Dans un futur proche où les enfants sont considérés comme les vecteurs d'une terrible épidémie, un groupe de jeunes orphelins recherché par les autorités trouve un refuge temporaire au sein de la demeure isolée d'une infirmière. Mais l'occupante des lieux semble bien décidée à ne pas les laisser reprendre leur route...
En se lançant dans la réalisation avec un patronyme aussi célèbre, Destry Allyn Spielberg (fille de Steven) doit bien se douter que son premier long-métrage va forcément attirer les regards de nombreux cinéphiles, curieux de voir si elle a hérité d'une partie de l'immense talent cinématographique de son paternel. Cependant, sans totalement démériter, "The Last Refuge" ("Please Don't Feed the Children" en .) ne sera hélas pas le film qui permettra de corroborer cette hypothèse de transmission de dons innés par la génétique ni d'imposer encore les prénoms de la fille Spielberg dans les mémoires.
Dès le départ, quelque chose ne prend d'ailleurs pas avec le contexte pandémique dans lequel se situe le film, celui-ci est tissé de manière bien trop rudimentaire par quelques répliques de journaux TV en voix-off, sans que l'on précise vraiment les tenants et aboutissants qui poussent les adultes à tenir les enfants pour responsables de la contamination en train de ravager cette Amérique. Certes, ce genre de prologue à un cadre (post-)apocalyptique est un procédé habituel de film à petit budget pour y diffuser rapidement un sentiment de danger perpétuel vis-à-vis de ses protagonistes mais, ici, réduite à ses ficelles les plus expéditives, cette mise en place apparaît bien trop artificielle pour rendre les contours de son univers crédibles et y insuffler d'emblée une tension qui lui est normalement indissociable (d'ailleurs, les trois-quarts du récit qui s'ensuivent auraient pu largement s'en passer, de simples enfants en fugue au mauvais endroit et au mauvais moment auraient pu faire l'affaire).
S'orientant donc assez vite vers le survival en huis-clos avec la porte laissée gentiment ouverte par l'infirmière à ces orphelins en cavale, "Please Don't Feed the Children" révèle un scénario malheureusement dans la complète continuité de son prologue, décalque de bien trop nombreuses séries B post-apo (souvent en DTV) passées avant lui, où le chaos d'un monde en perdition s'incarne dans l'instabilité d'un antagoniste qui expurge sa folie sur des victimes n'ayant désormais que pour but de lui échapper.
Sans réelle surprise à proposer dans cette captivité et les finalités qui vont en découler (son dernier acte est encore plus prévisible que le reste, pas aidé par une mise en scène beaucoup trop insistante sur certains détails), le film n'aura pour lui que l'efficacité de certains moments de suspense dans les diverses possibilités d'évasion explorées par sa petite troupe de prisonniers ou la découverte des modalités des motivations irrationnelles de leur bourreau génialement incarnée par Michelle Dockery, grande et meilleure idée de ce casting (même du long-métrage dans sa totalité, oserait-on dire), aux regards noirs de folle furieuse équivalant à des grenades dégoupillées prêtes à emporter tout le monde dans le sillage de la folie qui en émane.
Si l'on excepte le talent de cette actrice qui y est plutôt bien exploitée, "Please Don't Feed the Children" n'a rien de notable à faire valoir de plus pour se poser en refuge cinématographique incontournable de ce début d'année 2026.