Film très fort, des images puissantes, des réflexions très personnelles, denses, sur l'apartheid vu de l’intérieur et, plus loin, sur les différentes formes de racisme, qu'il soit institutionnel (Afrique du Sud), violent, menaçant et ancré dans une culture consciente, assumée (Sud des USA) ou insidieux, voire subliminal (Europe, New York).
Avec le grand respect que Raoul Peck a manifestement pour son sujet, Ernest Cole, il lui laisse la parole -et une large partie des images1- ce qui laisse libre cours à l'expression d'Ernest Cole, tour à tour photographe léger, photographe "lourd", socio-ethnologue, exilé qui souffre de ne vivre le combat de son peuple que par procuration, "artiste maudit".
Il apporte aussi un éclairage utile sur les positions de la Communauté Internationale2 de l'époque avec le vote d'un boycott au Conseil de Sécurité en 1963, atermoiements bilatéraux (anglais et français notamment) encore en 1983, toutes choses qu'il est bon de se remettre en tête à notre époque troublée...
Le film sera présenté au festival VISIONS D'AFRIQUE, à Oléron en octobre 2024 (https://visionsdafrique.fr et visionsdafrique.fr)