Ernest Cole, photographe
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Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

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5,0
Publiée le 31 mai 2024
Film très fort, des images puissantes, des réflexions très personnelles, denses, sur l'apartheid vu de l’intérieur et, plus loin, sur les différentes formes de racisme, qu'il soit institutionnel (Afrique du Sud), violent, menaçant et ancré dans une culture consciente, assumée (Sud des USA) ou insidieux, voire subliminal (Europe, New York).
Avec le grand respect que Raoul Peck a manifestement pour son sujet, Ernest Cole, il lui laisse la parole -et une large partie des images1- ce qui laisse libre cours à l'expression d'Ernest Cole, tour à tour photographe léger, photographe "lourd", socio-ethnologue, exilé qui souffre de ne vivre le combat de son peuple que par procuration, "artiste maudit".
Il apporte aussi un éclairage utile sur les positions de la Communauté Internationale2 de l'époque avec le vote d'un boycott au Conseil de Sécurité en 1963, atermoiements bilatéraux (anglais et français notamment) encore en 1983, toutes choses qu'il est bon de se remettre en tête à notre époque troublée...
Le film sera présenté au festival VISIONS D'AFRIQUE, à Oléron en octobre 2024 (https://visionsdafrique.fr et visionsdafrique.fr)
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 janvier 2025
Issu d’une famille sud-africaine modeste, Ernest Cole (1940-1990) a documenté l’apartheid en Afrique du Sud avant de s’exiler aux Etats-Unis. C’est à New York que ce photographe naturaliste, héritier de Cartier-Bresson, publie en 1967 son unique album, parfois considéré comme l’un des plus marquants du XXième siècle : House of Bondage.

Ses héritiers ont demandé à Raoul Peck de lui consacrer un film, après avoir vu comment ce documentariste haïtien – qui fut l’éphémère ministre de la Culture de son pays en 1996/7 avant de prendre le chemin de l’exil – avait dans "I Am Not Your Negro" sublimé l’oeuvre de James Baldwin. Ils lui ont offert en prime un bonus et une énigme : 60.000 négatifs laissés en dépôt dans une banque suédoise et découverts un quart de siècle après sa mort sans qu’on sache comment ils sont arrivés là.

Raoul Peck ne force pas son talent pour raconter la vie en deux chapitres de ce photographe injustement méconnu. Le premier se déroule dans l’Afrique du Sud de l’apartheid ; le second dans l’Amérique de la ségrégation et du combat des Afro-Américains pour la reconnaissance de leur dignité. On y voit des photos d’Ernest Cole, parmi lesquelles beaucoup d’inédites retrouvées à Stockholm. On y entend la voix off de Raoul Peck s’exprimant à la première personne en lieu et place d’Ernest Cole sans qu’on sache s’il s’agit d’extraits des carnets du photographe ou de réflexions que le documentariste lui prête.

À vingt-six ans à peine, Ernest Cole a fui l’Afrique du Sud. Il n’y est jamais revenu, sa nationalité lui ayant été retirée et ses demandes de visa rejetées. Loin de l’Eldorado qu’il avait fantasmé, les Etats-Unis des années 60 l’ont profondément déçu. Comme il le résume d’une phrase : « En Afrique du Sud, à cause de la couleur de ma peau, je craignais de me faire arrêter ; dans le Sud des Etats-Unis, je craignais de me faire tuer » Après avoir tant bien que mal vécu de son art pendant une quinzaine d’années, Ernest Cole s’est lentement enfoncé dans la misère et a fini sa vie SDF.

