Emma Benestan nous fait ici découvrir le monde des taureaux chez les gardians de Camargue. L'acculturation dans ce cadre dépaysant amène à développer une histoire dont on ne sait trop quand on la voit si elle est métaphorique ou fantastique. Il semble y avoir une inspiration du magnifique La Féline de Tourneur dans lequel une femme semble se métamorphoser en panthère.
Il faut noter ici que la réalisatrice réussit parfaitement à faire adhérer le spectateur à son intrigue angoissante. On en vient à se demander s'il ne s'agirait pas d'un film relatant la revanche du monde animal sur la société humaine qui l'exploite. On se laisse emporter avec aisance dans de fausses pistes. Le réalisme de l'image empêche le spectateur de prendre de la distance avec ce qu'il voit, en particulier à certains moments quand l'héroïne est seule. Une très belle réalisation qui mérite d'être revue pour être appréciée à sa juste valeur.
Animale se positionne dans un style bien singulier, celui du western fantastique féministe. L’histoire est déroutante afin d’explorer la violence à laquelle fait face Nejma. Elle est dans un milieu masculin où elle doit se battre pour s’imposer.
À travers la symbolique du taureau, on comprend l’image de la souffrance de Nejma. Le patriarcat de l'homme qui maltraite les animaux s'applique aussi à la condition des femmes. Celle-ci faisait un peu comme le taureau à fermer les yeux. D’un côté son quotidien, le conscient, fermant les yeux et de l’autre, sa bête intérieure qui est son subconscient combattant par la violence. Oulaya Amamra est vraiment très bonne ce qui aide à se plonger dedans.
Il peut en revanche avoir quelques regrets sur certains choix artistiques. Pour avoir plus d’impact visuel, la réalisatrice Emma Benestan choisie d’agrémenter son film de séquences oniriques. En revanche, lorsque sur la fin cela se mélange au réalisme, l’impact est beaucoup plus flou.
S'il nous fait découvrir les paysages magnifiques de la Camargue, ainsi que le milieu des gardians, tout comme celui des raseteurs de taureaux, tous deux très machos, "Animale" flirte également avec le fantastique avec cette jeune femme sentant en elle de profonds bouleversements au milieu de tous ces hommes. Toutefois, j'ai trouvé que c'était relativement long à s'installer, que les effets spéciaux n'étaient pas franchement formidables et qu'il manquait quelques scènes chocs pour que ce film, au sujet pourtant atypique, puisse décoller et se démarquer vraiment. Reste la sublime Oulaya Amamra parfaite pour ce rôle.
Y aurait-il un « Taureau-garou » qui traîne dans cette belle Camargue et qui tue des cow-boys? Des splendides paysages et images de taureaux, une actrice (celle de Divertimento) convaincante, on passe du film d’initiation à du fantastique en fin de film, qui peut faire sourire alors que l’ensemble est un drame bien ficelé.
Avec Animale, Emma Benestan sculpte un récit où l’émancipation féminine se mêle à une métamorphose intérieure et physique, dans un univers empreint de traditions et de violences masculines.
Nejma, héroïne lumineuse et farouche, s’entraîne au sein des manades camarguaises, un bastion masculin où la tauromachie est l'occupation principale. À travers cette lutte pour trouver sa place dans un monde d’hommes, le film déploie une métaphore puissante : le taureau, symbole de force brute et d’oppression, devient l’adversaire que Nejma doit apprivoiser pour affirmer son identité.
Emma Benestan choisit une esthétique sensorielle et immersive, mêlant réalisme et fantastique pour brouiller les frontières entre allégorie et tangible. Les métamorphoses de Nejma, littérales et psychologiques, évoquent une féminité qui défie et renverse les structures oppressives. Le montage, vibrant, épouse les battements du cœur de son héroïne, reflétant une progression psychologique où l’affirmation éclatante de soi cède peu à peu sa place à une quête vangeresse.
Le travail sonore, lui, magnifie cette lutte intérieure : les mugissements des taureaux, le souffle et les pas se fondent en une ambiance oppressante. Ces éléments sonores, mêlés à une bande originale minimaliste, instaurent une tension continue.
