Lire Lolita à Téhéran
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Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 601 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 mars 2025
La lecture est une amitié (M. Proust)

Eran Riklis est israélien et sa filmographie depuis 2004 et La Fiancée syrienne et Les Citronniers de 2008, parle en sa faveur. S’en suivront deux autres excellents films¸ Le Dossier Mona Lisa et Mon fils. Ce ne sont sûrement pas ces 107 minutes qui me feront changer d’opinion à son propos. Azar Nafisi, professeure à l’université de Téhéran, réunit secrètement sept de ses étudiantes pour lire des classiques de la littérature occidentale interdits par le régime. Alors que les fondamentalistes sont au pouvoir, ces femmes se retrouvent, retirent leur voile et discutent de leurs espoirs, de leurs amours et de leur place dans une société de plus en plus oppressive. Pour elles, lire Lolita à Téhéran, c’est célébrer le pouvoir libérateur de la littérature. Un hymne à la puissance libératrice et salvatrice de la littérature et de l’art en général.
A chacun de ses films, Eran Riklis mêle les histoires intimes et l’Histoire universelle. Dans La Fiancée Syrienne, une épouse coincée entre deux postes-frontières, Les Citronniers, une veuve à la frontière entre Israël et la Cisjordanie, ou un jeune palestinien s’interrogeant sur sa propre identité dans Mon Fils. Dans Lire Lolita à Téhéran, ce sont des portraits de femmes, confrontées à la République Islamique. Il s’agit ici, de l’adaptation de l’autobiographie d’Azar Nafisi, qui nous parle des débuts de la révolution islamique à partir de 1979. Une époque rarement traitée dans toute cette série de films sur l’Iran des Mollahs. Le tournage s’est déroulé en Italie parce que c’est dans ce pays qu’a été produit où il a fallu reconstituer le Téhéran des années 80-90, quand le Shah a été chassé, une partie de la diaspora a regagné ses terres en rêvant de jour meilleurs. Hélas c’était pour tomber sous la chape de Khomeiny et sa clique. Entre courage, désespoir et survie, on suit celles qui choisissent comme une évidence la résistance à travers l'art et la littérature. Certes, on n’atteint pas les sommets des Graines du figuier sauvage ou même de Mon gâteau préféré, plus d’actualités, mais ce cinéaste israélien continue à nous offrir des films importants qui valent le coup d’être vus.
Le casting a duré 18 mois à travers le monde : Paris, Londres, New York, Los Angeles, Berlin, Oslo et Rotterdam, pour aller à la rencontre des acteurs qui y vivent. Golshifteh Farahani, d’une intensité bouleversante réussit encore une fois une performance inouïe. Quelle immense actrice ! Elle est entourée par Zar Amir Ebrahimi, Mina Kavani, Bahar Beihagui, Raha Rabahri et bien d’autres, dans ce drame iranien qui devient vite universel. On comprend pourquoi la brutalité du pouvoir islamique ne parviendra jamais à étouffer la force de la littérature et le poids de ses mots. Le mot est liberté. (Z. Valdès)
Nathbar
Nathbar

67 abonnés 92 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 avril 2025
Un film qui retrace le basculement idéologique de l'Iran depuis les années 80 en mettant l'accent sur le changement radical du mode de vie de la population et essentiellement des femmes. Apres quoi on ne peut que comparer, realiser et se réjouir de notre extraordinaire chance de liberté au sein de pays occidentaux..
Jeanlucchichery
Jeanlucchichery

30 abonnés 119 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 avril 2025
L’Iran des mollahs avec leurs déviances vis à vis des femmes, des intellectuels. Quelle tristesse de voir les iraniens réduits à ce triste sort. Mais la littérature les aide à se sortir de ce morne quotidien au travers de réunions de lecture.-Quand littératureespoir rime avec espoir et évasion.Quelques lourdeurs mais globalement un film intéressant .
Fathy D
Fathy D

15 abonnés 120 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 avril 2025
cette fois encore, c'est l'oppression, la brutalité du gouvernement, la régression de tout un peuple qui a connu la liberté. Le Peuple va se rebeller, et notamment une professeure de Littérature va tenter de continuer d'enseigner...
ce film est bouleversant.
lericou34
lericou34

5 abonnés 57 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2025
Un bien beau film d’une tristesse profonde mais amenée avec soin et documentée. Il pourrait aider à expliquer à celles qui revendiquent de porter le voile en France pourquoi nous sommes prudents sans remettre en question les convictions de chacun. Plus qu’un film, un pan d’histoire et un chapitre ouvert sur un sujet d’actualité.
PSG
PSG

27 abonnés 74 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 avril 2025
Depuis 46 ans, on ne peut pas dire que l’on ne sait pas. Un pays cultivé et civilisé peut régresser pour retomber au moyen-age sous l’influence durable d’extrémistes religieux. Les femmes en sont victimes mais sont aussi les bourreaux de leur sœurs. Les hommes sont présentés soit comme des brutes sans discernement soit comme des rêveurs résignés. Constat pessimiste : la seule option est l’exil. A méditer dans notre doux cocon Européen car nous voulons rester libres.
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 avril 2025
Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes :
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Lire un livre à Téhéran, vraiment ? Oui, parce que dans Lire Lolita à Téhéran, chaque page tourne avec l’énergie d’un coup de poing, même si le film ne crie jamais. Eran Riklis a choisi de ne pas nous hurler à l’oreille, il nous parle dans un chuchotement. Et c’est là toute sa force : il ne nous montre pas la répression comme une scène de guerre, mais comme une étouffante réalité quotidienne. Le film se glisse en nous, lentement, mais sûrement. Vous en ressortez avec cette petite brûlure qui refuse de partir.

