Tom (Sam Riley) est prof de tennis dans un club de vacances aux Canaries. Il tape la balle avec quelques touristes, s’alcoolise en douce, fréquente la boîte de nuit locale et fait parfois des heures sup dans le lit d’une de ses élèves. Cette routine délétère est brisée par l’arrivée d’un jeune couple de riches Anglais au bord de la rupture. Séduit par Anne (Stacey Martin), Tom leur sert de guide sur l’île jusqu’au soir où Dave (Jack Farthing), son époux, disparaît mystérieusement. La police mène l’enquête et suspecte Anne.
"Islands" est un film d’un réalisateur allemand tourné en Espagne avec des acteurs anglais. Parce que son héros est un joueur de tennis (et que Sam Riley, massif et élancé, en a parfaitement la silhouette), parce qu’il se déroule sous un soleil insolent, parce qu’il baigne dans une sensualité lourde, il m’a fait penser au récent Challengers avec ses trois acteurs jeunes, sportifs et triolistes. Mais Islands regarde ailleurs, du côté des polars élégants de Patricia Highsmith et de leur adaptation par René Clément ("Plein Soleil") ou Anthony Manghella ("Le Talentueux Mr Ripley") voire des films de Hitchcock et de ses mystérieuses héroïnes blond platine que rappelle Stacey Martin.
La bande-annonce de "Islands", qui dévoile une grande partie de son histoire, comme mon résumé s’est autorisé à le faire, laisse à penser qu’il s’agit d’un vulgaire thriller balnéaire. Mais "Islands" est plus dense que cela. La disparition de Dave et l’enquête menée par la police n’en constituent pas le cœur. Le sujet est ailleurs, ce qui explique la fin à tiroirs de ce film qui dépasse les deux heures : c’est Tom qui en est le seul héros et la vie qu’il mène, semblable à celle du crooner de "Rimini" de Ulrich Seidl ou de l’hôtesse de l’air interprétée par Adèle Exarchopoulos dans "Rien à foutre". Dans un lieu paradisiaque, éphémèrement traversé par des touristes de passage, c’est une coquille vide qui s’est absentée du monde pour fuir on ne sait quoi et qui se laisse lentement mourir.
Ai vu « Islands » du réalisateur allemand Jan-Ole Gerster, tourné aux Canaries et interprété en anglais et en espagnol présenté à la Berninade 2025 et au festival du Film Policier à Reims. Une mise en scène savamment dosée et travaillée proposant une peinture idyllique d’un club de vacances à Fuerteventura qui va se déliter peu à peu alors que le suspens et les tensions vont s’installer. Nous sommes dans un univers très proche des romans de Patricia Highsmith où il n’y a que très peu d’action et beaucoup de psychologie. C’est l’ensemble des phénomènes psychiques de chacun des personnages qui fait monter une angoisse de plus en plus intense dans cette vitrine idyllique qu’est la plage de sable blanc et le court de tennis où Tom (excellent Sam Riley), prof de Tennis, s’ennuie à mourir à renvoyer des balles à des vacanciers sans talent jusqu’à l’arrivée d’Anne (intrigante Stacy Martin) et son mari Dave (Jack Farthing) accompagné de leur fils Anton (Dylan Torrel). Tout le film va se concentrer sur ce quatuor orignal. La photographie est très belle et estivale (très beau travail de Juan Sarmiento Grisales), la musique de Dascha Dauenhauer accompagne à merveille le crescendo émotionnel. Les personnages sont désabusés, inquiétants, déroutants et leurs non-dits sont plus explicites que leurs échanges. J’ai beaucoup aimé ce thriller subtil qui laisse au spectateur la place de faire un travail tout au long de la projection. L’atmosphère mystérieuse et poisseuse est en total décalage avec le décor et c’est un autre point fort du film. Un film d’auteur très bien écrit avec un réel univers personnel. Un vraie bonne surprise inattendue.
Tom vit sur une île des Canaries, un endroit paradisiaque avec du soleil, des vagues et des paysages désertiques qui attirent de nombreux touristes. Pourtant, sa vie semble monotone et sans événement marquant.
Intrigue
Tout change lorsqu'il rencontre Anne et Dave, un couple mystérieux. Après une soirée bien arrosée, spoiler: Dave disparaît, entraînant Tom dans une aventure intrigante. Le film évoque un drame hitchcockien où les apparences sont trompeuses.
Développement
spoiler: - Disparition : Dave disparaît après une soirée, laissant planer le doute sur ce qui s'est passé.
- Enquête : Un policier mène une enquête, mais il a du mal à trouver des preuves tangibles de la culpabilité d'Anne.
- Relation : Pendant l'enquête, une nouvelle relation se développe entre Anne et Tom.
Bien que la fin du film puisse sembler un peu tirée par les cheveux, elle ne gâche pas le plaisir de la mise en scène. Le réalisateur installe une ambiance poisseuse et inquiétante qui captive le spectateur.