Là où Animale échoue, c’est dans sa quête de vengeance, qui semble désignée comme le chemin évident vers la libération. Le film sous-entend que la résolution des maux de Nejma réside dans un acte cathartique, mais c’est ailleurs que la délivrance s’opère : dans la parole, dans la confession. Selon moi, elle porte en elle une vérité plus bouleversante et réparatrice que les élans de revanche qu’on lui prête.
Ainsi, le film trouve sa force dans l’intime, dans les regards et les silences, mais s’essouffle dès qu’il s’aventure sur le terrain de la vengeance, comme si cet affrontement-là ne lui appartenait pas tout à fait.
l'actrice principale "joue le jeu" au mieux de son rôle, mais d'autres ne semblent pas prendre au sérieux le film, ce qui se voit. Il y a de beaux paysages mais trop de longueur, voire de lourdeurs, hélas, hélas...
Une histoire de loup garou revisitee au pays des taureaux. De belles images n’empêchent pas d’avoir un mauvais film qui se perd rapidement. Tout est prévisible
"ANIMALE propose une relecture audacieuse du mythe du loup-garou, en substituant le loup par un taureau. L'atmosphère ténébreuse et une esthétique captivante sont ses points forts, mais le film manque de nouveauté pour véritablement captiver. Oulaya Amamra livre une performance notable, mais l'ensemble reste trop superficiel pour marquer les esprits. **Note : 2.5/5
Vu en avant-première au festival Les Œillades,la réalisatrice revisite le mythe du loup-garou à la sauce camarguaise. L’actrice Soumaya Amamra incarne magnifiquement une femme seule parmi les hommes d’une manade et les taureaux .
Une belle plongée authentique dans une camargue mystérieuse avec ces traditions ancestrales. L'actrice principale est juste magnifique dans son rôle. Un film fort, beau et tragique. Un bel hommage à la Camargue et ces beaux paysages, chants tziganes et surtout ces taureaux. Même si la fin reste prévisible j'ai beaucoup apprécié ce film qui change de l'ordinaire.
Film sublime, remarquablement filmé. Mise en scène d’une femme dans un monde d’homme où la comparaison avec le taureau dans un monde d’homme prend toute son ampleur au fur et à mesure du film et des sujets abordés.
Nejam s'entraîne dur afin de réaliser son rêve et remporter la prochaine course camarguaise, un concours où les taureaux sont défiés dans l'arène. Mais alors que la saison bat son plein des morts suspectes sème le doute dans la région. Très vite la rumeur se propage une bête sauvage rôde. Et si tu prends un coup de corne dans le ventre petiote, et que tu ne peux plus avoir d'enfant, on fait quoi ? Elle n'en a que faire Nejma, elle veut être raseteur et briller dans l'arène. Une jeunesse qui vit, qui s'amuse, fait la fête à côté de la rudesse du travail à la manade. Un monde difficile où on se recoud soi même ses blessures ouvertes et où on ne craint pas la corne du taureau. Les taureaux, ces animaux magnifiques qui de leur noire beauté laisse une impression de mystère. Impressionnants et puissants de muscles, leur détermination paraît plus forte quand ils sont en troupeaux. Les images sont belles de jour, terrifiantes de nuit. Provoquer la bête, l'interpréter, pour mieux la comprendre. Telle est la passion de Nejma. Des accidents mortels s'enchaînent, on soupçonne un taureau fou qu'on veut mort ce soir. La tristesse et la panique s'emparent de la profession. Au grand chagrin de la jeune femme, ils ne tuent pas la bonne bête. Nejma s'identifie un peu trop à ces animaux traqués, prisonniers des arènes. Les animaux savent, ressentent la perversité de ces jeunes athlètes qui semblent faire leur loi dans ce milieu machiste. La course au taureau n'est plus un jeu, encore moins une fête. Pourquoi avoir chercher a bête qui était cachée dans la belle. Une femme au milieu des taureaux et des hommes, des meurtres, une métamorphose … Une vengeance féminine. Ma note sera de 3,22 sur 5. Parce que : pas d'épilogue, pas de raison et encore moins de logique dans cette folie qu'est le comportement humain dont trop souvent la femme en est la victime.
c'est bien dommage que le film tourne au grotesque car jusqu'à sa moitié tout était parfait. Malheureusement la seconde partie est pitoyable. Dommage surtout pour l'actrice qui s'en sort très bien