fille sur 10 enfants, en tant qu'héritière unique, bien qu'elle soit nonne.
On retrouve une pléthore d'actrices et acteurs Scarlett Johansson, Charlotte Gainsbourg, Tom Hanks, Mathieu Amalric, Benedict Cumberbatch et Bill Murray (entre autres).
Cette comédie est dans l'esthétique propre à Wes Anderson. Toujours cet usage de la symétrie et du souci du détails. Cependant les couleurs sont plus pastelles et moins saturées que dans ses précédents films, ce qui apporte une tonalité plus morose.
Le scénario est assez mécanique, il ouvre des boites où l'on découvre un nouvel associé. Bis repetita. L'impassibilité du père et de la fille rend l'ensemble morne. Les dialogues sont plats. Au bout d'un quart d'heure, la salle ne rit plus. On reste en attente d'un petit quelque-chose qui n'advient pas.

J'ai trouvé ce film fastidieux et ennuyeux.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 777 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juin 2025
Ça y est, voilà que je me remets à découvrir les nouveaux films de Wes Anderson en temps réel, au moment de leur première sortie en salle. J'ai un peu potassé mon sujet, en regardant au préalable ses dernières œuvres (The French Dispatch, Asteroid City et ses quatre courts métrages regroupés sous le titre de La Merveilleuse Histoire de Henry Sugar), ce qui me permet d'appréhender The Phoenician Scheme en connaissance de cause.

Et je dois dire que Wes Anderson est dans une relative mauvaise passe. Il n'a peut-être jamais été aussi populaire – en témoigne l'exposition qui lui est consacrée en ce moment à la Cinémathèque Française – et en même temps il n'a peut-être jamais été autant critiqué, que ce soit par les professionnels ou le grand public. Car le temps de son âge d’or date un peu, on peut dire sans trop se tromper qu’il a culminé avec The Grand Budapest Hotel (2014) et L’Ile aux chiens (2017), soit il y a déjà près de dix ans.

Depuis, ses longs métrages, toujours plus sophistiqués, voient l’édifice andersonien se lézarder quelque peu ici et là. Dans The French Dispatch, les sketchs qui le composent étaient un peu inégaux, et dans Asteroid City, il y avait quelques longueurs et on ne comprenait pas toujours où Wes voulait nous emmener. Mais ces deux films comportaient beaucoup de belles qualités, et je fais partie de ceux qui les trouvent réussis. Au moins, Wes a su exploiter quasiment tout leur potentiel.

Alors que pour moi, le gros problème de The Phoenician Scheme est que Wes passe à côté de son film et de ce qu’il aurait pu (dû) être. Le pitch nous promettait un film d’aventure, et Wes aurait pu nous plonger dans des décors exotiques et luxuriants, comme il avait créé de toutes pièces certains passages de la ville d’Ennui-sur-Blasé dans The French Dispatch, ou la ville désertique d’Asteroid City et ses environs dans le long métrage éponyme.

Or The Phoenician Scheme est tout à fait andersonien : le héros concocte un plan machiavélique dont les idées sont réparties dans des tiroirs… pardon des boîtes à chaussures. Et ça s’arrête plus ou moins là. Chaque boîte, une fois ouverte et son contenu mis à profit, correspond à une sorte de mini quête de jeu vidéo ultra simplissime : convaincre quelqu’un de donner de l’argent pour co-financer le plan du héros. C’est juste une histoire de pourcentage par rapport à la somme totale à rassembler… Chaque boîte et donc chaque sous partie du plan est censée nous emmener à l’autre bout du monde, mais nous n’avons droit qu’à deux-trois plans exotiques, c’est tout… Le reste du temps n’est que palabres et discussions à n’en plus finir dans des intérieurs exigus.