Pour certains, la vie que mène Tom sur l'île de Fuerteventura, une des îles de l'archipel des Canaries, est considérée comme étant paradisiaque. Professeur de tennis à l'année dans un grand hôtel de l'île, n'est ce pas un peu comme si il était en permanence en vacances ? Mais Tom est bien conscient que ce prétendu paradis est très artificiel, les journées se succédant, toutes identiques, sans réelle saveur, et il compense en s'alcoolisant à coup de bières et de vodka et en sortant tard le soir dans la boîte de nuit voisine, une vie pas tellement compatible avec son travail qui lui demande d'être sur les courts de tennis à 9 heures du matin. Cette vie sans aspérité va prendre un énorme coup de fouet avec l'arrivée de Anne, une très belle anglaise blonde, qui lui demande de donner des courts particuliers à Anton, son fils d'une dizaine d'années. Anne a un mari, Dave, et, quand bien même il comprend vite qu'une certaine désunion règne dans le couple, Tom, manifestement très attiré par Anne, sent bien que ses chances auprès d'elle sont très réduites. Cela ne l'empêche pas de se montrer très avenant avec le couple. Commencé comme une comédie de vacances où le spectateur se demande si la relation entre les 3 personnages va évoluer vers le ménage à 3 ou vers une confrontation de mâles entre Tom et Dave ou bien, pourquoi pas, rester dans l'état de promesse cinématographique non tenue, le film change brutalement de registre lorsque Dave disparait. C'est dorénavant à un thriller haletant qu'on assiste. Sur cette intrigue somme toute très banale, le réalisateur allemand Jan-Ole Gerster a construit un film qui se déguste avec délectation du début jusqu'à la fin, bien aidé, il faut le dire, par la beauté des paysages et une distribution britannique de très haute volée. Un peu française aussi, car Stacy Martin, toujours aussi parfaite dans son interprétation d'une femme fatale, est franco-britannique. A ses côtés, Sam Riley dans le rôle de Tom, et Jack Farthing dans celui de Dave, sont tout aussi excellents.
L'intrigue semblait prometteuse mais finalement tout ça pour ça! L'ambiance est moite et poisseuse. C'est lent et ennuyeux. L'acteur principal est énervant avec sa mine de chien battu. La réalisation est sobre et les images de lîle sont belles.
Une disparition inquiétante pourrait être un sous titre. Le film est intéressant et psychologique, avec une atmosphère à la fois de polar et de film social sur l’Île des Canaries fuerteventura, . IL y a deux choses dans ce film, le mystère de la disparition, et les liens entre les personnages qui se font et se défont…...C’est bien filmé, bien joué, et le scénario est original, avec une surprise sur le plan final…. J’aime ce cinéma qui sort des senties battus, avec des acteurs quasi inconnus ; Je conseille sans insister, plutôt pour cinéphiles...Ne restera pas à l’affiche très longtemps à mon avis
Islands...ou quand ce qui serait longueurs pour tout autre film, devient un pur moment lent et archi sensuel quasi tantrique qu'on voudrait voir se prolonger encore, à l'infini. Sans aucune scène charnelle une atmosphère électrique est pourtant créée. les jeux sont justes et profonds , le grain des peaux, le sel, le vent, les souffles, tout est ressenti. Si Hitchcock avait à l'époque fait la part plus belle au charisme flamboyant presque bestial, il aurait pu créer ce film. L'opus gagne donc en chaleur, suffocante, par rapport au maître du suspens, tout en s'inspirant de son classicisme glacé, en première partie notamment mais pas seulement. Ex: scène où Tom observe Anne en contrebas, appuyée à la rembarde. On a le sentiment d'être dans la tête de chacun, avec une phrase précise, une question posée à l'autre, toujours ces non dits maîtrisés.
Le flic local est très bon aussi dans son rôle de gars qui semble le seul à prendre du recul et envisager les choses de façon pragmatique. Là où les deux autres protagonistes sont déjà partis dans des conjectures de l'ordre du " et si... alors que se passera t-il ensuite, pour un possible ON en devenir ?"
J'ai été émue, comme en miroir, par cette vaste question qu'on a tous au moins une fois dans sa vie "et si j'étais au final passé à côté de ma vie"? Sachant qu'ici, si on concrétise le concept, Tom est même plutôt en train de voir SA vie passer littéralement à côté de lui...
Bref le héros tient la barre malgré ses tourments intérieurs bruts et non canalisés, remués, délayés jusqu'à espérer l'oubli, qui ne vient pas. Bien au contraire.
Même le semblant de bouée, phare dans le Désert de Fuerteventura , foyer comme "parental" stabilisant trouvé par Tom, auprès du couple âgé, qui hélas pour lui quitte le navire, oui même cela vacille et le coupe à nouveau d'un possible repère.
La fin sous forme d'une simple question, est lourde de sens et en dit long sur la perdition de l'anti héros, la place qu'il peine à trouver pour enfin se construire, en dépit de tout ce qu'il a vécu.
Je garde à l'esprit que les îles sont vouées à se faire face, se " voir", mais ne jamais se toucher, c'est pour moi l'idée maîtresse du titre. Une belle image de la distance qui nous sépare... parfois de nous-mêmes.
Enfin, musique au top, générique de fin version pépite.
