Présenté en avant-première à Reims Polar 2026, The Last Viking débarque en salles avec un frère qui a préféré devenir John Lennon plutôt que de se souvenir où il a caché le magot d’un casse. Anders Thomas Jensen y retrouve ses complices de toujours depuis Lumières dansantes et Les Bouchers verts, Mads Mikkelsen et Nikolaj Lie Kaas, pour une odyssée forestière aussi bancale qu’attachante. On y entre pour le polar, mais on en ressort avec un petit sourire charmé qui nous rappelle que la normalité est fondée sur un peu de folie.
"The Last Viking est avant tout un film qui cherche son tempo. Le postulat est limpide : Anker veut son magot, Manfred a oublié où il l’a caché, et il faudra reformer les Beatles pour le lui rappeler. Mais Jensen a du mal à faire cohabiter ses deux registres naturels, celui du polar nerveux et celui de la comédie tendre qu’il affectionne depuis ses débuts. Le dernier tiers, où la violence reprend le dessus, peine à se raccorder à la fantaisie installée en amont, comme si le film hésitait entre deux films possibles sans jamais vraiment trancher. Ce qui étire un peu trop le deuxième acte, qui prend trop de temps à faire évoluer ses enjeux et qui tourne inévitablement en rond. On sent pourtant, sous cette bascule mal négociée, de belles pistes pour un drame plus épais, que le cinéaste a préféré ne pas emprunter jusqu’au bout."
"Manfred a d’abord revêtu les habits d’un Viking imaginaire, enfant maltraité à l’école, avant de basculer, adulte, dans une dissociation bien plus radicale. Deux costumes, deux degrés de délire, pour un seul et même réflexe de survie. Anker, en apparence solide, porte la même fracture sous une couche de muscle et de colère. Sa quête du trésor n’est jamais qu’un prétexte pour retourner fouiller la maison de son enfance, et avec elle, tout ce qui y est resté enterré. Le film prend également soin de ne jamais réduire le trouble dissociatif de Manfred à un simple ressort comique, et il rappelle sans cesse, à travers les gestes de mutilation souvent violents et la douleur de ce qu’il traverse. [...] Le résultat est souvent hilarant, sans jamais tourner ces personnages en ridicule. Ce qu’on peut gratter avec le rire révèle une touchante couche de vulnérabilité et d’humanité chez ces personnes qui semblent être « hors normes » pour la société."
"The Last Viking est un film sincère, chaleureux, parfois maladroit dans ses ruptures de ton, au point que l’émotion et la tension se dissipent aussitôt qu’elles apparaissent, mais qui a l’élégance de préférer le voyage collectif à l’introspection solitaire. Un conseil, avant d’y aller : révisez vos disques des Beatles, mais gardez aussi de l’ABBA sous le coude. On ne sait jamais dans quel groupe on finit par atterrir."
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Un film sensible et touchant sur la différence magistralement interprété par Mads Mikkelsen mais pas seulement… des rôles secondaires riches et très crédibles. Ce film est une pépite d’humanité.
Franchement, un super moment ! Je ne le reverrai pas en boucle, mais je suis très content de l'avoir vu. Le gros point fort, c’est le jeu d’acteur : Mads Mikkelsen est juste bluffant dans ce double rôle psychologique, il porte complètement le film. En plus, la réalisation de cette production danoise est super propre et les scènes sont vraiment jolies. Niveau ton, c'est une excellente satire, à la fois très drôle et carrément gore. Le mélange est top, mais attention, n'allez pas regarder ça avec des enfants ! Bref, c'est beau, sanglant et magnifiquement joué. Je recommande !
