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2,5
Publiée le 17 décembre 2025
Après le décès de sa femme, un homme reçoit la visite d'une créature qui ne le ménage pas. Il se fait clairement martyriser physiquement et psychologiquement par cet homme corbeau. On parle d'une personne au fond du trou, donc c'est un peu délicat, mais il y a un vrai potentiel comique quand il le pousse dans ses retranchements en l'insultant ou en lui donnant des surnoms moqueurs. Il faut dire que le personnage est un cliché ambulant. "The Thing with Feathers" est donc une exploration du processus de deuil vu sous différents angles. Le chapitre qui met l'accent sur les petits est celui qui semble le plus authentique notamment parce qu'on les voit différemment que quand c'est leur père qui les regarde. Il y a ce manque de repères touchant et leurs doutes quant à l'état de santé de leur père. Pour autant, ce n'est pas un film qui a suscité beaucoup d'émotions de mon côté. Les éléments fantastiques et horrifiques sont totalement dépassés tandis que le traitement est monotone et superficiel. Bref, un drame lourd, sans subtilité, répétitif et qui sonne trop souvent faux.
Là où le film débute, un écran noir laisse résonner le sinistre bruit de cloches annonçant la fin de la cérémonie d'un ultime adieu à un être cher. Puis, entre les barres noires du format 4:3 qui symbolisent le deuil impossible qui le prendra en étau pour toute la durée du film, un père en costume sombre apparaît, assis sur le canapé, ne pouvant délivrer que des banalités à ses deux enfants et faire bonne figure devant eux. Après les avoir mis au lit avec une fébrilité de gestes simples et aimants qu'il ne semble pas pleinement maîtriser, il retourne à la même place et peut enfin laisser libre cours à son chagrin. Sa femme est morte.
Les tâches quotidiennes autrefois partagées qu'il doit maintenant exécuter à part entière, les objects vecteurs de souvenirs heureux qui se transforment en coups de couteau en plein cœur, les inconnus qui ravivent sans cesse sa peine en exprimant leurs condoléances maladroites par acquis de conscience, les formalités administratives absurdes face à la tragédie qu'elles étranglent de leurs tentacules interminables... Et ce lien avec ses enfants, sincère et indéfectible mais dont il doit prendre tout le poids des responsabilités à lui seul, sans jamais défaillir devant eux. Ce père, ce mari veuf, cet homme ravagé par la tristesse d'avoir perdu l'être aimé a tout pour sombrer.
Ce qui n'était tout d'abord qu'une voix étrange et menaçante laissée sur répondeur et, ensuite, une chose improbable avec des ailes va venir s'en délecter. Un corbeau, un corbeau géant, émanation de la complète perte de repères de cet illustrateur, va venir s'installer à son domicile, avec ses enfants, tentant sans relâche de l'entraîner dans la noirceur de ses ailes pour qu'il se laisse submerger par l'enfer des hurlements de sa douleur.
Si, des "Nevermore" croassés par le fameux corbeau d'Edgar Allan Poe au plus récent "Tuesday", production A24 avec Julia Louis-Dreyfus, la symbolique de l'oiseau comme accompagnant du chagrin endeuillé des vivants n'a rien de nouveau -et en soi, "The Thing With Feathers" ne prétend pas en changer les fondamentaux sur le fond- le film de Dylan Southern se distingue sans mal du lot par son incroyable traitement jusqu'au-boutiste, où personnifications extrêmes d'émotions abstraites dévastatrices à la lisière du conte viennent se débattre avec la psyché perdue d'un homme via des artifices qui peuvent tout autant tenir du huis-clos théâtral (l'héritage de la pièce à succès avec Cillian Murphy basée sur le livre de Max Porter) que sur de superbes idées de mise en scène usant des codes d'une forme d'épouvante psychologique propre au cinéma. Poussé qui plus est sur le long terme (plus d'un an) pour en accentuer l'inaliénable force d'attraction du gouffre qui engloutit son héros et l'influence évidemment proéminente de tout cela sur l'existence de ses propres enfants, "The Things with Feathers" est de facto un long-métrage âpre, parfois austère, qui ne cherche rien à nous épargner des ténèbres où ce père veuf se perd (choisit de se perdre même), jouant très habilement sur le flou prégnant entre le créateur et la créature (un corbeau géant avec la voix de David Thewlis peut aisément rendre fou mais rien n'est plus angoissant que de voir un Benedict Cumberbatch se mettre à avoir une crise aiguë de croassements) avec des variations toujours ô combien pertinentes sur le spectre des émotions noires qu'elles recouvrent ou les points de vue qu'elles convoquent pour s'enrichir, le tout réussissant à trouver une porte de sortie franchement géniale: un affrontement propre aux parts les plus obscures de l'âme humaine exaltées par le film vias ses canons surnaturels et, ici, poussées dans leurs derniers retranchements pour nous conduire vers une ultime séquence certes plus mélodramatique que le reste mais pas moins déchirante par tout ce qu'il a fallu traverser en vue de tutoyer une possible éclaircie en compagnie de ces personnages.
Évidemment, comme ne pas conclure sur l'incroyable prestation de Benedict Cumberbatch, palette sur pattes de toute la densité de la détresse d'un homme brisé par le couperet aléatoire de la Mort sur sa moitié, il est magistral, tenant "The Thing With Feathers" de bout en bout pour en faire un des films fantastiques sur le deuil forcément pas comme les autres de ces dernières années.
