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Ryu
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4,5
Publiée le 26 juillet 2026
Excellent, que ce soit l’humour, les parties plus sérieuses, le jeu des acteurs, la façon dont est ficelé le scénario. Petite longueur très légère ça et là mais vraiment excellent. Très bonne façon de traiter de sujets très durs
Anker (Nikolaj Lie Kaas) a passé quinze ans sous les barreaux pour un hold-up qui a mal tourné. À sa libération, il compte bien récupérer le magot qu’il avait confié à son frère. Mais Manfred (Mads Mikkelsen) souffre de trouble dissociatif de l’identité et refuse de dire à son cadet où il a enterré le trésor.
Le Danois Mads Mikkelsen mène une étonnante carrière, entre Hollywood qui lui confie souvent des rôles de tueur psychopathe (le méchant de "Casino Royale", la série "Hannibal"…) et le Danemark où il revient tourner avec ses potes des petits films sympathiques, dont "Drunk" reste le modèle indépassable au succès légitime.
"The Last Viking" appartient, sans prétention, à cette seconde catégorie. Il est l’œuvre d’Anders Thomas Jensen dont j’avais particulièrement aimé l’humour macabre des "Bouchers verts" (2003) un film sorti dans l’anonymat et devenu culte.
The Last Viking mélange les genres : film de braquage avec sa sacoche de billets et ses gangsters patibulaires (une mention particulière au personnage de Flemming), réunion façon "Vol au dessus d’un nid de coucou" de schizophrènes évadés de l’asile et habités de multiples personnalités (repérez dans le générique de fin la mention du personnage de Paul/George/ Davy Crockett/Himmler !), anamnèse familiale façon "Festen" de souvenirs traumatisants trop longtemps enfouis…
Interdit aux moins de douze ans, "The Last Viking" manie un humour trash et sanguinaire. Mads Mikkelsen y est, comme d’habitude, impressionnant dans le rôle d’un frère traumatisé, persuadé d’être la réincarnation de John Lennon en dépit de son talent médiocre pour la guitare et pour le chant. The Last Viking souffre hélas, à mon avis, d’un défaut : une fois le décor planté, les personnages caractérisés, l’enjeu autour duquel le film s’organise exposé, rien dans sa seconde moitié, qui se déroule dans la maison reculée des parents d’Anker et de Manfred/John, ne dépasse qui n’ait déjà été raconté dans sa première, y inclus son épilogue trop prévisible.
Voulant vraisemblablement s'inspirer de l'univers des frères Coen ou de celui de NWRefn, " The last viking " ne fonctionne véritablement que sur la partie mettant en scène la relation dysfonctionnelle père/fils.
Tout le reste est raté de bout en bout ! C'est au final très maigre.
Belle surprise pour fêter cette première séance en 29 ans en compagnie du grand frère qu'avec The Last Viking.
Dans la pure lignée des productions nordiques, le film en reprend les thématiques de prédilection tout en parvenant à trouver un point d'équilibre vraiment agréable entre réflexion profonde, satire sociale, absurde et éléments de comédie pure. Anders Thomas Jensen, cinéaste à la rencontre d'un VInterberg et von Trier, ne tombe jamais dans le fatalisme sans prise avec le réel du premier ni dans le nihilisme parfois poussif du second.
Partant d'une trame, on ne peut plus, simple, le réalisateur s'amuse à emprunter un grand nombre de bifurcations sans jamais se perdre et, surtout, réussit à apporter pour chacune des résolutions aussi malines que satisfaisantes.
Les acteurs sont impeccables et ne tombent jamais dans le cabotinage. La photo, très soignée, permet d'ancrer le métrage dans une forme de réel et de sérieux pour contrebalancer certaines séquences plus absurdes. Un des thèmes musicaux récurrents m'a interpellé, tant il reprend de façon appuyée la bande originale des Sentiers de la perdition, par Thomas Newman.
En somme, toujours utile et agréable de se plonger dans des œuvres sans cesse à la limite, qui nous forcent à mettre ce qu'on voit et ce que nous vivons en perspective. Ces films qui au premier abord, ne semblent pas en dire beaucoup, mais qui lorsqu'on s'y penche davantage, révèlent leurs multiples couches thématiques.
Un film barré, des situations improbables, avec un scénario ficelé aux petits oignons, des personnages formidables, des dialogues hilarants, on peut penser parfois aux frères Cohen, en plus drôle, on rêverait de voir des films français avec cet humour. Celui-là est danois. C'est un bijou.
Film assez inqualifiable qui mêle thriller, drame, comédie. La corde sensible est touchée avec cette fratrie très soudée. Un excellent moment avec Mads Mikelsen toujours aussi talentueux.
Un Tarantino squandinave, on ne sait pas si on est face à une comédie ou un vrai thriller. Le film oscille entre les deux mais plutôt bien, les acteurs sont formidables et le suspense est au rendez-vous. On pourrait juste reprocher un peu de longueur ans les 25 dernières minutes.
