To be or not to be est un chef d’oeuvre. Ces quiproquos incessants sont toujours excellents, et les acteurs sont au meilleur de leur forme. Lubitsch réussit un film peu virtuose d’un point de vue de la réalisation, mais s’échine à mettre en scène ses acteurs qui interprètent les morceaux de bravoures comiques de ce film devenu culte. Daté de 1942, ce long métrage n’a pas pris une ride, et l’on rit toujours en 2014 : Lubitsch…
Cinéaste allemand et grand metteur en scène des années quarante, Ernst Lubitsch réalise " To Be Or Not To Be " , en 1942. Un chef-d’œuvre unique et d'une perfection de toute beauté dans lequel Lubitsch , mélange avec brio la comédie théâtrale et le burlesque. Traduit aussi par " Jeux Dangereux " , est un grand film 100% burlesque. Conformément au contexte de l'époque, Ernst Lubitsch s'inspire d'une autre figure emblématique du cinéma , Charles Chaplin. " To Be Or Not To Be " tient sa référence du film , " Le Dictateur " , de Chaplin. Le film de Lubitsch à dans son casting , Carole Lombard ; Jack Benny et Robert Stack. Le film raconte les exploits prodigieux et futiles d'une troupe de théâtre polonaise qui tente de faire échoué un plan orchestré par la Gestapo au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale ( L'histoire nous plonge au début du conflit ( 1939)). Les acteurs sont tous excellents et les décors fascinants. Un très grand film dans lequel Lubitsch dénonce les enjeux politiques de l'époque face au Nazisme et traite son sujet de la façon la plus caricatural. Une dénonciation qui est une forme d'engagement proscrit par le cinéaste. " Jeux Dangereux " , montre que l'imperfection, le manque de sérieux, à cette petite troupe de théâtre qui nous fait passé un moment agréable, sont victorieuses dans ce film. Un classique monumentale avec des acteurs de légende. Un burlesque au rire instantané. Du grand cinéma.
Sorti un an après "Le Dictateur", "To be or not to be" semble obéir aux mêmes règles que l'illustre film de Chaplin : il s'agit de ridiculiser Hitler le régime nazi. Les deux films sont sur ce point très complémentaires, surtout dans la banalité maléfique dans laquelle sont peints les soldats allemands. Cependant, le long-métrage demeure davantage proche du film d'espionnage que de la comédie pure. Lubitsch a fait largement mieux en terme d'humour car là, il arrache à peine quelques sourires. Cela n'empêche pas l'histoire d'être passionnante au plus haut point. "To be or not to be" est en effet très bien écrit et photographié, doté d'un rythme implacable. Il témoigne également d'un amour immodéré pour le théâtre, en tant que porte étendard de la démocratie où chacun à son rôle à jouer. "To be or not to be" est sans doute le film le plus connu de Lubitsch mais il est loin d'être le meilleur.
Le début est un peu lent, Lubitsch s'empêtre un peu dans la propagande, et on a l'impression de voir un film qui, certes, grouille de bonnes intentions, mais n'en est pas pour le moins un film didactique, qui veut tout expliquer (la voix-off est assez embêtante). Et qui nous prend un peu pour des enfants qu'elle doit éduquer. On se dit que Lubitsch va faire un truc convenu, pas mauvais mais qui de toute évidence n'a pas survécu au temps qui passe. Mais bon, non en fait. Parce que dès que les nazis arrivent, on se retrouve avec un truc super sympa. Le jeu de quiproquo et la longue suite de mise en abîme est vraiment géniale, on n'a pas peur de pousser l'idée plus loin, de continuer à démêler les possibilités, tout en gardant une structure simple, qui marche. Parce que ce qui fait de ce film un très bon film, c'est que Lubitsch n'a pas juste fait une satyre des nazis, il a surtout fait une comédie tout court.
Une comédie absolument hilarante, dont on pourrait difficilement dire qu'elle a mal vieilli tant les situations sont drôles. Le jeu d'acteur, les quiproquos et situations dans lesquelles se trouvent les personnages, tout concourt à faire de "To be or not to be" un petit bijou cinématographique. La fluidité des scènes et l'écriture du scénario en font une belle réussite, car on n'a pas le temps de s'ennuyer. C'est d'autant plus fort que le film est sorti en période de guerre. Un classique à voir absolument.
