La Condition
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tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juin 2026
Prendre son destin en main
Début du siècle, dans une famille bourgeoise Victoire, mariée à André, subit le devoir conjugal afin d'engendrer un héritier mais cherche à se dérober chaque fois qu'elle le peut. Son mari quant à lui profitant de sa position, contraint leur jeune bonne à des relations non consenties jusqu'au jour où celle-ci se rend compte qu'elle est enceinte. Il est malheureusement trop tard pour faire passer l'enfant comme le propose Victoire. De fait, c'est un autre arrangement qu'elle soumet à Céleste et André tout en posant une condition à ce dernier...
Un film délicat sur la condition féminine qui nous montre à quel point celle-ci est corsetée et contrainte quel que soit le milieu dans lequel on évolue en ce début de siècle même si bien sûr la condition de Céleste apparaît comme bien plus précaire.
L'alliance des 2 femmes autour l'enfant pour se soustraire à la destinée que le patriarcat leur a assigné est inattendue et amène du suspense à l'intrigue. (Mention spéciale aux 2 jeunes comédiennes qui interprètent les 2 jeunes femmes avec subtilité et sobriété.)
Le rôle de la mère d'André tenue par Emmanuelle Devos, inattendue dans ce rôle de femme âgée et muette, est également intéressant car il met en évidence la non acceptation par le fils de la liberté sexuelle que s'est octroyé sa mère alors qu'elle lui semble complètement légitime en ce qui le concerne.
Des individus donc enfermés dans des carcans sociaux qui briment les femmes et les brisent en ne les considérant que comme objet du plaisir masculin et qui les empêchent d'aimer et d'agir selon leur choix encore plus dans le milieu assujetti de Céleste ou le manque d'argent empêche toute liberté d'action. Une réflexion autour du consentement féminin donc qui résonne à l'ère me too mais questionne également sur le sort des hommes de cette époque. En effet si les femmes sont clairement les seules victimes de ce système patriarcal qui légitime et absout les agissements néfastes des hommes envers elles, ces derniers à l'image d'André semblent tout aussi empêchés sur le chemin du bonheur.
AlphaWolf
AlphaWolf

91 abonnés 889 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 mai 2026
Ce huis-clos démarre sous de bons auspices, mais opère un virage malhabile à mi-chemin vers une amourette improbable, thème récurrent chez Jérôme Bonnel. L'académisme de la mise en scène n'aide pas à emporter l'adhésion.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 mai 2026
Un film qui écorne le milieu de la bourgeoisie du début du 20ème siècle. C’est un huis-clos qui confine à l’épure manque un brin d’émotion qu’il compose par une réalisation élégante au ton feutré dont le récit questionne la condition féminine, ce faisant comme un écho à notre société contemporaine.
Gagou
Gagou

23 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mai 2026
Oh la la vous êtes nombreux à avoir résumé ce film ! On attend votre avis, pas un synopsis ! :(
"La Condition" est un film intimiste qui traite avec brio de la violence conjugale, du consentement et du viol !
Ce drame se joue quasiment à huit clos avec un casting très réussi.
Le titre aurait pu s'intituler : LE CONSENTEMENT
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 868 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 mai 2026
Première incursion de Jérôme Bonnell au sein du film d’époque et premier vrai faux pas de sa filmographie après tous ses sympathiques autres films, des chroniques entre comédies, drames et films romantiques (ou les trois à la fois). Pas que « La Condition » soit totalement raté mais il faut avouer que cette adaptation d’un roman de 2015 souffre d’un traitement formel bien trop académique et poussiéreux. En effet, visuellement c’est très austère, sentiment renforcé par un presque huis-clos pas toujours bien filmé ni éclairé. Rarement le cinéma français nous propose des œuvres aussi classiques (dans le mauvais sens du terme) à regarder. Si le film était sorti dans les années 80 comme « Madame Bovary » on aurait pu pardonner ce type de mise en scène poussiéreuse mais en 2025, c’est tout de même moins aisé à ignorer.

Heureusement, la seconde partie du long-métrage est (un peu) plus aimable que la première, très longue à démarrer. Durant une bonne demi-heure, il est difficile de déceler de quoi il en retourne et quels vont être les sujets proposés par « La Condition ». On a l’impression d’assister à un « film musée » qui reconstitue la vie des bourgeois et de leurs domestiques au début du siècle dernier (l’intrigue se déroule en 1908). En plus, il y a un côté très (trop?) théâtral dans le jeu des acteurs et les dialogues sonnent parfois faux ce qui déteint également sur certaines situations. On a le sentiment d’un film lent dont les enjeux ne sont pas clairement dépeints. Petit à petit, tout se met en place et cela s’améliore mais il aura fallu supporter une petite moitié de long-métrage assez pénible, molle et peu aimable.

C’est très étonnant qu’un tel sujet subisse un traitement aussi désuet puisque le propos est finalement assez moderne. En effet, il est question ici du droit de disposer de son corps pour une femme, de sororité et de patriarcat associé à la masculinité toxique. Bref, que des sujets finalement très contemporains que l’on pourrait mettre en perspective avec le mouvement MeToo actuel. Alors oui, depuis une petite décennie, on mange de ce type de sujets à toutes les sauces mais adapté en 1908, ça a une tout autre saveur. Et c’est là que le film est intéressant même si les personnages ne parlent pas beaucoup et que tout cela manque clairement de punch. « La Condition » est donc une déception de la part de son auteur et sa forme n’est aucunement adaptée à son fond (pourtant de qualité) mais la seconde partie rattrape quelque peu la mise et évite le raté total.