En prime de cette histoire en deux parties, Raoul Peck a hérité d’une postface : 60.000 négatifs mystérieusement retrouvés en Suède – où on apprendra que Ernest Cole a fait quelques séjours dans les années 70. On pense à Vivian Maier et à la célébrité posthume que la découverte de ses photos lui ont valu. Mais hélas, cette histoire fait long feu : à ce jour, les circonstances du dépôt de ces négatifs et de leur conservation demeurent inconnues.
Naughty Doc

1 040 abonnés 530 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 mai 2024
Un nouveau docu réussi de Raoul Peck, qui retrace la vie du photographe Ernest Cole à travers des centaines de photos retrouvées dans un coffre à Stockholm, tandis que les effets de montage et effets donores amènent une dynamique narrative des plus fluides pour mieux illustrer sa focumentation sur les effets de l'Appartheid !
Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 433 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 décembre 2024
Le nouveau film de Raoul Peck impressionne par la pertinence du traitement de son sujet. (...) Raoul Peck, qui fut lui-même photographe, met les images en valeur. Il s’y attarde et les éclaire. Et surtout, il se met dans la peau d’Ernest Cole. Il fait entendre sa colère face à la myopie du monde occidental, ses tourments, son désespoir. (...) On retrouve là la touche du réalisateur qui sait faire d’une voix-off un commentaire intime où l’Histoire des humains et l’histoire d’un homme se mêlent inexorablement, la première broyant la seconde sous les coups de semonce de l’apartheid et de la ségrégation. Si le film est aussi percutant, c’est qu’outre la force des photos et l’utilisation de la musique des grands artistes sud-africains de l’époque, Peck privilégie toujours les faits sur les anecdotes. (...) Le film est en effet dédié à la mémoire de tous ceux qui sont morts en exil. De fait, comment oublier cet homme frêle, veste en cuir et béret sur le crâne, qui réussit à saisir par des instantanés bourrés de réalité les conditions de vie de son peuple ? Et dont les protagonistes nous regardent bien souvent dans les yeux, comme une question posée qui ne trouve pas de réponse. A l’heure où le racisme a encore droit de cité, sa vision intime de l’Histoire des Noirs parle plus que jamais aux temps présents. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures : https://africultures.com/ernest-cole-photographe-de-raoul-peck-16232/
takeshi29
takeshi29

35 abonnés 141 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 juillet 2024
Raoul Peck, cinéaste engagé et qui sait ce que représentent les notions d'Histoire et de déracinement, avait réhabilité James Baldwin en 2016 dans le magnifique "I Am Not Your Negro". Il en fait de même ici avec Ernest Cole, premier photographe à avoir documenté et exposé l'apartheid aux yeux du monde. Le réalisateur haïtien décrit la vie chaotique d'un homme, les traumas probablement dus à l'exil, et rappelle bien entendu l'horreur sud-africaine de l'époque. Un récit à la première personne qui résonne forcément très fort par les temps qui courent.

Vu en festival (FEMA 2024)
Mélany T
Mélany T

43 abonnés 797 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juillet 2025
Très beau documentaire, intelligent et passionnant, l'ensemble n'est pas toujours fluide et la voix off parfois déstabilisante mais l'œuvre reste merveilleuse et importante.
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 décembre 2024
Superbe documentaire sur LE PHOTOGRAPHE qui a documenté l'apartheid. Le documentaire use intelligemment de la voix off et raconte les péripéties qui ont mené à la découverte de 60 000 négatifs entreposés dans une banque suédoise. Par l'auteur de "I m not your negro"
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 janvier 2025
Ce photographe de l'Apartheid a dû quitter son pays, l'Afrique du Sud, et n'a jamais été autorisé à y retourner. Dans le film de Raoul Peck qui lui est consacré, on visionne de très belles photos, on survole l'histoire de l'apartheid, on s'intéresse à la comparaison des comportements des blancs par rapport aux noirs aux Etats-Unis et en Afrique du Sud et on entend tout du long d'excellentes musiques. Ca fait déjà pas mal, tout cela !
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 359 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2024
Fort et moderne, PECK ne cherche pas uniquement à parler de COLE mais à parler du temps qui passe, de la violence de l'humain, le tout en partageant l'héritage, d'un photographe majeur
Winslowleaachy
Winslowleaachy

87 abonnés 151 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 février 2025
Film sur un grand photographe qui part la force des choses c'est senti obligé de dénoncer par l'image l'apartheid.
Ernest Cole, Photographe, est surtout une vision amer des traumatismes que peuvent engendrer les tyrannies.
Car jamais il ne se remettra de ce qu'il aura vécu. Tiraillé à la fois entre sa soif de libertés, sa paranoïa par rapport à sa condition d'homme noir, et son envie de revenir un jour dans un pays dont il a été banni.
Un portrait qui dresse avec des images fortes, une époque en partie révolue.
Je recommande en particulier si le sujet vous interpelle ou que vous aimez la photographie.
domit64
domit64

