La Condition
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Jipéhel
Jipéhel

103 abonnés 652 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 décembre 2025
Le notaire et ses femmes

Le cinéma de Jérôme Bonnell mérite plus que la considération polie qu’on lui attribue généralement. Depuis le chignon d’Olga en 2001, je ne lui connais pas d’échecs ? Loin de là. Personnellement, des films comme Le yeux clairs ou A trois on y va, sont excellents. Et ce ne sont sûrement pas ces nouvelles 103 minutes qui me feront changer d’avis. C’est l’histoire de Céleste, jeune bonne employée chez Victoire et André, en 1908. C’est l’histoire de Victoire, de l’épouse modèle qu’elle ne sait pas être. Deux femmes que tout sépare mais qui vivent sous le même toit, défiant les conventions et les non-dits. Un quatuor d’acteur et d’actrices dans un huis clos oppressant qui dresse un portrait au vitriol de la bourgeoisie de province au début du XXème siècle. Formidable !
Cette adaptation du roman Amours de Léonore de Récondo – que j’avoue ignorer totalement -, réussit à joliment revisiter une vision féministe qui pervertit avec force et subtilité le classicisme inhérent à son sujet de départ. Virtuosité de la mise en scène, beauté de décors et des costumes, dialogues au vitriol, progression dramatique impeccable et un triangle amoureux pas comme les autres. Car chaque personnage est plus complexe qu’il pourraît apparaître au premier abord. Leur évolution surprend et nous emmène sur des chemins inattendus. La configuration narrative renforce la tension entre les classes sociales de l'époque, symbolisée par l'architecture même des demeures bourgeoises : le personnel en bas, les bourgeois au milieu, et les chambres de bonnes tout en haut. Paradoxalement, le contexte historique du film devient ainsi un miroir révélateur de notre société contemporaine.
Swann Arlaud à son sommet. Galatea Bellugi, - décidément très demandée est épatante, Louise Chevillotte, dans le grand rôle qu’elle mérite depuis longtemps et Emmanuelle Devos, irrésistible dans un rôle atypique, forment donc ce quatuor évoqué plus haut. Et c’est un pur régal. Si la logique est respectée, il y a là une mine à César. Il ya ici une manière rare de filmer les non-dits et l’ignorance. Une fresque sociale incommode et étouffante. Un film à voir sans attendre. Vous me remercierez après.
Chris Marou
Chris Marou

9 abonnés 200 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 décembre 2025
Pas facile d être une femme au début du 20eme siè tout compte fait entre une mère qui a pris plusieurs amants et ces
deux femmes sous l emprise volent de cet homme se sont émancipées . bien joués .
Salle très obscure
Salle très obscure

11 abonnés 77 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 décembre 2025
Atmosphère pesante, un film très bien construit.
La fuite de ces deux femmes est prenante.
Petit bémol pour Devos qui n'est pas très crédible.
missfanfan
missfanfan

112 abonnés 891 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 décembre 2025
Swan Arlaud est toujours parfait quelques soit son rôle dans ces années là ce n'était pas drôle et les femmes s'ennuyais beaucoup ,au final ce film montre une fin surprenante et les acteurs sont bon
Isabelle K.
Isabelle K.

5 abonnés 93 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 février 2026
La Condition, comédie dramatique, historique, de Jérôme Bonnell (1h43)

Un film adapté d’un livre de Léonor de Récondo (« Amours » aux éditions S. Weispiser, 2015), c’est déjà un gage. Léonor de Récondo écrit, crie même, l’émancipation des femmes. Que ce soit en tant que romancière (ici) ou comme écrivaine de l’intime en récit, en subtile élégance. Ses textes portent une influence aussi discrète que durable. Son ouïe supérieure de violoniste l’aide sans doute à écrire juste et sensible. Un livre plusieurs fois récompensé (grand prix RTL, prix des libraires) rajoute de l’assurance même s’il posait un défi au réalisateur : donner envie de suivre une chronique de la société bourgeoise du 19ème siècle, aujourd’hui. Réussi. Une vague atmosphère chabrolienne, nimbée d’une brume turnérienne, pour cette histoire qui résonne moderne. Car les préoccupations d’hier demeurent, semblables. Autant de bonnes raisons d’aller voir « La Condition » de Jérôme Bonnell.