Très beau film sensible et délicat, tout en nuances, sur le portrait d'un homme, la quarantaine, professeur de tennis dans un club de vacances sur l'île de Fuerteventura aux Canaries. La vie y est douce, entre les cours de tennis avec des touristes qui ne viennent pas, les soirées arrosées, les rencontres et rapprochements nocturnes. Jusqu'au jour où débarque un couple avec un enfant. Ce couple sollicite le prof de tennis pour faire un tour de l'île, pour un dîner, pour un verre. Puis le mari disparaît. Même si rien n'est dit, le prof de tennis se met à penser qu'il est le père de l'enfant. Pendant la durée de la disparition du père, la famille de 3 s'est reconstituée avec un nouveau père. Ce film est très bien filmé, l'intrigue est amené en finesse, la fin n'est pas attendue, le spectateur reste en éveil jusqu'au bout. Je recommande.
Islands semble partir tout droit vers un thriller moyennement attendu, avec sa blonde hitchcockienne à l'affiche (Stacy Martin, excellente) mais c'est une vraie fausse piste, que l'on aurait pu anticiper en examinant la cinématographie de l'Allemand Jan-Ole Gerster : Oh Boy et Lara Jenkins. Sur cette île des Canaries, paradis du All Inclusive, avec du soleil toute l'année, le film est moins un suspense qu'un exercice existentiel où les excès masquent un grand vide ou une solitude extrême, comme l'on veut. C'est donc du côté de Ulrich Seidl, sur un registre moins sordide, toutefois, mais pas moins désabusé, que le film de Gerster penche, avec une foule de petits détails (un chameau à la mer) en bandoulière et de nombreux non-dits dans sa besace. Et il est fort plaisant d'être ainsi manipulé, dans une ambiance tantôt émolliente (le jour) et parfois survoltée (la nuit), au côté de son héros blafard avec sa vie ratée, dont la prétendue vie de rêve a tout du cauchemar à peine climatisé. Sam Riley incarne ave
Fuerteaventura magnifique, l'acteur principal joue vachement bien, il est perdu, attachant et jusqu'au bout on ne sait pas ce qui va se passer, intrigues déroutantes, c'est une belle surprise 朗
La très bonne surprise de la semaine avec ce polar qui coche toute les cas tout en nous entraînant ailleurs ( je vous laisse la surprise) et qui joue avec les fau semblants et propose une petite musique sur les vies qu'on perd ou qu'on gagne à vivre ou non de manière insouciante ou non. C'est la vraie histoire du film.
C'est là un Polar subtil où derrière la Romance ambivalente et l’intrigue policière , c'est surtout le portrait d’un homme seul , enfermé dans une logique d’éternel célibat , se cachant derrière une routine de Fiesta mortifère et qu'une rencontre avec ce couple dysfonctionnel va faire sortir de sa sorte d’adolescence prolongée ! ...
On ne s'ennuie pas. Les paysages sont splendides. Les acteurs parfaits. Surtout le protagoniste. Cependant dans les dit-non-dit, le réalisateur se perds a vouloir faire trop. Malheureusement.
Jan-Ole Gerster parvient très bien à installer son intrigue mais surtout du mystère, quelques-fois même malsain, là où tout est censé être paradisiaque. Un prof de tennis prend sous son aile une petite famille anglaise pour leur faire découvrir l’île mais également donner des cours au fils. Et c'est lorsque le père va disparaitre à la suite d'une nuit arrosée que tout va déraper. Enfin, pour être honnête, ça dérape un peu avant mais pas complètement, on sent qu'il y a des tensions, que l'air ambiant est très lourd et que tous les personnages ne sont pas clairs mais on n'arrive pas encore tout à fait à mettre le doigt dessus. Ce qui amène ce fameux mystère que le réalisateur parvient très bien à mettre en place avec cette intrigue devenant de plus en plus pesante mais également grâce à sa mise en scène épurée tout en s'attardant sur des détails. Et avec une première partie aussi réussie - j'ai été happé dès le début du film, que ce soit de par l'histoire ou l'esthétique - on attend que le film monte crescendo, surtout avec cette disparition qui donne l'eau à la bouche. Et puis... rien ! Enfin, rien, j'exagère, l'intrigue continue d'explorer les non-dits que l'on comprend d'ailleurs assez vite mais j'ai eu l'impression que le film compliquait son intrigue pour rien, surtout pour avoir cette fin plus que décevante. Alors, je ne m'attendais pas non plus à un thriller à la Fincher, ça n'a jamais été le but du film mais ce dernier complexifie inutilement toute sa seconde partie, peine à entretenir un mystère qui devient inexistant ; le spectateur ne se contentant que de suivre les personnages dans leur aventure qui en devient de plus en plus ennuyeuse car le film retombe comme un soufflé. Même la tension que nous avions au début ne parvient pas à tenir tout le long du film, d'ailleurs finalement beaucoup trop long pour ce qu'il raconte. "Islands" avait donc beaucoup de potentiel mais le gâche avec une intrigue se ramollissant beaucoup trop dans sa seconde partie et des personnages que l'on explore pas assez sous couvert de non-dits.