Autre signe d’essoufflement de la machine andersonienne : ces dialogues qui se répètent à plusieurs moments du film, ou lors d’une même séquence, du genre « - Oui » « - Non » « - Oui » « - Non »… répétés ad nauseam par deux personnages qui se chamaillent…

On a l’impression que le Wes scénariste tourne en rond, et que le Wes metteur en scène a peur d’aller au bout de son scénario. Lui qui ose vraiment tout dans ses précédents films, fait de The Phoenician Scheme une sorte de huis clos assez vain et stérile. Il nous fait son Les Bijoux de la Castafiore, pour utiliser une métaphore tintinesque, un univers très proche de celui de Wes. Et un album de BD où l’on retrouve un Hergé à bout, en panne d’inspiration, tout comme on retrouve notre Wes tout penaud aujourd’hui avec son nouveau long métrage.

Pour autant, je n’irai pas jusqu’à dire que ce film est complètement raté. Il l’est en partie, compte tenu de son ambition initiale clairement pas accomplie. Mais ici et là, il y a toujours des choses très sympathiques, des idées de mise en scène brillantes, des acteurs attachants, des traits d’humour qui font mouche… Et puis, mine de rien, c’est peut-être l’un des films de Wes Anderson les plus graves et les plus politiques, l’un des plus violents aussi (même si c’est bien sûr relatif). Il dénonce vertement le capitalisme, représenté on ne peut mieux par un marchand d’armes et de toutes sortes d’autres choses, prêt à vendre son âme – et le monde – au plus offrant.

Et puis je ne peux pas oublier ces intermèdes oniriques, qui semblent se dérouler dans l’au-delà et le Paradis, des séquences absolument bluffantes et inédites dans l’œuvre de Wes Anderson. Voilà une fois de plus la preuve que Wes a encore (un peu) de quoi nous étonner en réserve.

Au total, je suis donc davantage mitigé que foncièrement déçu, même si comme beaucoup je m’alarme de cette baisse progressive de qualité des derniers essais de Wes. Toutefois, il sait se ressaisir. Après The French Dispatch qui manquait un peu d’émotion, il la retrouve dans Asteroid City et La Merveilleuse Histoire de Henry Sugar, où il se paie même le luxe de créer quatre courts métrages aux ambiances et aux propos très différents, creusant de nouvelles veines dans sa filmographie déjà bien riche. Et on l’a vu : The Phoenician Scheme propose également de nouvelles choses, à certains moments (rares il est vrai). Mais je reste vigilant : Wes Anderson n’est pas loin de s’enfermer dans un système, et dans son propre piège de l’esthétisation pour l’esthétisation…
Arthur Guezou
Arthur Guezou

216 abonnés 1 741 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juin 2025
“The Phoenician Scheme”, risque ? Non, Wes Anderson ? Oui

Il est possible de penser que Wes Anderson ne prend pas beaucoup de risques avec son style de mise en scène.

Cependant, le film reste bon avec une histoire très chouette et une fine écriture. Le tout emballé par sa réalisation qui lui correspond parfaitement.

En effet, Wes Anderson a l'air de se reposer sur son imagerie singulière et remarquable. Encore une fois, sa photographie est unique et symétrique. L'image est très satisfaisante à découvrir et regarder grâce aux décors minimalistes et épurés et son montage relativement calme. Les quelques mouvements sont cohérents avec l'ambiance générale décalée du film, entre comédie et rythme, chaque mouvement raconte son histoire. Concernant la musique, Alexandre Desplat crée une ambiance qui se marie parfaitement avec le montage et l'ambiance de Anderson.

Peut-être que Wes Anderson se repose sur ses lauriers sur le plan de la réalisation. Mais il fait ce qu'il sait faire et avec brio.

Quant au scénario, Wes Anderson introduit une situation presque absurde pour évoquer une problématique sociale ; ici, la richesse, l'héritage familial ainsi que les conflits qui peuvent en découler. Un récit auquel il est difficile de s'accrocher et même de comprendre. Par ailleurs, les saynètes sont très bien écrites et la narration est vraiment prenante avec des personnages très attachants bien que trop caricaturaux.

Concrètement, Wes Anderson reste dans son style d'écriture fine et intelligente. Le scénario est bon et il a la méthode pour bien la raconter.