Les préoccupations d’hier et d’aujourd’hui ? l’enfermement, la domination sociale, devenir mère, le viol conjugal, l’adultère, le secret qui ronge et l’emprise familiale, le mensonge, le poids de la religion et tout ce qui limite.

Un film lent, qui prend le temps d’installer faits et gens et dont l’issue, redoutable et géniale, n’est à aucun moment perceptible. Comme un secret qui met des générations avant de se libérer. C’est d’ailleurs ce silence diffus que filme le réalisateur.

La condition, c’est un silence suffocant qui confine sur une dorsale épineuse. Un vertige et un malaise en huis-clos qui cloîtrent d’effroi.

Les acteurs bouleversent. Dans la famille aristocrate, Emmanuelle Devos, la mère, muette et alitée, inquiète étrangement. Swan Arlaud, le fils et mari, divise et terrifie, passant d’une humeur à l’autre, d’une décision à son contraire, de la colère au chagrin. Un homme tourmenté et écartelé, qui ne parvient pas à se situer. Ce grand acteur qu’est Arlaud explique « L’enjeu était d’arriver à l’humaniser sans le défendre ». L’épouse, Louise Chevillotte, quoique empêchée, conditionne. Se méfier de ses allures et sourires conformes. Conformiste ? en apparence. Face à elle, la petite bonne humiliée et manipulée : Galatea Bellugi. Se méfier des petites bonnes dociles aux yeux céruléens, aux joues couleur de rose et aux larmes de circonstance. D’autres personnages gravitent, chacun d’entre eux apportant un éclat indispensable à cette oppressante comédie humaine, aux codes si contemporains.

Rien de superflu dans ce film délicat et puissant, comme l’écriture de Récondo. Rien de surjoué ni d’affecté. Nulle morale. Ni gentils ni mauvais. De la complexité, des corsets et des non-dits. Autant que faire se peut.

Une chronique intimiste, filmée tout en pénombre, où chaque personnage évolue avec finesse, jusqu’au dénouement, libérateur et séditieux.
Ça tourne
Ça tourne

45 abonnés 57 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 décembre 2025
Le thème du film aurait tout pour être intéressant mais le tout reste quand-même assez plat... Le film souffre d'un grand manque d'initiatives esthétiques et de prises de risque cinématographiques. On nous raconte une histoire, ma foi, assez intéressante mais rien de plus. "La Condition" se fait également porteur d'un regard assez contemporain qui frise parfois l'anachronisme et qui ne possède donc pas toujours une grande pertinence. Notons tout de même la belle performance de Galatea Bellugi et celle honorable de Swann Arlaud.
Domvill
Domvill

37 abonnés 245 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 décembre 2025
uand même assez décevant...si la première partie est intéressante avec ce triangle de protagonistes complexes et tortures,
pris dans la société puritaine qui avait du mal à appréhender le sexe, entre les carcans du mariage et les tentations d'une main d'oeuvre corveable a merci, est spoiler:
intéressante, elle aurait justifie un traitement plus subtil et plus en profondeur.
au lieu de cela on a toujours les thèmes et les manières de vivre de notre société contemporaine qui s incrustent dans une narration qui est incapable de se remettre en question et de se repositionner dans l atmosphere du passe.
Quant au dénouement il est aussi incongru qu'irrealiste....
illusionperdue
illusionperdue

3 abonnés 222 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 décembre 2025
C'est un huit clos historique et symbolique sur les préoccupations bouillonnantes de notre époque, et de comment se cloisonne et se conditionne le rôle et la place des hommes et des femmes au sein de la société, et du foyer. Entre les mensonges, les secrets, les apparences, tout prend la forme de blessure, d'emprise qui se structure, dans des jeux de suggestion, de soumission, d'arrangement, d'aveuglement, destin du déclin des puissants.

