Native de Montpellier, Emma Benestan enchaîne après une comédie sétoise (Fragile) avec un western camarguais qui penche fortement vers le fantastique. La taureau magie agit à plein dans ce deuxième long-métrage tourné avec des comédiens non-professionnels dans leur élément (des manadiers) au côté de l'excellente Oulaya Amamra, seule femme dans un univers on ne peut plus macho. Emma Benestan a déjà réalisé 2 documentaires en Camargue et elle aime manifestement ce monde si particulier des éleveurs de taureaux, bêtes aussi fascinantes et même mythologiques que susceptibles de susciter la terreur.spoiler: L'évolution du film vers une certaine forme de bestialité est intéressante, dans le sens où elle est traitée sous l'angle d'une femme puissante, et sans connotations érotiques (rien à voir avec La Féline), ce qui classe le film en dehors du Règne animal, par exemple, et lui offre une force assez unique même si la transformation de l'héroïne posera sans doute question à certains, même de manière symbolique. Quoi qu'il en soit par son mélange de naturalisme et son intégration de certains codes du cinéma de genre, Animale séduit par sa progression radicale et l'esthétisme d'une mise en scène qui ne trahit pas son sujet original.
Nejma est la seule femme de son clan d’éleveurs de taureaux et de raseteurs de course camarguaise. Après une nuit arrosée, des disparitions agitent son entourage.
Animale est un film déroutant, une sorte de western féministe, qui cherche à aborder des thématiques louables (masculinité toxique, écologie, statut du corps féminin...) mais dont le résultat reste maladroit.
Animale est une nouvelle déclinaison du cinéma de genre français récent qui convoque à la fois la thériantrophie du Règne Animal et le body horror féministe de The Substance ou Titane, donnant donc une certaine impression de réchauffé.
Oulaya Amamra est comme d'habitude très convaincante mais sa performance ne suffit pas à compenser un scénario dont le virage fantastique n'est pas très bien amené, dévoilant ses cartes trop rapidement.
Les très belles images et la réalisation soignée restent l'atout majeur du film. Une Camargue sublimée qui devient le décor inquiétant de cette histoire de vengeance contre le patriarcat, qui malheureusement coche un peu toutes les cases d'un cinéma trop vu récemment.
Animale brille par une esthétique très soignée et une mise en scène ultra maîtrisée, prenante et haletante. Oulaya Amamra est absolument brillante dans le rôle principal, et impressionne par l'étendu de son talent. Mais le film se saborde totalement au moment où la vérité se dévoile et avec elle sa thématique (éculée et dépassée)
Vu dans le cadre FIFIB UGC, film intéressant sur la Camargue,ses taureaux,ses chevaux,ses courses sans mise à mort dans ses arènes. Des acteurs non professionnels pur jus et … la bête côté fantastique. La salle était pleine de jeunes étudiants qui ont applaudi à la fin de la séance et pas un mot pendant le film tellement la tension était présente.
Les films de genre dont le scénario est construit sur la référence à la part animale de l'être humain en l'illustrant par une variation sur le thème du loup garou, ou de transformations diverses, parfois comme matérialisation métaphorique du cerveau reptilien, sont nombreux.
On se souvient ainsi de certains titres majeurs de Jacques Tourneur entrés aujourd'hui dans la légende et l' histoire du cinéma (" la féline" (1942), " Rendez-vous avec la peur" (1957...) ou de Joe Dante (" hurlement" (1981), de John Landis " le loup garou de Londres" (1981).
Plus récemment plusieurs cinéastes francais s'y sont essayés à leur tour ( " Titane" J Ducourneau ou " The substance" Coralie Fargeat) en en faisant une sorte de courant pas inintéressant à suivre.
Voilà maintenant " Animale" qui s'inscrit dans les traces de ses consoeurs, s'en inspirant ( peut-être un peu trop ) au risque de perdre de son originalité.
Si "Animale" est magnifiquement photographié ( c'est son point fort et il est à saluer),tient la distance pendant le premier quart d'heure ; l'absence de scénario ( il y a une idée qu'on pourrait résumer en deux courtes lignes), une direction d'acteurs en roue libre, un casting ( à l'exception de son actrice principale) pas formidable et de surcroît sans proposer un suspens consistant, conduisent peu à peu le film dans une impasse dont il ne s'affranchira pas.
L' equipe de jeunes "KaKous" bas du front, est tellement insupportable, qu'on regrette surtout que le personnage principal ne passe pas aux hostilités bien plus tôt.
Je me suis régalé ! Un film de loup garou avec des taureau, et les personnages, on dirait des vrai gens, ils parlent comme dans la vie ! C'est entre du documentaire et du film américain ! un régal !
Un film certe très différent de fragile, (son prometteur premier long métrage), mais qui vient confirmer le talent et la densité de la réalisatrice Emma Benestan. Le film est sauvage, libre, hybride, l’arène est singulière et on oscille entre le doc et le film de genre avec ce portait de jeune femme dans un monde mascu, des razoteurs. Oulaya Amamra rayonne et inquiète . Épique, fort, tendu, contemporain et féministe, ce film, choc visuel et émotionnel ne laisse pas indemne. Je l’ai vu il y a plusieurs semaines et j’y pense encore régulièrement.