Dans l'ensemble, le film est à conseiller car il est de qualité et illustre convenablement ce qu'est l'univers de Wes Anderson.
Lil Sprite
Lil Sprite

67 abonnés 771 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 juin 2025
Rien de neuf à l’horizon : Wes Anderson fait son cinéma
Wes Anderson continue à privilégier la forme au fond. Même si celle-ci reste d’une maîtrise remarquable, il s’enferme de plus en plus dans un style millimétré au niveau de la mise en scène, et théâtral — pour ne pas dire mécanique — dans le jeu des acteurs, toujours aussi loufoque.
Beaucoup de réalisateurs, Tim Burton par exemple, ont été portés aux nues par la critique avant de devenir les caricatures d’eux-mêmes à force de recycler les mêmes codes film après film. Malheureusement, Wes Anderson semble aujourd’hui suivre cette voie. Son cinéma, autrefois rafraîchissant et singulier, donne désormais l’impression de tourner en rond
hedi zitouni
hedi zitouni

5 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 11 juin 2025
Quelle tristesse que de voir tant de bons acteurs se perdre dans de non film...
Ça ne fait que parler.
Impossible de comprendre quoi que de soit.
Dur de garder les yeux ouverts....
Chrys M
Chrys M

14 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juin 2025
Humour tout azimut devant ce film déjanté & surréaliste.

Les décors sont léchés.

Les performances sont époustouflantes.

Mais il y a quand même qqs longueurs, par moment.

Si vous aimez le décalé, le déjanté & les univers surréalistes, vous allez vous poiler.
Jelomaro
Jelomaro

1 abonné 15 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 juin 2025
J'ai beaucoup apprécié ce film. Une bande dessinée en action, tirée au cordeau. Plus que burlesque, surrealistement humoristique. Je ne me suis pas arrêté à l'histoire, qui n'est qu'un prétexte à peaufiner les images, les visages à caricature d'un monde révolu. Ne plaira pas à tout le monde, c'est une certitude. C'est un univers particulier à contre courant de tout ...
Jordan Teil
Jordan Teil

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 juin 2025
un des films que j'ai le plus aimé voir au cinéma, un rythme et une réalisation qui sortent du cadre habituel et un humour décalé. 4,5/5 très proche du chef d'oeuvre parfait
kessar nathalie
kessar nathalie

3 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 9 juin 2025
J'ai voulu voir, j'ai fait une très bonne sieste...... Les images sont belles mais à force d'absurde je n'ai trouvé aucun sens à ce film...
Paul B
Paul B

91 abonnés 1 568 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juin 2025
Pas fan des films live action de Wes Anderson, c'est la critique du Télérama qui m'a convaincu de voir ce film.

Et bien c'est assez réussi !

Montage ultra rythmé donc pas toujours facile à suivre mais beaucoup d'humour décalé, un scénario qui se tient, un casting cinq étoiles...

The Phoenician scheme est globalement réussi.
Claudine Dlct
Claudine Dlct

2 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 9 juin 2025
nul, trop long, j'ai pas compris l'histoire.
Rideau sur l'Écran
Rideau sur l'Écran

102 abonnés 237 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juin 2025
Visuellement, c’est une splendeur. Chaque plan semble taillé pour être encadré, comme si Anderson composait une galerie plus qu’un film. Mais à force de tout lisser, il oublie un peu de nous faire vibrer. L’intrigue s’enroule sur elle-même, trop savante pour être prenante, et les acteurs, impeccables mais figés, semblent réciter une partition sans surprise. Reste une belle coquille, mais un peu vide.
Catherine G
Catherine G

16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juin 2025
Toujours aussi bon le sieur Wes. J'ai aimé ce film malgré les critiques moyennes. Décors au top, les couleurs typiques de Wes bien qu'un peu moins fortes et une bonne histoire.

J'en redemande.
Cadreum
Cadreum

62 abonnés 808 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juin 2025
Qui est The Phoenician Scheme ?
Il y a des films qui poursuivent une œuvre, et d'autres qui la recousent à l’envers. The Phoenician Scheme appartient aux deux catégories. Douzième long-métrage de Wes Anderson, il succède à Asteroid City (2023) en creusant une pente amorcée depuis The French Dispatch : celle d’un cinéma de plus en plus absorbé par son propre langage.

