Un récit sensible et engagé mais trop sage et manquant d’intensité qui évoque la condition des femmes dans l’Iran des Mollah et le pouvoir émancipateur de la littérature, porté par la lumineuse Golshifteh Farahani.
C’est l’adaptation du roman autobiographique d’Afar Nafisi. Elle et son mari rejoignent l’Iran en 1979, pour rejoindre leur pays en pleine révolution. Elle est professeure en littérature anglophone. Alors qu’une censure littéraire prend effet, que le voile est imposé, que des repressions font jour, Afar décide de faire une classe clandestine de littérature rien que pour des femmes, afin de discuter de livres interdits en groupe. Trois parties pour ce film, pour trois époques différentes, qui chacun pour titre un de ces romans interdits, dont le Lolita du titre (Gatsby le magnifique et Orgueils et préjugés). On suit donc l’évolution politique de ce pays à travers les yeux de la prodigieuse Golshifteh Farahani, qui joue le rôle principal, et ceux de son groupe féminin. Un acte de résistance.
Lire Lolita à Téhéran réussi à traiter son sujet, soit la liberté d'expression, la place des femmes dans la société, la liberté d'exercer ou non sa foi, en lien direct avec le changement de régime en Iran. Le retour dans ce Téhéran des années 1980 et 1990 est plutôt réussi et les actrices principales font pleinement passer les émotions. La première partie du film est percutante, l'arrivée en Iran pose rapidement le nouveau cadre qui se met en place au sein de la nouvelle république islamique : spoiler: les fouilles à l'aéroport sont plus poussées, toutes les femmes ne sont pas encore voilées, de nombreux livres ne sont pas encore censurés. Les débats s'installent entre les étudiants sur le contenu des oeuvres enseignées par Azar Nafisi (Golshifteh Farahani). Puis, au fil des parties, on voit s'imposer les nouvelles mesures du regime et ses impacts, essentiellement sur les femmes. spoiler: C'est dans ces dernières parties que le film s'essoufle, comme les personnages qui ne résistent plus face au pouvoir en place .
Le film parvient à faire ressentir la force libératrice de la littérature et la violence du contexte politique. Mais sa mise en scène, souvent trop sage et illustrative, limite son impact, laissant une œuvre sincère et importante, davantage portée par son propos que par sa forme.
Quelques petites longueurs par moment, mais sinon une réalisation qui montre bien la nature épouvantable du régime islamiste en iran, et en particulier le sort peu enviable des femmes. Les acteurs sont impeccables, et si on peut regretter peut être une mise en scène parfois un peu trop lisse, le film reste toujours intéressant jusqu’à la fin. A voir
Film utile qui parle de l’oppression des femmes en Iran. C’est une ôde à la liberté et la culture. Il y a peu d’intrigue et le film est assez passif, mais l’action n’est pas ce qu’on vient chercher ici. Ce film permet de se rappeler la chance qu’on a de pouvoir tout voir, lire, discuter. Je recommande.
Beau film chargé d'humanité, tout en étant un témoignage historique sur ce que les femmes ont vécu en Iran durant les 20 premières années des ayatollahs. Golshifteh Farahani est particulièrement touchante, et on ressent un mélange de compassion et de révolte en voyant ce qu'elles ont subit là-bas, et surtout en pensant à ce qui s'y passe aujourd'hui. Il manque juste une petite étincelle, un soupçon de rythme pour que le film fasse totalement mouche.
7/10 des femmes écrasées par la révolution iranienne, respirent en lisant ensemble des livres interdits. Une scène est particulièrement magnifique, golshifteh voilée, assise sur un banc, revoit l'effervescence de la rue avant la revolution
Ce drame qui brasse plusieurs décennies de l’histoire iranienne au travers le portrait d’une professeure de littérature bravant l’interdit d’étudier la littérature occidentale avec ses étudiants d’université. Cette ode à la puissance libératrice des mots face au joug de la censure et de l’oppression est parfois un peu surannée dans sa réalisation et surtout surécrit dans ses dialogues mais pour autant son propos n’en demeure pas moins pertinent et salvateur. Porté par la grâce de l’actrice iranienne Golshifteh Farahani bien entourée par des seconds rôles féminins qui auraient parfois méritées un traitement plus approfondies. Un long-métrage saisissant dont l’importance et le poids des mots lui fait perdre paradoxalement quelque peu en puissance émotionnelle et narrative.
Un film poignant sur les ravages de l'obscurantisme et de la résistance par la culture qui doit notamment à la fabuleuse et solaire Golshifteh Farahani. Dommage que la réalisation soit plutôt quelconque. Tout était réuni pour un chef d'oeuvre mais cela reste un film à voir.
Récit autobiographique d’une professeure iranienne de littérature qui s’interdit de dispenser des cours à l’Université de la République Islamique en étant voilée. Le combat est permanent pour lutter contre l’obscurantisme des mollahs. 4 livres célèbres de la littérature (occidentale et russe) illustreront des thèmes sociétaux forts pour les prises de conscience : GATSBY le magnifique (libération des mœurs), LOLITA (inceste), Daisy MILLER (candeur, innocence) et PRIDE and PREJUDICE (mariages arrangés british). Et habilement, chaque livre permettra de développer les réflexions parallèles avec la société iranienne. La théocratie chiite autoritaire est dénoncée à chaque minute de ce film brûlot, sans démonstration spectaculaire mais à pas mesurés et contenus ! Admirable de finesse...
L'histoire d'une femme qui revient en Iran à la chute du Shah pensant y trouver la liberté. On retrouve dans ce film la force du film Persepolis mais avec une gravité extrême. Comme dans Persepolis, le film découpe au scalpel ce qu'est un Etat totalitaire, comment il se met en place et les effets produits sur le citoyen de base. On en est évidemment horrifié et on reste interdit par ceux qui veulent instaurer une telle vision arriérée de la société à l'échelle mondiale. Un film qui fait réfléchir, qui est oppressant, où on craint que le moindre tracas ne se transforme pas en tragédie pour l'héroïne. Un film rare qui dément le discours sur cette idéologie totalitaire.