Film vu en avant première au Cinema Cinémistral de Frontignan Le film est un véritable bijou visuel, où les paysages et les animaux se transforment en tableaux vivants. Porté par une histoire forte et des dialogues simples mais profondément significatifs, il dégage un naturalisme sublimé par une bande originale discrète et émotive. La mise en scène, remarquable, s’appuie sur l’authenticité d’un casting non professionnel, exception faite d’Oulaya Amamra, déjà très juste dans Fragile qui incarne avec intensité et vulnérabilité les bouleversements d’une jeune femme dans un univers masculin. Le scénario qui mêle thriller et surnaturel assumé, est riche et nuancé, évite les réponses simplistes, préférant explorer les tensions intérieures avec une poésie sincère. L’univers des manades est recréé avec une justesse impressionnante, offrant un véritable plaisir d’immersion, même à ceux qui le découvrent. Animale interroge subtilement la perception de soi et des autres à travers des métaphores naturelles puissantes.
Un voyage magnétique dans une camargue qui sidère de beauté. Emma Benestan nous touche en plein cœur en renversant les codes du Revenge movie et nous met face à notre animalité profonde. Oulaya Amamra, seule femme au milieu des hommes, est juste bluffante.
autour du monde du taureau et des courses camarguaises, l'histoire d'une jeune razetteuse amoureuse des taureaux qui se retrouve un soir de beuverie abusée par ses camarades. une histoire de vengeance qui tourne a la fable c'est a ce moment que le film se décompose et devient ennuyeux. des prises de vues magnifiques une jeune actrice talentueuse ne suffisent pas à donner de l'élan .
Plongée au coeur du monde très masculin des fêtes de taureaux en Camargue où un petit bout de femme, Nejma (Oulaya Amamra) cherche à trouver sa place dans cet univers. La première partie du film est plutôt attrayante dans ce décor paradisiaque où notre héroïne s'affirme de plus en plus. Malheureusement, le féminisme affiché avec fierté laisse place à un cinéma de genre, tendance thriller fantastique, et bascule un peu dans le ridicule. Dommage car Oulaya Amamra est magnétique mais la bascule vers une pâle copie du Règne animal est bien trop confuse, sans en dire trop. Un western moderne à découvrir quand même.
Peu de soleil en Camargue reflète mal les caractéristiques de cette magnifique réserve sauvage ! Tout est sombre dans ce récit fantastique, et notamment ces innombrables séquences nocturnes. La transformation partielle et épisodique de AMAMRA est scénaristiquement invraisemblable. Les gardians sont crédibles mais ajoutent trop de trivialité, alors que la noblesse de la course camarguaise et l’amour de ces bêtes puissantes ne sont pas du tout au RDV. Sacrée histoire despoiler: taureau-garou !
Un film émouvant passionant, qui nous montre un univers peu connu de notre pays. La camargue, ces traditions, ses coutumes, ses paysages sublimes (filmés par une grande réalisatrice qui connaît bien ce territoire). Devenir raseteur, c'est à dire celui qui joue avec le taureau lors des course camarguaisr est une chose difficile. Mais quand il s'agit d'une fille qui veut embrasser cette passion, c'est encore plus compliqué.faire sa place dans ce milieu d'hommes n'ait pas choses aisée. Malgré toutes les difficultés, l'héroïne arrive à se faire accepter et le film pourrait s'arrêter là, mais c'est à ce moment précis que le film et notre histoire bascule, dans un film de genre incroyable, haletant et surprenant. C'est pour cela que ce film est un petit bijou, jamais la ou on l attend, porte par des acteurs authentiques , une realaisation maîtrisé et originale. Bref allez voir ce thriller français, ce western camarguais, qui nous rend fier nous français de faire un aussi beau cinéma !
Une véritable merveille tant formellement l’image est magnifique qu’au niveau du contenu et de la narration C’est d’une grande intelligence tout en subtilité et en complexité magistralement incarné par oulaya amamra. C’est sensible sensuel sensoriel on est impliqué de tout son corps dans cette histoire, on la ressent, on est pris au ventre. J’avais vu fragile son film précédent que j avais beaucoup aime mais c’est magistral, je suis impressionnée par la richesse du propos et par la beauté des plans, des images. Bravo à cette réalisatrice incroyable qui sait tenir un propos d une grande intelligence avec beaucoup de sensibilité et d incarnation, sans aucune démonstration juste en nous parlant à fleur de peau.
La réalisatrice réussit parfaitement à placer la Camargue elle-même comme un personnage à part entière dans l'histoire, ses paysages évidemment mais aussi ses taureaux dont l'iconographie sert magnifiquement la dimension mystique de l'animal et vice versa. La mise en scène est judicieuse, alternant constamment entre son héroïne qui subit de plus en plus sa "malédiction" et les taureaux qui semblent tout savoir de son secret. La Camargue reste magnifiquement filmée, jouant avec malice sur les différentes lumières du ciel pour créer des plans sublimes qui allient plaisir des yeux et atmosphères mystérieuses, puis n'oublions pas les gardians qui sont authentiques et ça se voit et ça s'entend au milieu desquels Oulaya Amamra s'en sort haut la main au sein d'un milieu aussi viril que machiste. On peut cependant s'étonner que les femmes soient si invisibles (conjointes, amies ?!). L'évolution du récit est logique car attendue jusqu'à ce twist émotionnellement violent qui explique à la fois tout et rien. Ainsi la réalisatrice réussit un film sur la Camargue en créant un mythe de toute pièce avec en prime un message féministe fort et puissant même si la fin laisse légèrement perplexe (tant de témoins ?!). A voir et à conseiller. Site : Selenie.fr