Vive la hache à cordes... Le trublion de l'humour dark danois Anders Thomas Jensen revient après son Men and Chicken apprécié, et remet le couvert pour une comédie dramatique qui parlera au moins aux fans de la première heure. Le film s'ouvre sur un conte nordique en animation qui raconte la légende d'un chef de clan qui a mutilé tout son village pour ressembler à son fils handicapé, ce qui ne nous a pas fait marrer (du tout). Non, on n'a pas embarqué dans le délire, n'étant pas dans le public-cible de l'humour noir, mais reconnaissant la subtilité de son récit, et la perfection irréprochable de ses acteurs. Mads Mikkelsen joue un bipolaire assez touchant, se prenant pour John Lennon pour une raison inconnue, tandis que le grand frère de la famille se paye un séjour en cabane pour vol à main armée. A son retour, il est obligé de composer avec le frangin en pleine distorsion de la réalité, il le prend sous son aile en attendant les jours meilleurs, et il rencontre un groupe qui se prend pour ABBA (ça ne correspond pas vraiment à John Lennon, mais on n'est plus à ça près). Au moins, même si l'on n'a pas ri une fois, on a apprécié la BO (il y'a du ABBA, du Beatles, on prend, on prend), et encore une fois, Mads Mikkelsen est excellent en statue mutique. Ce qui est le plus percutant, dans The Last Viking (bien plus que son conte éponyme, qui ne nous a pas trop embarqué), c'est son twist final, assez bouleversant. Alors donc, le gamin cadet (Mikkelsen) a
poussé le Papounet violent et alcoolo dans les escaliers pour protéger son grand frère, lequel a couru chercher la hache pour le finir (comme un Viking), tandis que le cadet détournait son attention sur le JT qui annonçait la mort de John Lennon.
Tout s'explique, et la fin où le petit frère
lâche sa hache de Viking pour une autre "hache"
(une bonne vieille gratte) pour chanter Twist and Shoot, avec l'ainé fier de lui, oui, on capitule pour dire que le film a raison d'être partagé. On essaiera de ne pas penser à ce conte final (qui prolonge celui du début) qui est à la limite de promouvoir le
suicide en masse
... Ahem, l'humour noir, ce n'est vraiment pas notre tasse de thé, pardon, notre crâne rempli de sang de barbare, "greuh".