C'est dans le hors champ que se noue une proximité, un sentiment refoulé, méprisé qui conduit pourtant à la beauté, expression de la sensibilité, de la maternité, un nouvel élan pour un nouveau-né, brisant les schémas de répétition. C'est une révolution silencieuse, consciencieuse, un récit intemporel sur l'émancipation, et la libération.

D'un autre côté, le film peut paraître un peu froid et austère, avec quelques longueurs, et des invraisemblances, parsemé de tout les clichés devenus acquis, ou l'homme n'est qu'un oppresseur et un dominateur, vicieux et coléreux, représentant tout les abus du pouvoir, et les injustices d'une époque, par opposition à la femme, victimisée, tourmentée, abusée, tout en etant que douceur, candeur et pudeur, bien que l'œuvre cherche la nuance, ou chacun est le prisonnier des conventions, et de leur propre condition.

L'on retiendra néanmoins, que si le roman est à sens unique à l'égard des femmes, le réalisateur tente de revitaliser un peu cette figure masculine, pour lui offrir quelques circonstances atténuantes, en faisant de lui une tragédie œdipienne, fragile et frustré, et dont le rôle de la mère, n'existe à l'origine pas dans le roman, tout comme l'aspect religieux est pratiquement évincé.
Melie
Melie

13 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 décembre 2025
On va mettre une étoile pour l'effort...
De la gênance...ce qui m'a rappelé pourquoi j'étais allergique à beaucoup de films français.
Beaucoup de silence, de scène qui s'éternise....la plupart du temps on entend que les bruits de déglutitions, de la mouche qui vole dans la pièce (oui, oui il y en a bien une dans le film) et j'en passe... Dommage, cela gâche tout au scénario.
Grosse perte de temps pour ma part.
Film digne de passer directement sur France 2 un dimanche soir.
Frédéric Vergnaud-Pacaud
Frédéric Vergnaud-Pacaud

2 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 décembre 2025
La Condition frappe sec : un film âpre, sans concession, qui dissèque la domination sociale comme une mécanique implacable.
Lilicot
Lilicot

11 abonnés 273 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 décembre 2025
Fin du XIX ème siècle, en milieu bourgeois de province, la place peu enviable des femmes devant subir "les assauts" du mari qui se satisfait aussi auprès des domestiques.
Focus sur la domination masculine et de classe.
La grossesse de la domestique fait l'objet d'une condition qui ne pourra être tenue.
Film qui nous interroge encore malgré certaines évolutions.
D'excellents acteurs.
pluriel
pluriel

32 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 décembre 2025
on apprend beaucoup sur la condition des femmes il y a à peine 100 ans.
l épouse, la bonne, la mère toutes sont victimes de ce patriarcat.
l atmosphère de non dits de l époque est extrêmement bien restituée.
les acteurs sont excellents.
aucun personnage n est totalement bon ou totalement mauvais. l ambiance etouffante de cette bourgeoisie coincée dans ces conventions et ces non dits et le climat de l époque sont très bien restitué.
rvrichou
rvrichou

122 abonnés 594 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 décembre 2025
Film avec des costumes et un décor d époque pour notre grand plaisir. Pas de portable, ni ordi ni SMS mais des chevaux, une maison de maître et des bougies. Mentalités aussi d une époque révolue. La réalisation est parfaitement maîtrisée. Les personnages très bien interprétés. Bon scénario bien que je ne connaisse pas le roman. Quant au titre ”la condition” il est riche de double sens comme bien des gestes et des répliques.
remyll
remyll

267 abonnés 592 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 décembre 2025
Entre amours ancillaires inavouables et relations particulières inavouées, on s’ennuie assez ferme faute de bons dialogues. Heureusement la qualité des décors est belle, et la photographie est assez exceptionnelle : plusieurs scènes rappelant furieusement certains tableaux de Georges de La Tour.
PLR
PLR

564 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 décembre 2025
Le spectateur d’aujourd’hui portera son regard sur cette société bourgeoise (des notables) du tout début du vingtième siècle qui a somme toute beaucoup évolué depuis. L’évolution des mœurs d’abord. Et aussi une certaine organisation sociale où chacun et chacune, surtout ici, avait sa place et pas une autre. C’est ce qu’évoque le titre « La condition ». Ambiance sociale d’époque.
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