Le cadre ? Un Iran post-révolutionnaire où la moindre pensée dissidente peut coûter cher. Mais il y a plus : ces femmes qui se réunissent en secret pour lire des livres "interdits", et pas n'importe quels livres. Nabokov, Fitzgerald... Rien que ça. C’est comme un coup de vent glacé qui vous fait frissonner sans bruit. Ce n'est pas un film qui en rajoute. Non, c’est un film qui laisse de la place à chaque regard, à chaque livre que l’on tourne discrètement, comme si c'était un acte de bravoure.

Les actrices. Elles sont là, présentes, mais presque absentes, comme si elles étaient en train de se fondre dans la noirceur de la pièce, de leur propre souffrance. C’est l’un de ces films où l’expression d’un regard, le petit tremblement de la main, peuvent raconter plus que mille mots. Il y a une pudeur dans leurs gestes, une tension qui n’est jamais bruyante. Vous n’avez pas besoin de grandes scènes de crise pour comprendre l’enjeu : juste une tasse de thé, un livre, et des gestes furtifs.

Mais ce n’est pas parce que le film chuchote qu’il est mou. Non, loin de là. Chaque scène vous gifle, mais en silence. La répression ne s’illustre pas par des coups violents, mais par la retenue, par ce que l’on ne dit pas. Et là, il faut le dire : la mise en scène de Riklis n’a rien d’extravagant, mais elle sait où elle va. Pas de grands effets de caméra, pas de mouvements frénétiques, juste une caméra posée, presque calme. Le danger se trouve ailleurs. C’est ce silence, ce vide entre les personnages qui, dans leur repli, deviennent tellement plus parlants.

Oui, c’est un film classique dans sa forme. Très, peut-être trop, calme pour certains. Peut-être. Mais franchement, fallait-il vraiment plus de fureur ? Quand l’invisible est aussi assourdissant, pourquoi surcharger l'image ? Une scène où une femme cache un livre sous son manteau, un autre moment où l’on échange un regard furtif : voilà, c’est ça la rébellion ici. Une rébellion sans éclat, mais infiniment forte.

Si je devais résumer, ce film c’est un peu comme un mot que vous pouvez à peine dire, mais qui pèse lourd. C’est la liberté sur un plateau d’argent, cachée sous un voile d’ombre. C’est subtil. Et, si vous êtes un minimum sensible à ce genre de révolte silencieuse, vous en sortirez avec ce frisson. Vous ne saurez pas exactement pourquoi, mais vous l’aurez.
Dakota
Dakota

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 avril 2025
Beaucoup de bruit pour pas grand chose.
C'est plat, convenu, sans émotion
Côté histoire, la gauche iranien a mis au pouvoir les mollahs, c'est pourquoi beaucoup de gens qui étaient en exile et de la gauche, naïvement sont retournés en Iran après la révolution, et d'ailleurs encore aujourd'hui ils persistent et historique se perpétue en France
Benoit C.
Benoit C.

4 abonnés 52 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mars 2025
Récit poignant, sur ça aucun souci. Mais la longueur du film ainsi que le manque de rythme affaibli un peu le film. Il manque ce quelque chose en plus pour en faire un grand film...
Hélène S.
Hélène S.

