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Finan87
5 critiques
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4,5
Publiée le 6 décembre 2024
Excellent documentaire sur l'apartheid en Afrique du sud et d'un photographe méconnu mais important de cette période. L'intérêt de ce film réside justement dans les photos d'Ernest Cole (dont certaines avaient disparu) qui nous sont enfin dévoilées.
Ernest Cole : Lost and Found offre un regard fascinant sur un photographe courageux documentant les dures réalités de l'apartheid en Afrique du Sud dans les années 60 et 70. Son travail a révélé les atrocités du régime, mais le film perd de son impact lorsque Cole part pour l'Amérique, où il se désillusionne face aux injustices raciales, tombe dans l'oubli et meurt tragiquement sans abri. Bien que l'exploration initiale soit puissante, les réalisateurs semblent dériver avec Cole, laissant une fin incomplète à une œuvre pourtant prometteuse.
Raoul Peck, cinéaste engagé et qui sait ce que représentent les notions d'Histoire et de déracinement, avait réhabilité James Baldwin en 2016 dans le magnifique "I Am Not Your Negro". Il en fait de même ici avec Ernest Cole, premier photographe à avoir documenté et exposé l'apartheid aux yeux du monde. Le réalisateur haïtien décrit la vie chaotique d'un homme, les traumas probablement dus à l'exil, et rappelle bien entendu l'horreur sud-africaine de l'époque. Un récit à la première personne qui résonne forcément très fort par les temps qui courent.
Film très fort, des images puissantes, des réflexions très personnelles, denses, sur l'apartheid vu de l’intérieur et, plus loin, sur les différentes formes de racisme, qu'il soit institutionnel (Afrique du Sud), violent, menaçant et ancré dans une culture consciente, assumée (Sud des USA) ou insidieux, voire subliminal (Europe, New York). Avec le grand respect que Raoul Peck a manifestement pour son sujet, Ernest Cole, il lui laisse la parole -et une large partie des images1- ce qui laisse libre cours à l'expression d'Ernest Cole, tour à tour photographe léger, photographe "lourd", socio-ethnologue, exilé qui souffre de ne vivre le combat de son peuple que par procuration, "artiste maudit". Il apporte aussi un éclairage utile sur les positions de la Communauté Internationale2 de l'époque avec le vote d'un boycott au Conseil de Sécurité en 1963, atermoiements bilatéraux (anglais et français notamment) encore en 1983, toutes choses qu'il est bon de se remettre en tête à notre époque troublée... Le film sera présenté au festival VISIONS D'AFRIQUE, à Oléron en octobre 2024 (https://visionsdafrique.fr et visionsdafrique.fr)
Un nouveau docu réussi de Raoul Peck, qui retrace la vie du photographe Ernest Cole à travers des centaines de photos retrouvées dans un coffre à Stockholm, tandis que les effets de montage et effets donores amènent une dynamique narrative des plus fluides pour mieux illustrer sa focumentation sur les effets de l'Appartheid !