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Pierre Kuzor
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4,0
Publiée le 15 avril 2025
A vu « La jeune femme à l’aiguille » du réalisateur danois Magnus Von Horn, film qui a été présenté en Compétition Officielle au dernier Festival de Cannes. Nominé aux Golden Globes et à l’Oscar du Meilleur film Etranger, le film en noir et blanc et à la mise en scène esthétique marque absolument la rétine. 1918 à Copenhague. Karoline (Victoria Carmen Sonne) est ouvrière et son mari Peter (Besir Zeciri) sur le front de la guerre. Karoline tombe enceinte lorsqu’elle rencontre Dagmar (époustouflante Trine Dyrholm) une femme bienveillante qui lui propose de faire adopter, par son entremise, son bébé. Entre Dickens et Zola, le film a un côté roman feuilleton tant les rebondissements sont nombreux. Le film glissera petit à petit dans un suspens étouffant, qu’accompagne avec brio la musique de Frederikke Hoffmeier. La photographie est superbe. Un très beau clin d’oeil au premier film des Frères Lumière avec une sortie d’usine cadrée et mise en scène exactement de la même façon. Les références aux films expressionnistes allemands cohabitent avec une atmosphère proche de celle des « Misérables » et de « Barnum ». David Lynch et Tim Burton ne sont jamais très loin non plus. Puis le film bascule dans le presque fantastique et l’horrifique. On ne ressort pas tout à fait indemne de la vision de cette « Jeune femme à l’aiguille » dont certaines images restent imprimées dans l’esprit et ce dès le générique de début où des visages qui se déforment sont superposés les uns sur les autres. Le film qui s’inspire d’un réel fait divers est très juste dans sa dénonciation de la condition de la femme au début du XXème siècle. Le scénario est adroitement construit et très efficace même si l’accumulation des malheurs sur le même personnage peut enlever parfois de la crédibilité. Le film n’en possède pas moins une force, une mal-aisance, une beauté formelle, une amoralité dérangeante. Intense.
Si le nouveau film de Magnus Von Horn s'avère assez classique sous plein d'aspect, c'est la construction de son monde à la frontière entre le réalisme et le fantasque et son héroïne fascinante qui captive et émeut pour un film choc et éprouvant.
Cetre aiguille , quand bien même elle ne sert qu’une fois, nous reste en travers de la gorge pour plusieurs raisons: la lenteur appliquée, la préciosité vaguement affectée d’un noir et blanc qui lorgne vers Elephant Man, et le coté lugubre de l’ensemble
« Sordide» En compétition à Cannes, ce film est d’une très bonne qualité technique et d’interprétation. Mais le sujet est tellement glauque ainsi que l’ensemble de l’ambiance que je ne peux recommander d’y passer les 2h qu’on nous y inflige et même s’il y a un peu d’espoir à la fin. (Int-12 ans)
J'ai voulu voir ce biopic par curiosité et c'est une belle surprise ça parle d'une femme qui ce fait expulsé de son domicile du jour au lendemain et qui a dû mal à joindre les deux bouts elle a une liaison avec son patron elle tombe enceinte de lui il lui promet de se marier mais sa mère n'est pas de cette avis et le menace de le déshériter du coup il cède et se mari pas avec elle, en voulant avorter elle même, elle va rencontrer une femme qui soit disant place les bébés dans une famille bien finalement elle découvre une psychopathe tueuse de bébé j'ai été choqué et en même temps attristé par la situation dire que c'est une histoire vraie.
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3,5
Publiée le 30 janvier 2025
« Le monde est un endroit horrible, mais on a besoin de croire l'inverse. » Dans une période de l'histoire qui ne laisse pas beaucoup de place à l'espoir, Karoline mène une vie de misère. Alors qu'elle se trouve dans une situation désespérée à la suite de plusieurs désagréments, elle fait la rencontre de Dagmar, une femme forte à la vie stable. "Pigen med nålen", c'est le genre de film sinistre qui arrive toujours à aller plus loin dans le glauque alors que l'on ne s'y attend pas forcément. En plus d'être difficile, la vie est également très cruelle... Au-delà de l'histoire de cette femme, Magnus von Horn évoque aussi les conséquences psychologiques et sociales de la guerre sur la population à travers des gens marqués mentalement ou physiquement comme les gueules cassées. Une horreur du quotidien accentuée par une atmosphère lugubre, une superbe cinématographie et une solide reproduction d'époque. Ce n'est peut-être pas aussi puissant que ça pouvait l'être, mais c'est un vrai bon film porté par deux superbes actrices.
Changement total de registre pour Magnus von Horn qui après avoir décrit les artifices des influenceuses avec "Sweat", nous plonge désormais dans un Copenhague en noir et blanc en 1918. Une jeune ouvrière lutte pour survivre sans le sou. Enceinte d'un homme qui ne veut plus d'elle, son chemin croise celui d'une gérante d'agence d'adoption. Très vite le drame se dirige vers une histoire cruelle et inhumaine. Plus conte cauchemardesque que pamphlet sur la condition des femmes danoise de l'époque, "La Jeune femme à l'aiguille" trouble et choque mais ne parvient jamais à véhiculer un message crédible.
Dès sa première séquence cauchemardesque, La Jeune Fille à l'aiguille instaure une âpreté et une noirceur assez incroyable, tandis que la mise en scène de Magnus von Horn cite l'expressionnisme allemand pour conter une fable bien nihiliste dans le Copenhague post-1918. Karoline travaille à l'usine en attendant le retour de son mari, mais tombe enceinte lors d'une liaison à l'avenir impossible. Elle va ainsi faire la rencontre de Dagmar, une femme enigmatique dirigeant une agence clandestine d'adoption..
