To be or not to be est un chef d’oeuvre. Ces quiproquos incessants sont toujours excellents, et les acteurs sont au meilleur de leur forme. Lubitsch réussit un film peu virtuose d’un point de vue de la réalisation, mais s’échine à mettre en scène ses acteurs qui interprètent les morceaux de bravoures comiques de ce film devenu culte. Daté de 1942, ce long métrage n’a pas pris une ride, et l’on rit toujours en 2014 : Lubitsch…
Ce film est un des meilleurs dans son genre de part le sérieux des comédiens qui jouent tous très bien. Ernest Lubitch (réalisateur) réussit à faire un excellent film comique, tout en dénonçant le nazisme, encore à cette époque dans une Europe sous domination hitlérienne. C'était très culotté mais le message fut incompris. Si performance à retenir il y a, c'est celle de Jack Benny, dans ce rôle de mari jaloux, au travers de mimiques hilarantes. Je retiens également les scènes où "l'amant" va voir la femme de l'acteur lorsque celui-ci est sur scène, le faciès de l'acteur, accentue le côté parodique de l'oeuvre. Malgré la redondance, la scène reste toujours aussi drôle. Le grand âge du film le rend plus compliqué à faire regarder aux plus jeunes, néanmoins, il a su traverser les époques et reste toujours regardable aujourd'hui, considéré comme la meilleure satire avec le dictateur.
Tourné en pleine seconde guerre mondiale (1942), « To be or not to be » est une satyre forte et audacieuse sur le totalitarisme nazi. Le scénario, ressemblant volontairement à une pièce de théâtre, est original et souvent drôle. Bel éloge également sur le métier d'acteur et le théâtre même, à travers les aventures d'une troupe de joyeux résistants. Lubitsch fait rire avec un thème dur, un thème où il apporte sa touche personnelle, fascinante et unique, un thème qui lui est cher... Du grand art.
Une comédie sur le nazisme, c'était franchement culottée pour l'époque. Après Chaplin et son "Dictateur", Lubitsch signait une farce à la fois drôle et pétillante sur un sujet hyper délicat. Ca s'appelle le génie.
C'est le premier Ernest Lubitsch que je visionne et sûrement son oeuvre la plus "connue". Tout d'abord, je trouve que les 20 premières minutes sont particulièrement laborieuses. J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce film, voire même ennuyé, mais dès que le professeur Stilinski s'envole de Londres pour la Pologne, là, le film prend une toute autre dimension jusqu'à la fin. Bizarrement, ce n'est pas le côté comédie qui m'a amusé mais plutôt la féroce satire à la fois contre l'ideologie nazie mais aussi contre le milieu artistique des acteurs de théatre à l'égo demesuré. Le casting est en tous points éblouissant avec une Carole Lombard pétillante et belle à se damner, un Jack Benny convaincant en acteur raté sur les planches mais très talentueux dès que le devoir l'exige face aux nazis. A retenir également, la prestation délicieuse du chef de la Gestapo (Sig Ruman). La mise en scène est sophistiquée mais assez académique. En revanche, les dialogues sont ciselés à la perfection et recèlent des trésors d'écriture. En bref, un grand film subtil, intelligent, qui doit s'apprécier aussi en le replaçant dans son contexte de pleine 2nde guerre mondiale. Même si cette oeuvre a un peu vieilli, elle demeure un pamphlet salutaire et indispensable contre le régime totalitaire nazi, avec l'humour en plus.
En comparaison avec Le Dictateur sorti deux ans auparavant, dur de rivaliser. Malgré quelques qualités notoires du film, notamment sur son scénario tout de même intéressant et un casting très bon, le film ne réalise pas franchement à faire sourire et encore moins à faire rire. L'idée était pourtant bonne mais les situations, bien que parfois bien trouvées notamment autour de cette phrase To Be or Not To Be, font rarement mouches. Finalement, on se retrouve avec un film qui a tout de même l'audace de se moquer d'Hitler et de critiquer le nazisme pendant la seconde guerre mondiale mais qui n'arrive pas à la cheville de Chaplin.
J’ai aimé les deux figurants hallebardiers dont l’un récite le monologue de Shylock. J’ai souris lors des scènes tournées en studio avec la musique pour faire plus dramatique. Tous les noms polonais écrits se terminent en -ski, un peu cliché. L’acteur joue très bien le mari un peu benêt, jusqu’à la fin et j’ai aimé son gimmick du grand acteur Joseph Tura. Les gradés allemands sont les dindons de la farce : normal, c’est un film américain. Un film qui joue sur les ressorts de la comédie et qui permet de passer un bon moment.