Formidable Benedict Cumberbatch. Brisé. Déchiré. À la lisière de la folie et du désespoir dans cette histoire de deuil, perpétuellement surplombée par une créature mi-homme mi-corbeau. Une présence. Un poids. Une ombre écrasante.
Le film parle de la perte, évidemment. Mais surtout de ce qu’elle oblige à devenir. De cette mutation intime comme d'un rituel de passage douloureux, de ce moment où l’on ne sait plus qui l’on est, ni ce que l’on doit être sans l'autre. Quand il faut soudain jouer les deux rôles. Être le parent seul dans une métamorphose forcée. Parce qu’il le faut. Parce qu’on pense devoir y arriver. Parce qu’on n’a pas le choix. Et surtout parce qu’on ne sait plus comment faire. Ni même si on fait ce qu'il faut. Cumberbatch, père, veuf, incarne cette dérive avec une justesse impressionnante. Son personnage traîne sa tristesse comme un boulet, pudique jusqu'à craquer, jusqu'aux cris, jusqu'aux débordements. L’atmosphère du film n’est pas sombre au sens classique : elle est vidée. Vidée d’envie, de joie, d’élan. Une mélancolie sourde, lourde, poisseuse, qui s’installe et ne lâche jamais. La créature, ce corbeau anthropomorphe, devient alors bien plus qu’une métaphore appuyée. Elle est le deuil incarné, l’alter ego, le compagnon forcé. Le duo fonctionne étonnamment bien, oscillant entre menace, soutien involontaire et miroir déformant. Impossible de ne pas penser à Poe, à ses figures obsédantes, à cette manière qu’a le fantastique de surgir non pas pour effrayer, mais pour matérialiser l’indicible.
Le film s’autorise quelques facilités - notamment le métier de dessinateur, un peu trop pratique pour guider le récit vers son final - mais ces choix, bien que convenus, n’entachent jamais réellement l’ensemble. Ils balisent le chemin sans l’appauvrir. Graphiquement, le travail autour des croquis est remarquable. Les dessins qui rythment le générique et les rares instants de création renforcent cet univers à la fois intime et ténébreux, comme si l’art était le dernier lien possible avec le réel. Une respiration fragile au milieu du chaos intérieur.
The Thing With Feathers est un très beau film sur le deuil. Jamais larmoyant. Toujours juste. Un film sur la perte de repères, sur la difficulté - et la nécessité - de continuer quand tout en soi résiste. Un film qui ne cherche pas à consoler, mais à avancer. Et c’est sans doute pour ça qu’il touche aussi fort.
Un film sur le deuil donc très dramatique, dans j'en visée assez fantastique et imagée. On se retrouve en présences de formes et de créatures inquiétantes mais surtout très stylisées. La trame du film est bien exécutée, d'autant que l'évolution du jeu de Bénédict Cumberbach est vraiment réussie. Un beau rôle, pour une œuvre émouvante mais quelque peu lente.
L'ensemble est vite ennuyeux, passé l'avalanche lacrymale du début. Le corbeau est par ailleurs relativement raté avec des propos et un ton désagréables. Manque de charme.
Découvert lors du festival de Gérardmer. Très très bon ! Benedict Cumberbatch est égal à lui même => parfait ! Un film poétique et plein d'émotions authentiques. À regarder en VO absolument.
film vu en avant première lors du festival du film britannique et irlandais à Dinard. coup de coeur pour ce film qui est composé de 4 chapitres. super performance de l'acteur principal. histoire d'une famille en deuil du chaos vers une possible lumière. scènes cauchemardesques, de désolation, tendresse des relations entre un pere et ses fils.
Comment et que dire de ce film ? Sur les premières minutes, je n’étais pas sûre d’apprécier, et pourtant l’inverse s’est réalisé.
Un film étrange, perturbant, dérangeant et émouvant. Une psychologie sur le deuil et les différentes étapes traversées. La réalisation et le fait que le film est en carré appuient le côté oppressant.
Un très bon film qui ne plaira pas forcément à tout le monde, mais qui mérite d’être vu.
J’ai eu le même sentiment que lorsque j’ai découvert « Birdman » de Iñárritu (qui fait partie de mon top10)
Ce film conte le deuil d’un père de deux garçons. Sur le papier, le film n’est pas gay, mais en le regardant il l’est encore moins. Pourtant, je n’ai pas lâché mes yeux de l’écran Alors certes, le parallèle avec son démon n’est pas l’idée la plus originale de l’année, mais à titre personnel, ça m’a complètement convaincu
Vu au festival de Gerardmer. Benedict Cumberbatch est brillant. Une nouvelle manière de raconter le deuil à travers ce corbeau qui vient hanter toutes les nuit de ce père désemparé...
Chacun et chacune y trouveront leur part. Magnifiquement dirigé, interprété et filmé. Un espace entre le cœur et l'âme où peu s'aventurent avec autant de délicatesse et de justesse.
Bonsoir, Je l'ai vu au festival du film fantastique à Gérardmer en janvier 2026. C'est un excellent film empli d'émotions et de leçon de vie. Je recommande fortement. Coco
How can I say a word without spoilers... This movie is precious, a perfect metaphor, and Benedict is brilliant as always. The boys are very moving as well, playing this kind of story at that age is a lot, bravo to them !