Film italien, tourné en Italie par un réalisateur arabo-israélien et une Directrice de la photographie française, interprété en farsi et en anglais par des comédiennes iraniennes exilées un peu partout dans le monde, "Lire Lolita à Téhéran" est l'adaptation cinématographique d'un livre au titre identique, un livre très autobiographique de Azar Nafisi. Dans le film, c'est Golshifteh Farahani qui interprète le rôle de l'écrivaine qu'on voit revenir en 1979 en Iran, pleine d'espoir à la suite de la chute du Shah. Le film est présenté sous forme de 4 chapitres, chacun de ces chapitres étant le titre d'un des romans anglo saxons (Gatsby le magnifique, Lolita, etc. ) que Azar, devenue professeure dans le département anglais à l'Université de Téhéran, cherche à faire connaitre à ses étudiants et, plus encore, à ses étudiantes, les considérant comme particulièrement émancipateurs. Le problème, c'est que des étudiants islamistes les considèrent eux comme étant sulfureux et contraires aux "valeurs" de l'Islam. Ce film raconte donc un combat mené par des femmes dès le début du régime des Mollahs, un combat qui, 40 ans plus tard, a repris de la force avec le mouvement Femme, vie, liberté. Si le fond du film est donc particulièrement fort, si l'image réalisée par Hélène Louvart est magnifique, si les comédiennes sont toutes très poignantes dans leur jeu, si on apprécie la sororité qui les lie, on ne peut s'empêcher de regretter que le réalisateur arabo-israélien Eran Riklis se montre beaucoup moins convaincant dans sa mise en scène et son montage par rapport à des films précédents qu'on avait particulièrement appréciés : "Mon fils", "La fiancée syrienne" et, surtout, "Les citronniers".