Passée une très bonne première heure, proposant là encore une fabrication qui force le respect, alliée à un sound design oppressant nous faisant flirtant avec l'horreur psychologique, le film abandonne des pistes narratives pour débuter un second arc. La co gruence se fait un peu au chausse-pied (jusqu'à un pay-off pas forcément 100% concluant), mais au final la proposition est telle qu'on en ressort difficilement déçu. La force tenant non-seulement dans sa magnifique photographie, sa reconstitution d'époque à la Murnau, son atmosphère anxiogène, des acmés filmiques (avec des bébés) et surtout 2 excellentes actrices au centre (Tryne Dirholm et Victoria Carmen Sonne).
Ce nouveau film du réalisateur suédois Magnus von Horn est d'une noirceur absolue, tout comme un de ses films précédents, que je n'avais pas aimé du tout (Le lendemain).
Je ne pense pas avoir déjà vu un film de cette facture. Le contraste est saisissant entre le pessimisme fondamental du propos (pauvreté, mutilation de guerre, oppression de la femme, trafic d'enfants) et la recherche d'une esthétique très léchée (format 4/3, noir et blanc expressif, décors proprets, mise en scène élégante).
La jeune femme à l'aiguille est un film d'un autre temps, qui lorgne du côté de Dickens pour la forme mais qui pourtant procure des sensations très "modernes" (l'embryon d'une attirance sexuelle entre les deux femmes, la pure violence de certaines scènes, presque horrifiques).
J'ai été surpris par ce combo improbable de film d'époque / thriller psychologique / chronique romanesque au long court, par moment charmé, et aussi un petit peu déçu par la dernière partie du film.
En tout cas, une découverte pour les aventuriers cinéphiles !
Copenhague 1918, fin de la guerre. Dans un noir et blanc remarquable, le réalisateur offre un mélodrame aussi émouvant qu'agaçant, tant les malheurs et les drames s'enchainent les uns derrière les autres. Le film s'ouvre sur un kaléidoscope de visages superposés impressionnant, et ne lâchera plus le personnage principal, présente à chaque plan. D'une justesse constante dans son jeu, Victoria Carmen Sonne, repérée dans "Godland", livre une prestation instinctive puissante, et l'on retrouve ce temps qui prend son temps particulier des films scandinaves.
Une production danoise aux accents fantasmagorico-horrifiques (quelque part entre Haneke et Lynch), à l'ambiance lourde et à la photographie soignée.
Une inquiétante étrangeté, dont le style, très prononcé (et un peu plombant), vient cannibaliser son histoire, dans laquelle j'ai eu un peu de mal à m'immerger.
Un drame psychologique plus réussi quand il dévoile, dans un second temps, une maternité plus déviante et dérangeante spoiler: (et illustrée par quelques scènes assez radicales au passage) .
Un film formellement maîtrisé et bien interprété, mais dont le récit, semblant comme étriqué, m'a laissé un peu à distance une grande partie du métrage. 6-6,5/10.
Intense et prenant, la forme que VON HORN donne à son long métrage, ne suffit pas forcément à faire tenir un scénario assez classique, qui reste très impactant quand à son message, son fond, et son interprétation centrale
LA JEUNE FEMME À L'AIGUILLE - Magnus Von Horn | ⭐️ 8/10
Avec Parthenope et Megalopolis, La Jeune Femme à l'Aiguille fut certainement le long métrage le plus mal aimé de la compétition, lors du dernier Festival de Cannes.
Sans doute car, malgré la beauté de ses images, il place le spectateur dans un inconfort permanent, et qu'il fascine autant qu'il agace. La distance avec laquelle le réalisateur déroule son histoire et son absence d'empathie envers ses personnages auront rebuté plus d'un spectateur. Amoral, cruel, perturbant, impitoyable, cauchemardesque... sont autant d'adjectifs utilisés dans la Presse pour qualifier ce film à l'atmosphère sombre, entre réalisme social et conte macabre.
La très belle photographie en noir et blanc convoque tout un tas de références. L'ambiance "monstres de foire", glauque et malsaine, évoque celle d'Elephant Man ou d'Eraserhead de David Lynch, la froideur et la distance clinique, celles du Ruban Blanc de Michael Haneke. La façon dont la souffrance est stylisée n'est pas non plus sans rappeler l'univers de Bergman.
Des effets sonores particulièrement efficaces viennent renforcer l'impact du film, qui n'hésite pas à lorgner vers les techniques utilisés par le fantastique pour distiller ses effets.
L'on pourra reprocher au réalisateur sa difficulté à dépasser l'exercice de style et la complaisance avec laquelle il met constamment son personnage principal féminin à rude épreuve, n'hésitant pas à aller toujours plus loin dans le sordide, pour, au final, ne pas raconter grand chose, si ce n'est qu'il ne croit pas beaucoup en l'espèce humaine (Ruben Ostlund, es-tu là ?). Et son message sur le droit des femmes à disposer de leur corps finit par se diluer dans une surenchère d'épisodes dramatiques quelque peu grotesques. Dommage car le film reste tout de même une sacrée expérience de cinéma !
Plongée dans l horreur, la cruauté, la lâcheté. "Le drame s ajoute au drame" pour citer un spectateur. On est asphyxié par un scénario sans concession et sans la moindre lueur d espoir. Sur le plan cinématographique, tout est parfaitement maîtrisé .