C'était un film vraiment très intéressant, j'étais sceptique auparavant mais finalement j'ai put le voir avec joie ! C'est la première fois que je vois un film qui traite le sujet de la guerre sur le ton de l'humour. J'ai vraiment très apprécié !
Encore un chef d'oeuvre de Lubitsch dans un savoureux mélange de suspense et de rire avec des dialogues succulents et désormais célèbres comme : "Il a fait à Shakespeare ce que nous faisons à la Pologne" .Dans sa satirique Lubitsch atteint une à une toutes ses cibles : la vanité des acteurs, le jeu de l'infidélité conjugale, et surtout la monstruosité et l'imbécilité sans borne des dignitaires nazis.
Dans une Varsovie idéale, recréée habilement en studio, des figurants déambulent, vaquant à leurs occupations habituelles. Soudain, en plein milieu de la rue, surgit une silhouette familière. Uniforme serré, bottes noires, casquette vissée sur le crâne, brassard arborant une svastika, moustache savamment taillée. Le Führer attire les foules d'une Pologne qui n'a pas encore connu les bombardements.
Été 1939, le cadre est posé. Ernst Lubitsch va parler de la guerre, une fois n'est pas coutume. Sujet de prédilection de pléthore de réalisateurs, y compris Chaplin qui esquissait déjà la figure d'un autocrate d'opérette dans son "Dictateur" à peine deux ans auparavant.
Mais le Führer des rues de Varsovie se révèle être un faux, un simple comédien de théâtre. Il cherche avant tout à tester sa ressemblance avec le chef suprême d'un vorace voisin allemand, qui lorgne avec envie sur Dantzig. Raté ! Une fillette lui demande son autographe.
Et le film s'engouffre dans la brèche de la comédie dramatique. Le faux Adolf des rues polonaises retrouve sa loge et retire son maquillage. Pour peu de temps en vérité. Rapidement, la véritable invasion a lieu. Retour dans une Varsovie, en ruines cette fois, arrachée de ses fondations par le blitz. Joseph et Maria Tura, gloires de la scène nationale, survivent dans cet océan de débris, désœuvrés. Le salut viendra de l'extérieur. D'un aviateur britannique épris de l'actrice et de sa beauté, qui reviendra en terre de l'Est pour déjouer les plans d'un professeur à la solde de l'occupant.
Drame de guerre, d'accord. Mais surtout comédie humaine. Enchaînement de circonstances où rire reste la seule option face à un artiste jaloux de la popularité de sa chère et tendre, et qui s'autocongratule sans sourciller. A mi-chemin entre le burlesque non avoué de Chaplin et le sérieux de la condition juive de ces années trouble, l'œuvre de Lubitsch en devient du même coup inclassable.
Et la désormais célèbre formule d'Hannah Arendt résonne à nos oreilles : la banalité du mal. Banalité d'officiers pour lesquels la torture n'est plus une option, mais un quotidien, qui se gaussent de la souffrance et s'affublent de surnoms en forme d'hommage à leurs exploits barbares. Ici, l'intégrité des gens ordinaires contraste avec la médiocrité des hautes sphères.
Ce n'est pas un hasard si "To be or not to be" déroule le tapis rouge à toutes sortes d'espions et de supercheries diverses. Tourné en 1942, alors que l'issue du conflit reste incertaine, il désacralise la menace tout en la présentant dans sa bassesse la plus totale et la plus noire. Un noir teinté de gris, lorsque les deux professeurs, l'un vrai, l'autre faussaire, l'un mort, l'autre vivant, se croisent sous les yeux de soldats abrutis et déjà perdus par leur propre excès de zèle et de luxure.
Pas vraiment une comédie, plus vraiment un drame, ce film est plutôt l'expression de ce qui pourrait se faire de mieux en matière de propagande déguisée pour les Alliés. Agir paraît alors aussi simple que jouer, la vie n'étant après tout qu'une façade renvoyée aux autres, à l'instar du Hamlet campé par Tura, sans cesse interrompu par les visites de spectateurs à son épouse. Il montre à quel point l'Homme peut tromper, à quel point il peut se tromper, et jusqu'à quelles extrémités un individu serait prêt à aller, plus encore si la justice n'en n'est plus une et si attendrir l'ennemi consiste en tout et pour tout à lui renvoyer une image déformée de lui-même.
