Pour certains, la vie que mène Tom sur l'île de Fuerteventura, une des îles de l'archipel des Canaries, est considérée comme étant paradisiaque. Professeur de tennis à l'année dans un grand hôtel de l'île, n'est ce pas un peu comme si il était en permanence en vacances ? Mais Tom est bien conscient que ce prétendu paradis est très artificiel, les journées se succédant, toutes identiques, sans réelle saveur, et il compense en s'alcoolisant à coup de bières et de vodka et en sortant tard le soir dans la boîte de nuit voisine, une vie pas tellement compatible avec son travail qui lui demande d'être sur les courts de tennis à 9 heures du matin. Cette vie sans aspérité va prendre un énorme coup de fouet avec l'arrivée de Anne, une très belle anglaise blonde, qui lui demande de donner des courts particuliers à Anton, son fils d'une dizaine d'années. Anne a un mari, Dave, et, quand bien même il comprend vite qu'une certaine désunion règne dans le couple, Tom, manifestement très attiré par Anne, sent bien que ses chances auprès d'elle sont très réduites. Cela ne l'empêche pas de se montrer très avenant avec le couple. Commencé comme une comédie de vacances où le spectateur se demande si la relation entre les 3 personnages va évoluer vers le ménage à 3 ou vers une confrontation de mâles entre Tom et Dave ou bien, pourquoi pas, rester dans l'état de promesse cinématographique non tenue, le film change brutalement de registre lorsque Dave disparait. C'est dorénavant à un thriller haletant qu'on assiste. Sur cette intrigue somme toute très banale, le réalisateur allemand Jan-Ole Gerster a construit un film qui se déguste avec délectation du début jusqu'à la fin, bien aidé, il faut le dire, par la beauté des paysages et une distribution britannique de très haute volée. Un peu française aussi, car Stacy Martin, toujours aussi parfaite dans son interprétation d'une femme fatale, est franco-britannique. A ses côtés, Sam Riley dans le rôle de Tom, et Jack Farthing dans celui de Dave, sont tout aussi excellents.