Dès les premières minutes, on sent que l’écriture hésite constamment entre deux directions : la comédie légère, presque feel good, et la satire grinçante qui met en lumière les travers de la psychologie moderne et de notre rapport aux autres. Le problème, c’est que cette hésitation se traduit par une structure flottante, où chaque scène semble chercher son identité sans vraiment la trouver. Certaines situations pourraient être drôles — voire délicieusement gênantes — mais elles sont étirées au-delà du nécessaire, ou plombées par des dialogues qui sonnent écrits plutôt que vécus.
Le personnage principal, censé être le moteur comique et émotionnel du récit, manque de nuances. On ne comprend jamais vraiment ses contradictions ni ses motivations profondes, ce qui rend difficile toute empathie durable. Son psy, pourtant pivot de l’histoire, est quant à lui réduit à une série de tics et de gimmicks, comme si le scénario s’était contenté d’un archétype sans chercher à lui donner une véritable épaisseur dramatique. Les seconds rôles, eux, sont presque tous sacrifiés sur l’autel de la simplicité : ils apparaissent, lancent une punchline, disparaissent, et on ne les revoit parfois plus.
La mise en scène, très plate, n’aide pas à donner du relief à l’ensemble. On est constamment dans un registre visuel de sitcom ou de téléfilm, sans recherche particulière de cadrage ou de rythme interne à l’image. Le montage, quant à lui, ne réussit pas à dynamiser les séquences : certaines conversations traînent inutilement, alors qu’un découpage plus vif aurait pu injecter un peu d’énergie et compenser les faiblesses d’écriture.
Il y a bien quelques fulgurances — un échange bien senti, un regard complice qui fonctionne, une situation qui frôle enfin le dérapage jubilatoire — mais elles restent isolées et ne suffisent pas à sauver l’ensemble. On sort du film avec l’impression d’avoir vu un brouillon, une version qui aurait pu gagner en force avec plus d’audace, une meilleure gestion du rythme et une vraie prise de risque sur le ton.