On y suit Anatole “Zsa-Zsa” Korda, interprété par un Benicio del Toro moins félin qu’à l’habitude, comme s’il jouait en contretemps, lesté. Industriel sur le déclin dans une république méditerranéenne imaginaire aux accents ottomans, il tente de renouer avec sa fille, Liesl (Mia Threapleton), devenue religieuse. En surface, c’est une histoire de rédemption paternelle dans un décor de crise géopolitique. En profondeur, c’est un film sur l’ornementation d’un monde au bord du gouffre. Un empire du détail, à l’heure de son agonie.

La promesse, donc : faire un pas de plus dans la fable politique par le biais du style. Mais ce pas semble hésitant, ou peut-être volontairement bancal, comme si Anderson cherchait à dire qu’il est déjà trop tard.

Que cherche-t-il à dire ?
Ce que The Grand Budapest Hotel exprimait avec flamboyance, The Phoenician Scheme le murmure dans le reflux. Wes Anderson ne propose plus un récit, mais l’observation lente de sa dissolution. Le film ne cherche pas la réconciliation entre un père et sa fille, mais la cartographie de leur impossible rencontre. Il ne bâtit pas un monde : il le contemple alors qu’il se désagrège.

Sa tension principale ? Une esthétique de la maîtrise pour mieux montrer que plus rien ne tient. Tous les éléments andersoniens sont là : symétrie, composition frontale, palette pastel, narration feuilletée, mais quelque chose les tire vers le bas. Comme si le langage visuel, devenu autonome, échappait à son auteur, se refermait sur lui-même, et n’avait plus pour but que d’illustrer sa propre inanité.

The Phoenician Scheme porte ainsi un regard inquiet sur l’ère des reliques politiques : celles que l’on expose sans plus y croire, celles qui gouvernent sans agir. La bioluxite, ressource énergétique fictive, n’est pas seulement un McGuffin, elle est le cœur vide autour duquel gravite une société qui joue à l’avenir tout en recyclant les oripeaux du passé.

Par quels moyens ?
Il y a d'abord Liesl, dès les premiers plans. Mia Threapleton apparaît dans un cloître, filmée en plongée. Elle marche lentement, comme encadrée par la grille du décor. Le plan est fixe, ornementé, mais un oiseau mécanique traverse soudain l’arrière-plan. Une dissonance infime. Mais un rappel que ce monde de foi est déjà technologique, contaminé. Ce plan dit tout : Liesl n’est pas une sainte et le sacré n’est plus qu’un décorum.

Ensuite, il y a la conférence sur la bioluxite où Anderson compose un plan d’ensemble frontal : les intervenants sont posés en rang, face au spectateur, comme dans une fresque. On n’écoute pas ce qu’ils disent. On voit comment ils le disent : gestes ralentis, discours traduits en simultané, applaudissements mécaniques. Une scène vidée de contenu, mais saturée de codes. Le politique y est devenu spectacle de papier.

Également, les face-à-face père-fille. La confrontation la plus révélatrice se fait dans un jardin d’hiver. Le décor est somptueux, mais le dialogue est minimal, presque inutile. Liesl ne répond pas. Korda se confond en demi-excuses. Le verre de la serre reflète les feuillages autant que leurs visages. Ce que la mise en scène propose, c’est une impossibilité de contact. L’image est belle, mais séparatrice. Le cadre isole, il n’unit pas.

Et les autres ? Ils sont là, prestigieux, innombrables : Johansson en diva exilée, Cumberbatch en conseiller technocrate, Mahershala Ali en archiviste, Willem Dafoe en diplomate post-mortem. Autant de noms, de corps, de visages, qui ne trouvent jamais leur voix propre. Ce n’est pas un défaut. C’est le système. Anderson les transforme en icônes de cire. Il ne les oublie pas : il les expose. Il les encadre. Il les immobilise.

