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Bionman
16 abonnés
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4,0
Publiée le 2 juillet 2025
Tres belle intrigue tout en non dit , c’est au spectateurs de relier les points dans ce thriller psychologique estival. Des images superbes , une mise en scène soignée. Dommage que tout soit noyé dans une lenteur invraisemblable.
Islands – Quand fuir le monde, c’est parfois lui faire face.
Avec Islands, Jan-Ole Gerster transforme l’évasion touristique en huis clos existentiel. Sous le soleil de Fuerteventura, il ne filme pas un été, mais l’illusion d’un éternel été. Montre Casio, typo nineties, silences étouffants : tout concourt à figer le temps autour de Tom (Sam Riley), anti-héros taiseux, homme invisible mais pilier discret d’un monde qui vacille.
Gerster signe un film lent et tendu, à la mécanique hitchcockienne feutrée, où le moindre regard devient menace, et la chaleur un poids de plus sur les épaules. L’ambiance suffocante glisse entre les corps et les silences : Tom, Anne (Stacy Martin), Dave (Jack Farthing) composent un triangle trouble où le soupçon rôde à chaque scène. L’amour y ressemble à une manipulation, le couple à une impasse, et l’amitié à un leurre.
Tom, c’est ce type qu’on ne remarque jamais, mais dont l’absence ferait tout s’écrouler. Il ne demande rien, donne sans compter, et fuit les projecteurs comme les bonus de salaire. Une noblesse à l’ancienne, qui fait de lui un héros du rien, une figure de résistance douce dans un monde trop bruyant.
Islands n’est pas bavard. Il murmure ses tensions, laisse monter le trouble et regarde le vide droit dans les yeux. Il capte la langueur d’un quotidien désabusé et y injecte juste assez de vertige pour nous faire douter : sommes-nous encore en vacances ou déjà perdus ?
Un film solaire à l’extérieur, mais d’une mélancolie frappante à l’intérieur. Un mirage d’été qui colle à la peau bien après le générique.
Un "thriller" sur une île de l été sans fin. Un prof de tennis "emprisonné 'très bien incarné et Anne pleine d ambiguïtés...néanmoins le scénario manque d aboutissement avec notamment un début de réponse à : pourquoi ? Comédie Drame Thriller.....finalement aucun des 3.
"Peut-on vivre au paradis toute sa vie ? C’est la question qui se pose dans Islands, de Jan-Ole Gerster. Un homme semble piégé dans une routine qui le confine à l’alcoolisme et aux mêmes gestes sur le court de tennis où il entraine de nombreux touristes. Une vie de vacances remplie de rencontres mais vidée de toute perspective d’avenir. Le cinéaste allemand utilise une mise en scène cérébrale pour bousculer et réveiller son personnage désœuvré et sans volonté."
"À Fuerteventura, une des îles Canaries où l’été n’en finit jamais, Tom se console d’une carrière professionnelle de tennis en tapant des balles avec mollesse le jour et en succombant à la débauche la nuit tombée. Sans savoir où il va se réveiller, sans avoir de sens à donner à sa vie dans cet hôtel où les relations sociales semblent inaccessibles. [...] Rien n’est constant ou stable chez Tom, qui va tout remettre en question à l’arrivée d’une famille en manque de confiance. Ce jour ne ressemble à aucun autre sur cette « île des enfants perdus », et cela sonne comme une évidence pour Tom, qui a rapidement affaire à une femme fatale selon Hitchcock. Stacy Martin, que l’on a récemment aperçue dans The Brutalist, n’a pas besoin de forcer sur son charme naturel pour camper ce personnage ambigu. En face d’elle, Sam Riley (Control, Sur la route, Radioactive, Orgueil et Préjugés et Zombies) ne peut que s’incliner. Mais plus question pour lui de vivre uniquement à travers les histoires des autres."
"Sam Riley possède ce jeu subtil, où sa présence et sa physicalité sont décisives. Gerster parvient à entretenir le mystère à travers son regard qui reprend peu à peu goût à la vie, quitte à se montrer un peu brusque envers les autres personnages que côtoie régulièrement Tom. Le cinéaste allemand travaille aussi rigoureusement l’enchainement de ses plans en noyant Tom dans les décors désertiques ou en répétant des plans similaires à la routine matinale de Phil Connors dans Un jour sans fin. Cela devient cependant plus bancal dans le traitement de la tension amoureuse, alors que la police locale est aux abois... [...] Islands est audacieux et subtil par instant, mais le fait d’adapter le rythme du récit au train de vie paresseux de Tom peut en gêner plus d’un."
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