Il y a un goût pour la rupture de ton - chose déjà à l'œuvre sur Les Bouchers verts - qui fait de The Last Viking une vraie curiosité. Il faut croire que l'exercice périlleux du jonglage entre comédie noire et drame est un sacerdoce pour Anders Thomas Jensen. Qui retrouve ici sa petite bande composée de l'incroyable Mads Mikkelsen et Nikolaj Lie Kaas. Le réalisateur nous tricote une histoire rocambolesque d'Anker, ex-détenu retourné vers la demeure familiale pour y déterrer un magot planqué par son frère Manfred qui souffre de trouble dissociatif de l'identité. Aussi, il doit apprendre à composer avec la personnalité un rien encombrée d'un proche persuadé d'être la réincarnation de John Lennon s'il veut retrouver le trésor. Ce qui ne sera pas une mince affaire, la première heure est assez chargée en rencontres farfelues (un psy allumé, la bande d'alter-égos) et en dialogues lunaires comme le récit du tenancier sur son accident. En parallèle de cette intrigue, Jensen pose les graines de son vrai sujet à base de traumas enfouis et de notre capacité surréaliste à distordre la réalité pour la rendre plus acceptable. Se faisant, le personnage de Manfred ne parait plus si incongru au milieu de gens qui "révisionnent" leur passé ou leur histoire. C'est dommage que l'intrigue devienne à partir de là plus programmatique et que le jeu inexpressif de Nikolaj Lie Kaas bloque un peu la mécanique. Mais il reste Mads Mikkelsen, génial comme toujours, et The Last Viking a le mérite de commencer et terminer sur une belle idée, aussi belle graphiquement que parfaitement absurde.
Film étonnant et touchant de bout en bout, avec un léger bémol sur la fluidité du script. Mais ça n'empêche en rien d'être pris par les personnages, les liens entre eux, l'absurdité du récit et sa drôlerie et son inventivité. Mads Mikkelsen est très touchant, dans un rôle qu'on n'a peu l'habitude de le voir, comme quoi, c'est un immense acteur pour celles et ceux qui en doutaient. L'aspect psychologique est un poil retors et mis en scène à l'ancienne, mais il éclaire le récit et la force du lien entre les deux frères. Un film drôle et touchant donc, avec tout un tas de personnages secondaires aussi fous que touchants, et bravo au jeune distributeur (si j'ai bien compris) d'avoir l'audace de sortir ce film en France, afin que nous le public puissions découvrir ce genre de cinéma entre auteur et populaire venu de Scandinavie !
Un vrai tour d'équilibriste! Le film démarre sur la fin d'un casse raté, se poursuit en gentil délire avec des autistes se prenant pour les Beatles, bascule ensuite dans la violence façon Cohen, et se dirige ensuite vers le conte, où le plus malin n'est pas du tout celui qu'on attendait. Une jolie réussite, avec des acteurs au top, particulièrement Mads Mikkelsen, exceptionnel dans ce contre-emploi, mais aussi Soren Malling particulièrement drôle.
Une fresque "sucrée salée", douce-amère et (absolument) désopilante autour de la santé mentale, des traumas et de l'influence de la vie familliale sur une vie adulte.
L'humour d'une noirceur de geai scandinave fusionne avec le trash 'jus de tomate' à la Tarantino. Tout cela se téléscope avec des sujets sérieux traités avec finesse : l'enfance, la violence intra-familiale, le harcèlement scolaire, l'amour fraternel, le patrimoine familial qui joue sur le taux de criminalité une fois adulte. On a (beaucoup) ri, on a été émus, surpris, choqués, c'est un sans faute.
Les acteurs titre sont excellents. Mads Mikkelsen (Manfred/John) livre une grande performance (!), son binôme Nikolas Lie Kaas (Anker) aussi. Les acteurs secondaires sont eux aussi plus vrais que nature. Mention spéciale pour Sofie Gråbøl (Marghrete) spoiler: en quadra quelconque qui se prend pour un canon et pour Lars Brygmann (Lothar) en spoiler: psychologue allumé en phase terminale (je n'ajoute pas de spoiler au spoiler).
L'intrigue est construite sur des jeux de correspondances entre des leitmotivs : spoiler: les sauts par la fenêtre ou hors de la voiture de Manfred qui ponctuent le film (et jouent dans le dénouement), les vols de chiens, les "Je me casse" de Paul/George et ses sorties comiques sur l'holocauste, la découverte de runes vikings, les flashbacks glauques en enfance, etc. Tout se tient, c'est intelligent.
Bref : une comédie dramatique plus que grinçante, avec pile la bonne touche de gore, des rebondissements stupéfiants et quelques scènes d'action carrément jouissives. Le tout saupoudré d'air et de poésie, car beaucoup de choses passent par les regards, les silences, la contemplation de l'immensité de la forêt.
Fait penser par moment à " Fargo" en moins déjanté, mais on s'amuse à voir tous ces personnages se dépêtrer d'un imbroglio improbable! Bien interprété, d'une mise en scène efficace, on passe un bon moment !
Difficile a juger avec ce melange de genre , quelques petits moments amusant , d'autres un peu violent . Cette histoire de famille avec ses traumas peut laisser perplexe.