Où me situes-je ?
Je regarde ce film avec fascination, mais aussi avec un doute. Il y a chez Anderson une lucidité sur l’état du monde : cette incapacité collective à croire encore aux récits. The Phoenician Scheme met en scène cette fatigue avec une élégance presque morbide. Et pourtant, il y a un risque : que le film, en documentant si parfaitement l’impuissance, s’y résigne.

Ce que j’admire, c’est la cohérence absolue entre le propos (un monde ornemental en perdition) et la forme (une esthétique qui s’autodévore). Ce que je questionne, c’est l’effet de cette fidélité : Anderson semble dire qu’il n’y a plus rien à faire, que tout est collection, ruine, repli. N’est-ce pas là une forme de capitulation ?

Ce film, c’est aussi celui du récit vidé de sa substance. Il y a une histoire, oui mais elle n’avance pas. Et pourtant, quelque chose passe. Une émotion, oui, mais ralentie, murmurée, empêchée. La relation père-fille ne s’embrase jamais, elle s’écrit en gestes retenus. Anderson semble dire : il n’y a plus de réconciliation possible, seulement des tentatives trop tardives.

On peut lui adresser tous les griefs habituels. Sa froideur. Son hermétisme. Sa manière d’effleurer les grands sujets sans les mordre. Mais ce serait peut-être lui faire un faux procès. Car ce qu’il met en scène, c’est justement cela : la grande fatigue de notre époque. Son incapacité à croire encore au récit, au drame, à l’héroïsme. Ce qu’The Phoenician Scheme expose, ce n’est pas tant une histoire que l’épuisement de toute croyance dans le récit lui-même.

Quelle lecture en tirer ?

Ce que le film offre, c’est une expérience visuelle de la saturation : saturation du style, des motifs, des cadres, jusqu’à l’épuisement. Et cela produit un effet paradoxal : une beauté qui étouffe, une émotion qui ne s’autorise plus. On regarde un monde qui continue à s’orner tout en s’effondrant. Et Anderson, au fond, ne filme rien d’autre que cela : notre manière de décorer les ruines, notre capacité contemporaine à produire du drame, du lien, du sens qui ne soit pas immédiatement ironisé, archivé, désamorcé. Une époque qui ne sait plus comment raconter, et qui, pour s’en excuser, multiplie les mises en abyme, les esthétiques vitrifiées, les gestes de repli.

Le geste est fort, mais peut-être trop sûr de lui. On aimerait parfois qu’il vacille autrement. Qu’il ose, au cœur même de cette élégance suffocante, une faille, un cri, une perte de contrôle. Car si tout est figé, il ne reste plus que le regard du spectateur pour faire trembler l’image.

Et peut-être est-ce là, malgré tout, l’acte de foi ultime d’Anderson : nous laisser seuls face à une image morte, pour voir si nous savons encore y croire. Et la grande erreur se situe là. Une œuvre qui documente notre incapacité à agir autant qu’elle s’y abandonne.
Christoblog

922 abonnés 1 805 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juin 2025
Les Wes Anderson se suivent et se ressemblent malheureusement un peu trop .

Nous avons donc ici les recettes qui sont généralement mises en oeuvre par l'Américain : cadrage corseté, jeu sans expression des acteurs, décors stylisés, postures hiératiques, fétichisation d'objets kitsch et colorés.

La relative bonne nouvelle est que dans cet opus la stylisation à outrance s'efface un petit peu au profit d'émotions plus humaines : amour filial, peur de la mort, croyance en Dieu, trahison et rédemption. L'image est aussi un peu moins remplie à ras-bord que dans les deux derniers films, ce qui permet une meilleure respiration dans la narration.

Certaines scènes parviennent même à retrouver la légèreté rieuse et caustique qui semblait avoir déserté le cinéma d'Anderson : la scène de basket-ball est ainsi très réussie. Une sorte de gore bon enfant et revigorant est aussi de retour, par exemple dans la scène du premier crash.

The phoenician scheme est donc une relative réussite dans le genre "maison de poupée pour adulte" qui semble être devenu le style durable du cinéaste, style qui n'est pas mon préféré, vous l'aurez compris.
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