9 abonnés 146 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 août 2025
J'ai trouvé le film bien décevant, il ne tient pas sa promesse en tout cas de montrer le "pouvoir libérateur de la littérature" alors peut-être est-ce ça finalement le propos (ce n'était pas présenté comme ça pourtant mais ça semble plus pertinent : de montrer à quel point on ne peut pas lutter contre un régime politique si violent et tyrannique et encore moins, au moyen si dérisoire de la littérature. C'est ce que je retiens du film, l'impossibilité quasiment de résister à un pouvoir prêt à tout. C'est là que le film est intéressant avec le dilemme moral qu'il soulève pour les femmes iraniennes : faut-il partir pour sauver sa peau ou essayer de lutter coûte que coûte au péril de sa vie alors que l'espoir de réussir à changer les choses est si faible ? Le film est intéressant pour ça, dans la peinture de ce qu'est un régime autocratique, de la situation en Iran, passée et malheureusement présente également avec un retour en force d'une répression énorme. Il est déchirant de voir quand on est une femme à quel point notre liberté peut être si facilement remise en cause et contrôlée, j'ai été profondément émue à la fin en pensant à la situation actuelle pour les femmes en Iran, en Afghanistan.. ce que dépeint le film n'est pas quelque chose de situé dans le passé dans le sens où ce contrôle tyrannique des femmes s'exerce encore actuellement dans le monde et peut si facilement survenir. Je n'ai donc pas du tout trouvé le film lumineux mais réaliste de ce côté-là. Je mets 3 étoiles car je trouve qu'il est à voir pour ces raisons-là, autrement pas mal de points négatifs (un récit qui ne se déroule pas dans l'ordre chronologique et qui nous perd totalement sans que cette organisation ait un quelconque intérêt, une focalisation sur cette professeure de littérature un peu en forme d'"egotrip" dont l'héroïsme et la résistance est soulignée, il est vrai que l'organisation de clubs de lecture clandestins autour de textes jugés aussi sulfureux constitue une prise de risque considérable mais l'intérêt de ce club de lecture n'est pas bien démontré dans le film et semble vraiment dérisoire face à des actes héroïques de certaines femmes qui font preuve de résistance au grand jour et finissent torturées pour cela.. le traitement est trop superficiel pour qu'on puisse réellement mesurer le courage d'Azar Nafisi et le sens de son combat qui ici est vraiment plat.. j'ai trouvé le traitement fade et que ce soit la puissance de la littérature, la sororité entre les femmes, leur courage, que tout ça n'était pas bien montré et l'histoire pas bien racontée.
Baatoou
Baatoou

10 abonnés 135 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mai 2025
Bon film, qui fait malgré tout pale figure après 'Les graines du figuier sauvage' à mon goût mais qui présente un aspect tout de même très intéressant du régime iranien, à savoir le retour des exilés suite à la chute de l'ancien régime, et malheureusement la confrontation avec la réalité conservatrice et oppressive du nouveau pouvoir en place. J'ai beaucoup apprécié le début du film et la confrontation des 2 visions de la société au travers de l'université, la suite était plus plate et le rythme trop lent pour garder cette énergie du combat mené
Renukadasi
Renukadasi

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 mars 2025
Un film magnifique, bouleversant pour ceux qui sont sensibles à la condition féminine.
Le sujet est traité à travers l'amour de la littérature avec finesse et delicatesse. Ces rencontres entre femmes résistantes, les questions abordées montrent leurs questionnements et eur fragilité touchante. Le drame, les violences vécus par les femmes iraniennes sont toujours d'actualité. En ces temps où Machiavel semble être l'inspiration des dirigeants de ce monde, ce film peut être une alerte sur le basculement soudain et inimaginable d'une société libre en un enfer tyrannique. J'irai le revoir.
LaureS
LaureS

20 abonnés 149 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mars 2025
Un très beau film de sororité, qui pourrait parfaitement se passer de nos jours
J'ai beaucoup apprécié de centrer le film presque uniquement sur les femmes
La littérature y occupe bien sûr une place prédominante, comme outil d'émancipation mais aussi comme séquençage du film et de sa chronologie
C'est un film dur mais aussi très émouvant
Il faut absolument rester pour le générique de fin, qui inscrit explicitement ce film dans le combat "Femme, Vie, Liberté"
Mac Murphy
Mac Murphy

9 abonnés 272 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 novembre 2025
Un film poignant sur les ravages de l'obscurantisme et de la résistance par la culture qui doit notamment à la fabuleuse et solaire Golshifteh Farahani.
Dommage que la réalisation soit plutôt quelconque. Tout était réuni pour un chef d'oeuvre mais cela reste un film à voir.
DJ Bl@ckB@ss
DJ Bl@ckB@ss

7 abonnés 17 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 juillet 2025
Encore un coup d'épée dans l'eau.
Si ces films traitant de la situation iranienne pour le moins catastrophique - qu'ils soient réalisés par des natifs ou d'autres, qu'ils soient primés par les plus grands festivals du monde ou qu'ils soient systématiquement encensés par la gentille critique occidentale - pouvaient réellement servir à lutter efficacement contre la dictature barbare des ayatollahs, cela se verrait... Or, cette situation est toujours la même depuis près de 50 ans dans ce pays que d'aucuns disent "évolué", qui, de toute son histoire, n'a jamais connu, ne serait-ce qu'un instant, ce qui pourrait s'apparenter de près ou de loin à de la démocratie, et dont le rêve principal consiste en la pulvérisation par l'atome de l'Etat d'Israël (un pays démocratique, pour sa part)...
Tout cela est vraiment trop mollasson pour combattre ces satanés mollahs.
J'ajouterai que le point faible de la très grande majorité de ces projets est qu'ils ne s'adressent généralement pas aux premiers intéressés - les Iraniens eux-mêmes - mais à des occidentaux qui, je me demande toujours pourquoi, parviennent à s'identifier à ces personnages dans ce contexte qui peut nous rappeler les sombres heures de l'inquisition, il y a des siècles de cela...
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