Alors seulement, le théâtre peut redevenir la réalité, et l'horreur du conflit nous apparaître, en pleine lumière. Celle des feux de la rampe.
Doté d'un scénario plutôt bien écrit, "Jeux dangeureux" mise sur une histoire à un humour proche de Chaplin. Quant à la réalisation, elle est juste et assez intéressante. Par ailleurs, les acteurs jouent bien leur rôle. Ainsi, le film est assez divertissant mais manque de bien captiver le spectateur.
J'ai vu un film... qui il y a très longtemps de cela, m'avait laissé un souvenir que j'estimais impérissable, tellement je pensais avoir ri... Et que j'ai revu au détour de l'été, en savourant mon doux souvenir d'il y a longtemps... Et là, j'ai ressenti une grande déception car je n'ai finalement pas trop ri... J'ai trouvé ce film trop bavard, pas assez intense, pas très vif... Et pourtant, le thème, l'histoire (ou l'Histoire), l'intensité (potentiellement) dramatique auraient dû me prendre, me tenir en haleine... Et ce ne fut pas le cas. Malgré les élans patriotiques pour une Pologne absorbée par les Nazis (et les Russes... et ce n'est pas dit- en 1939), malgré le fait de présenter les SS comme des demeurés (Ah la banalité du Mal d'Hannah Arendt...), malgré qq éléments de tension autour de la trahison d'une taupe polonaise, on n'assiste pas à une Comédie... Et peut-être que c'est parce que je m'attendais à une comédie que j'ai été déçu... Maintenant, en le regardant avec un autre regard -et c'est quand même la spécificité des grands films, n'est-ce pas ?-, on lui trouve des qualités, un ton, un langage d'un courage inouïe pour la période. La barbarie nazie est soulignée avec un aspect de farce grotesque, pour laquelle on ne sourit pas... ET finalement, ce qui fait que ce film reste appréciable, c'est qu'on observe que ces qq comédiens si humains tournent en dérision ce système déshumanisé...
Tres drole et parfois brillante, cette adaptation libre d'Hamlet en forme de mise en abime joue la carte de la comédie satyrique sur un sujet brulant (1939 à Varsovie). Les nazis en prennent pour leur grade au fur et à mesure que les quiproquos et les tours de passe-passes s'enchainent. Certes il date un peu visuellement, mais les situations font mouche pour le plus grand plaisir des amateurs de théatre et de dialogues ciselés, tout en offrant quelques phases de suspense franchement réussies. Super film de Ernst Lubitsch.
Hilarant. Tel est le premier mot qui me vient à l'esprit pour définir ce chef d’œuvre de la comédie satirique. ''Jeux dangereux'' est le premier film du genre à véritablement discréditer le nazisme, avec ''le dictateur'' de chaplin, alors que celui-ci est à son apogée, et à s'attaquer à son corps d'élite, la Gestapo. Pari réussi donc pour Ernst Lubitsch de faire rire le spectateur sur un thème pourtant sujet à controverse. Faire le parallèle entre la pièce de Shakespeare ''Être ou ne pas être'' et l'arrivée de la Gestapo et des allemands en Pologne est brillamment exploité par le réalisateur qui nous propose une mise en scène irréprochable et bourrée de référence. Toute la subtilité de ''Jeux dangereux'' réside dans la bêtise dont sont victimes les soldats SS caricaturés et involontairement stupides. Le message violemment anti-nazi que véhicule Ernst Lubitsch a pour objectif de révéler au public la banalité du corps prétendument élitiste qu'est l'ordre noir en le ridiculisant. ''To be or not to be'' est incontestablement le précurseur, avec ''le dictateur'', de la comédie satirique visant à décrédibiliser le régime nazi et l’exemplarité de son système policier par le biais d'un humour drolatique qui nous ferait presque penser que les SS sont des individus sympathiques et serviables. D'autre film comme le très moyen ''Lune de miel mouvementée'' de Leo McGary ou encore l'excellent ''les bourreaux meurent aussi'' de Fritz Lang ne parviennent pas à égaler ce petit bijou inestimable du cinéma en noir et blanc.