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Agnes L.
229 abonnés
2 011 critiques
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2,5
Publiée le 7 novembre 2024
N'ayant pas lu le livre de Rulfo, ce fut un peu déroutant comme expérience cinématographique. L'histoire d'un propriétaire terrien mexicain, amateur de femmes qui ne s'embarrasse guère pour faire disparaître les gêneurs. En fait, il s'agit de la peinture d'une société rurale qui croit à l'enfer et aux fantômes. C'est lent et long (2h10) et pas vraiment captivant, juste dépaysant.
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2,0
Publiée le 7 novembre 2024
Juan Preciado se rend dans une mystérieuse ville à la recherche de son père afin de tenir la promesse faite à sa mère. Il découvre un endroit abandonné, mais imprégné de son lourd passé... Il s'agit du premier long-métrage de Rodrigo Prieto, directeur de la photographie nominé de nombreuses fois aux Oscars, qui fait encore du très bon travail dans cet exercice. La cinématographie et l'ambiance sortent du lot, ce qui n'est pas vraiment le cas de l'histoire. Un récit fragmenté entre le présent et le passé qui montre l'ascension de Pedro Páramo et les conséquences de ses actes. Abus de pouvoir, corruption, manipulation, traumatismes transgénérationnels, on découvre le lourd passé de cet homme dans des flashbacks qui deviennent vite la trame principale de l'histoire. Pour ma part, j'ai préféré les scènes dans cet endroit abandonné sinistre, dont l'exploration est immersive grâce à une ambiance troublante et oppressante. C'est ce qui fonctionne le mieux. Le reste m'a progressivement ennuyé... Au final, un film moyen qui est peut-être destiné aux amateurs de l'œuvre d'origine.
Pour bien comprendre, nous sommes au coeur des croyances mexicaines qui assurent que les âmes des défunts reviennent sur terre pour visiter leurs proches. Ce qui justifie le nombre incalculable d’hallucinations mortifères, de scènes d’échanges des morts avec les vivants. Elle savait qu’il allait venir, car sa mère défunte l’avait prévenue. Il revit la vie de son père grâce aux esprits, pour venger son père. Et toutes ces séquences surprenantes de ce village abandonné et pourtant habité de défunts ! Notre PARAMO est décrit comme un sacré malfaisant : « Mieux vaut commencer tôt pour en finir au plus vite ». Sa dernière épouse, soi-disant grande pêcheresse se verra maudire par le prêtre de famille. S’ensuivra une grande fête traditionnelle de fête de DEUIL. Particulier tout de même !
Il est nécessaire de connaître l'histoire et la culture mexicaines pour comprendre ce film, adaptation du roman de Juan Rulfo. En tant que Mexicain, je recommande vivement la lecture de ce livre, qui est également une œuvre exceptionnelle de la littérature mexicaine et une pierre angulaire du réalisme magique. L'univers peut certes être déroutant, mais il s'agit d'une expérience totalement nouvelle et enrichissante.
Remarquable film et profondément mexicain dans ce réalisme magique qui fait circuler entre les modes d'existence. Image fascinante, intrigue tordue mais c'est le roman et le film. On ressort très marqué par cette vision tragique.
Une merveille. Du tres grand cinema. Il est vrai que le roman de Juan Rulfo est une pépite. Il est aussi vrai qu’une connaissance élémentaire de l’histoire mexicaine des deux derniers siècles est bien utile pour la compréhension de certaines scènes. Néanmoins, c’est dans l’art de l’image que Rodrigo Prieto, lequel sait porter les ambiances du roman. Du grand art, vraiment.
Pedro Páramo débute tel un western en nous introduisant le protagoniste Juan dans de vastes espaces désertiques. Nous découvrons que Juan cherche la ville de Comala afin de retrouver son père qu’il n’a jamais connu, après l’avoir promis à sa mère mourante. Juan trouve Comala mais apprend que son père est lui aussi décédé et découvre une ville désertée avec seulement quelques habitants étranges.
À partir de là, l’histoire devient non linéaire. Il y a des bonds dans le temps entre le présent et la vie passée de Pedro Páramo, narrée à travers les quelques habitants qui l’ont côtoyé. Juan apprend à connaître son père, depuis son enfance marquée par le traumatisme de la mort de sa mère et le départ de Susana, son grand amour, jusqu’à son ascension où il découvre que son père était un homme puissant et tyrannique qui détruisait tout autour de lui.
Il a fait régner la terreur à Comala, il était détesté et a maudit la ville après avoir perdu le seul être qui comptait réellement pour lui : Susana, malgré leur relation tumultueuse lors de son retour.
Dans le même temps, Juan vit lui aussi une véritable aventure en découvrant que tous les habitants qu’il croise sont des fantômes errants hantant la ville, représentant les blessures qui ne disparaissent jamais. L’atmosphère devient sinistre et mystique. Juan ne peut se fier à rien : le réel et le fantastique se mélangent, donnant un film mystérieux et fantaisiste.
Cependant, le film est peut-être trop ambitieux : cela devient parfois incompréhensible avec de nombreux symbolismes. Nous nous interrogeons notamment sur les rencontres de Juan comme spoiler: avec le couple dont il vient libérer le frère et veiller sur la sœur (se transformant en boue?) ou encore avec la vieille dame et le nourrisson.
Pour finir, le film se conclut brutalement avec spoiler: la mort énigmatique de Juan , nous laissant penser qu’il a été aspiré par la ville en s’enfonçant dans les souvenirs des morts.