74 abonnés 369 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 janvier 2025
Un très bon documentaire mais qui manque de rythme.
Très intéressant pour celles et ceux qui ne connaissent pas l’histoire de l’Afrique du Sud, je n’ai rien appris pour ma part et l’énigme des photos gardées en Suède n’est pas résolue.
De magnifiques photos à ne pas manquer !
khesanh76
khesanh76

36 abonnés 343 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 janvier 2025
Le traitement de ce photographe - noir - qui a couvert l'apartheid en Afrique du Sud méritait mieux dans les années 60 ! Ici on a un défilé de photos, qui ne nous apprennent rien. Le destin d'Ernest Cole n'a pas été facile et on apprend qu'il souffrait de dépression...Bref le film est LONG et ENNUYEUX au possible !
On apprend strictement RIEN ! Et je me suis longuement ennuyé, jusqu'à ce que le projecteur tombe en panne ! Un signe du destin ?
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mars 2025
Ernest Cole était un photographe au regard unique, humain, puissant. Ce film raconte son histoire, de son pays, l’Afrique du Sud, alors frappé par l’Apartheid, et ses lois ignobles aux États Unis, où il va vivre dans la misère. On y découvre nombre de ses clichés, très beaux, en noirs et blancs, mystérieusement retrouvés dans un coffre fort d’une banque suédoise. Ce film est l’archive essentielle d’une époque, minutieusement gravée grâce au regard de ce photographe attaché à l’égalité.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 décembre 2024
Portrait d'un photographe noir sud africain, E.Cole décida de quitter l'apartheid au début des années 1960 pour rejoindre, ce qu'il pensait être la patrie de la liberté.

Il rencontra là aussi le racisme dans le sud des usa, le mal du pays, la solitude, la misère et la tristesse de plus pouvoir jamais revoir sa terre natale.

Son travail artistique lui survit aujourd'hui après la fin de l'apartheid et grâce à ce documentaire qui lui rend hommage.

Très émouvant, parfois même bouleversant, le parcours de ce sud africain errant aux usa et dans le nord de l'Europe, propose sans détour un regard sur le racisme ainsi que la difficulté de l'exil.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 janvier 2025
Ai vu le documentaire « Ernest Cole - Photographe » du réalisateur haïtien Raoul Peck, présenté au Festival de Cannes 2024. Ernest Cole était sud-africain, sa passion puis ensuite son métier ont été la photographie. Il fut le premier a publier un livre (« House of bondage ») et à proposer une exposition pour dénoncer l’apartheid dans les années 60. Suite à ces deux réalisations il a été contraint de s’exiler aux Etats-Unis. Il y est parti plein d’espoir. Mais après avoir visité et pris en photo plusieurs Etats du sud américains, son émoi a été profond de constater que le peuple noir y était tout aussi brimé. Cette triste prise de conscience a beaucoup joué sur sa santé mentale en plus du mal du pays qui s’est fait de plus en plus fort. Nous suivons à travers son travail un homme qui se sent très seul aux Etats-Unis où il dépérit à petit feu. Bon nombre de ses photos ont été retrouvées après sa mort dans un coffre-fort en Suède. On aurait aimé être tenu en haleine par une « enquête » pour dissiper ce mystère. Mais faute d’explication il n’en est rien. Les témoignages de personnes à avoir côtoyées Ernest Cole ne sont pas très palpitants et l’enchaînement des photos les unes après les autres répétitif. Seul son travail et la voix off de Raoul Peck ont un intérêt. Nous n’apprenons donc pas grand chose de ce photographe talentueux tombé dans l’oubli et réhabilité par le présent documentaire. On ressort ravi d’avoir découvert un artiste mais très frustré de ne pas en apprendre plus sur Ernest, Cole homme en souffrance.
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