Dans une Varsovie idéale, recréée habilement en studio, des figurants déambulent, vaquant à leurs occupations habituelles. Soudain, en plein milieu de la rue, surgit une silhouette familière. Uniforme serré, bottes noires, casquette vissée sur le crâne, brassard arborant une svastika, moustache savamment taillée. Le Führer attire les foules d'une Pologne qui n'a pas encore connu les bombardements.
Été 1939, le cadre est posé. Ernst Lubitsch va parler de la guerre, une fois n'est pas coutume. Sujet de prédilection de pléthore de réalisateurs, y compris Chaplin qui esquissait déjà la figure d'un autocrate d'opérette dans son "Dictateur" à peine deux ans auparavant.
Mais le Führer des rues de Varsovie se révèle être un faux, un simple comédien de théâtre. Il cherche avant tout à tester sa ressemblance avec le chef suprême d'un vorace voisin allemand, qui lorgne avec envie sur Dantzig. Raté ! Une fillette lui demande son autographe.
Et le film s'engouffre dans la brèche de la comédie dramatique. Le faux Adolf des rues polonaises retrouve sa loge et retire son maquillage. Pour peu de temps en vérité. Rapidement, la véritable invasion a lieu. Retour dans une Varsovie, en ruines cette fois, arrachée de ses fondations par le blitz. Joseph et Maria Tura, gloires de la scène nationale, survivent dans cet océan de débris, désœuvrés. Le salut viendra de l'extérieur. D'un aviateur britannique épris de l'actrice et de sa beauté, qui reviendra en terre de l'Est pour déjouer les plans d'un professeur à la solde de l'occupant.
Drame de guerre, d'accord. Mais surtout comédie humaine. Enchaînement de circonstances où rire reste la seule option face à un artiste jaloux de la popularité de sa chère et tendre, et qui s'autocongratule sans sourciller. A mi-chemin entre le burlesque non avoué de Chaplin et le sérieux de la condition juive de ces années trouble, l'œuvre de Lubitsch en devient du même coup inclassable.
Et la désormais célèbre formule d'Hannah Arendt résonne à nos oreilles : la banalité du mal. Banalité d'officiers pour lesquels la torture n'est plus une option, mais un quotidien, qui se gaussent de la souffrance et s'affublent de surnoms en forme d'hommage à leurs exploits barbares. Ici, l'intégrité des gens ordinaires contraste avec la médiocrité des hautes sphères.
Ce n'est pas un hasard si "To be or not to be" déroule le tapis rouge à toutes sortes d'espions et de supercheries diverses. Tourné en 1942, alors que l'issue du conflit reste incertaine, il désacralise la menace tout en la présentant dans sa bassesse la plus totale et la plus noire. Un noir teinté de gris, lorsque les deux professeurs, l'un vrai, l'autre faussaire, l'un mort, l'autre vivant, se croisent sous les yeux de soldats abrutis et déjà perdus par leur propre excès de zèle et de luxure.
Pas vraiment une comédie, plus vraiment un drame, ce film est plutôt l'expression de ce qui pourrait se faire de mieux en matière de propagande déguisée pour les Alliés. Agir paraît alors aussi simple que jouer, la vie n'étant après tout qu'une façade renvoyée aux autres, à l'instar du Hamlet campé par Tura, sans cesse interrompu par les visites de spectateurs à son épouse. Il montre à quel point l'Homme peut tromper, à quel point il peut se tromper, et jusqu'à quelles extrémités un individu serait prêt à aller, plus encore si la justice n'en n'est plus une et si attendrir l'ennemi consiste en tout et pour tout à lui renvoyer une image déformée de lui-même.
Alors seulement, le théâtre peut redevenir la réalité, et l'horreur du conflit nous apparaître, en pleine lumière. Celle des feux de la rampe.
Je dirai juste que ce film est génial. Absolument prenant, ces situtaions incrédibles le deviennet grace à la magie de la caméra de Lubitsch. En plus, c'est très drole, bien filmé et tout et tout...
Attention chef d'oeuvre, à voir et à revoir tant ce film est un régal par l'intelligence des dialogues, des rebondissements et de sa capacité à traiter d'un sujet aussi grave avec tant de finesse. J'avais déja adoré Ninotchka et là c'est encore une bonne surprise de redécouvrir de tels oeuvres du cinéma. Lubitsch est un génie!
Un modèle de comédie où l’intelligence de l’écriture est magnifiée par la virtuosité de la réalisation. Sa liberté de ton surprend encore aujourd’hui : Lubitsch en état de grâce !