Comédie noire danoise qui mélange humour absurde, violence brutale et émotion sincère. Le film est porté par le duo explosif Mads Mikkelsen et Nikolaj Lie Kaas, il surprend par son ton décalé et ses changements de registre audacieux : on passe du rire a la violence, de l’absurde au drame familial, le tout avec une fluidité rare. L’histoire, centrée sur une fratrie dysfonctionnelle et une quête de butin, aborde des thèmes profonds comme la santé mentale, les liens familiaux et les failles de la société moderne, le tout enveloppé dans un humour noir typiquement scandinave. Seul point negatif: le rythme est parfois inégal Film drôle, touchant et dérangeant, qui ne laisse pas indifférent
Avec The Last Viking, Jensen mêle violence brute, humour noir et figures marginales. Le grotesque y frôle le tragique, et la brutalité du monde nourrit une réflexion sur la souffrance, la mémoire, l’identité et les cicatrices du passé. (Source : Ciné-Feuilles)
Vive la hache à cordes... Le trublion de l'humour dark danois Anders Thomas Jensen revient après son Men and Chicken apprécié, et remet le couvert pour une comédie dramatique qui parlera au moins aux fans de la première heure. Le film s'ouvre sur un conte nordique en animation qui raconte la légende d'un chef de clan qui a mutilé tout son village pour ressembler à son fils handicapé, ce qui ne nous a pas fait marrer (du tout). Non, on n'a pas embarqué dans le délire, n'étant pas dans le public-cible de l'humour noir, mais reconnaissant la subtilité de son récit, et la perfection irréprochable de ses acteurs. Mads Mikkelsen joue un bipolaire assez touchant, se prenant pour John Lennon pour une raison inconnue, tandis que le grand frère de la famille se paye un séjour en cabane pour vol à main armée. A son retour, il est obligé de composer avec le frangin en pleine distorsion de la réalité, il le prend sous son aile en attendant les jours meilleurs, et il rencontre un groupe qui se prend pour ABBA (ça ne correspond pas vraiment à John Lennon, mais on n'est plus à ça près). Au moins, même si l'on n'a pas ri une fois, on a apprécié la BO (il y'a du ABBA, du Beatles, on prend, on prend), et encore une fois, Mads Mikkelsen est excellent en statue mutique. Ce qui est le plus percutant, dans The Last Viking (bien plus que son conte éponyme, qui ne nous a pas trop embarqué), c'est son twist final, assez bouleversant. Alors donc, le gamin cadet (Mikkelsen) a spoiler: poussé le Papounet violent et alcoolo dans les escaliers pour protéger son grand frère, lequel a couru chercher la hache pour le finir (comme un Viking), tandis que le cadet détournait son attention sur le JT qui annonçait la mort de John Lennon. Tout s'explique, et la fin où le petit frère spoiler: lâche sa hache de Viking pour une autre "hache" (une bonne vieille gratte) pour chanter Twist and Shoot, avec l'ainé fier de lui, oui, on capitule pour dire que le film a raison d'être partagé. On essaiera de ne pas penser à ce conte final (qui prolonge celui du début) qui est à la limite de promouvoir le spoiler: suicide en masse ... Ahem, l'humour noir, ce n'est vraiment pas notre tasse de thé, pardon, notre crâne rempli de sang de barbare, "greuh".
Vu dans le cadre du super Ciné club nordique au Grand Action à Paris. Petit concentré d'humour noir, toujours sur la brèche, entre trash et burlesque et magnifiquement écrit.
Un petit bijoux d‘humour noir un poil loufoque porté par une brochette d‘acteurs tous aussi bons et fous les uns que les autres. Les nordiques offrent définitivement un cinéma frais et décalé. J‘ai adoré!
Qu'il est compliqué de retrouver son butin dans un monde de fous...
Cette nouvelle comédie d'Anders Thomas Jensen divertit par ses situations absurdes et ses traits d'humour noir. Certaines scénes pourtant violentes font éclater de rire, tant elles sont décalées et inattendues. Le film n'en est pas moins émouvant, particulièrement pour ses personnages souffrant de troubles dissociatifs de la personnalité alors qu'ils sont les principaux antagonistes de ces circonstances facécieuses. Mads Mikkelsen est d'ailleurs magistral dans ce rôle. C'est particulièrement dans les séquences de flashback que la tonalité du film bascule dans le dramatique et nous plongent dans des moments d'émotion dénotant avec le ton général. Cette narration sert l'histoire et dévoile intelligemment les clés de l'effroyable passé.
Le film a été présenté à Hallucinations Collectives, le festival de l'Autre Cinéma de Lyon, en séance d'ouverture de l'édition 2026.
Ce film coche en gros un grand nombre de cases sur la liste des raisons pour lesquelles nous pouvons continuer à aimer le cinéma. Peut-être est-il un tout petit peu trop démonstratif, mais si il est rempli de prises de risque payantes, empreint de liberté de ton et de style, magnifiquement interprété. Bref, deux heures de pur plaisir.
À sa sortie de prison, un braqueur de banque part retrouver son frère, le seul à savoir où est caché le butin. Mais ce dernier, convaincu d’être la réincarnation de John Lennon, l’entraîne dans un voyage aussi inattendu qu’improbable…
J'ai vu ce film en Estonie le 10 octobre 2025. Peut-être que j'aime trop le cinéma danois, mais ce film, malgré sa simplicité, m'a semblé plus touchant que Valeur sentimentale.