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Christophe Legrand
Christophe Legrand

1 abonné 14 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 9 mai 2026
un film académique qu'on vous présente comme une vielle soupière. Tout est lent, figé, vieillot, dépassé dans cette histoire. Swann Arlaud est fade et ennuyeux comme une porte de prison et les autres comédiens font de la peine..
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 avril 2026
Au début du 20ème siècle, André est un notable, frustré sexuellement et sentimentalement de devoir faire chambre à part avec son épouse. Il jette son dévolu sur la jeune bonne, qui finit par tomber enceinte. Un accord est proposé par sa femme...
"La Condition" affiche un titre simple mais astucieux. Renvoyant évidemment à l'accord en question, mais surtout aux conditions sociales et sentimentales des protagonistes, tous traités avec une ambiguïté bienvenue. Victoire, l'épouse, est coincée par le statut sociale et juridique réservé aux bourgeoises de l'époque. Céleste, la bonne, est complètement à la merci du bon vouloir de ses patrons et logeurs. André est un grand sentimental, et souhaite sincèrement une vraie relation heureuse avec sa femme. Mais son conditionnement patriarcal le rend terriblement maladroit dans ses tentatives, et mauvais à l'occasion.
Des personnages interprétés par des acteurs au top. Dont Swann Arlaud dans le rôle du mari frustré. Galatéa Bellugi, qui s'exprimera beaucoup physiquement car son personnage de bonne parle peu. On peut aussi citer Emmanuelle Devos en mère alitée odieuse.
Si la mise en scène est classique, Jérôme Bonnell se focalise sur de nombreux détails de vie quotidienne de l'époque. Qu'il s'agisse des us et coutumes ou des objets. Ce qui permet une très bonne immersion dans le récit. Jusqu'à un final qui parait peu réaliste... mais après tout c'est du cinéma !
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 27 avril 2026
Quel paradoxe cruel que le seul élément réussi d'un drame voulu féministe, moderne, dénonciateur soit le portrait du mari! Au-delà de la prestation nuancée de Swann Arlaud, c'est l'écriture d'un personnage pris entre son éducation, les attentes de son temps, les conventions sociales et son propre parcours personnel, sa sensibilité honteuse, ses failles narcissiques. Pour le reste: réalisation insignifiante, rebondissements prévisibles spoiler: (jusqu'à un dénouement ridicule)
, anachronismes risibles. Car les femmes, spoiler: malgré leurs divergences sociales, se soutiennent, se confient l'une à l'autre, se comprennent!
Et bien sûr, spoiler: si l'épouse se refuse à son homme, c'est parce qu'elle est lesbienne
! Un manifeste terriblement contre-productif!
Alasky

454 abonnés 4 539 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 avril 2026
Magnifique moment de cinéma, tout en finesse, en délicatesse, la réalisation m'a transportée et captivée de bout en bout. Superbe casting et très belle musique. Une pépite.
AZZZO

363 abonnés 998 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2026
La condition c'est celle des femmes du XIXe et du début du XXe siècle. Jérôme Bonnell a bien compris que la lutte pour l'égalité ne se cantonne pas au monde contemporain. Rappeler la condition des femmes au siècle dernier, c'est aussi rappeler pourquou il fallut combattre et pourquoi, malgré d'indéniables progrès, il ne faut toujours pas rentrer la lame dans le fourreau.
Pour éviter une approche trop simpliste et socialement contingentée, le réalisateur s'est appuyé sur un scénario habile, lui permettant de traiter dans de la condition des femmes domestiques que des épouses de la grande ou petite bourgeoisie.
C'est fin, délicat, intelligent et plutôt respectueux de l'histoire. La réussite du film tient également aux talents de Galatéa Bellugi, Louise Chevillotte et Swann Arlaud.
Un beau film.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 avril 2026
Le fait qu’un film français soit en costumes implique-t-il illico des airs de télé films, décors restreints dans un lieu tout aussi circonscrit avec une mise en scène réglée pour le strict minimum. Ce que me donne l’impression de « La condition » qui en dehors de cette remarque préalable demeure un très bon long métrage. Il interroge la place de la femme dans la société du début du XX -ème siècle et au sein du couple, avec une résonance contemporaine vis-à-vis de l’émancipation féminine. Elle se fait dans le cadre d’une maison bourgeoise où la bonne et la maitresse de maison, qui n’est plus vraiment celle de son mari, vont se retrouver de façon très particulière afin de mettre fin à sa conduite patriarcale très bourgeoise. Une entente complice, une lutte des femmes , à pas feutrés, mais exigeants, volontaires, solidaires .Pour l’amour par-dessus tout. Galatea Bellugi et Louise Chevillotte s’entendent bien pour en donner le meilleur, face à Swann Arlaud, sur un profil auquel il ne nous avait pas habitué. Le talent d’un grand ! AVIS BONUS Des entretiens, des scènes coupées
elriad

517 abonnés 2 024 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 avril 2026
Lutte des classes en ce début de 20eme siècle, condition des femmes, patriarcat, une analyse introspective réussie au travers de ces portraits de femmes que tout oppose et qui pourtant seront nécessaires l'une pour l'autre. Une photographie soignée éclairée par la lumière du jour et des bougies, sous le regard de Swann Arlaud, impeccable dans son personnage torturé de chef de maison frustré et jaloux. Un joli film.
FaRem

10 571 abonnés 11 451 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 avril 2026
André de Boisvaillant vit entouré de femmes, mais ce n'est pas pour autant qu'il arrive à les comprendre. Ce n'est pas non plus ce qu'il cherche et il a tendance à leur rendre la vie difficile. Un foyer où personne n'est comblé et qui va être encore plus bouleversé par un événement. Ce n'est pas une surprise, mais même s'il ne s'agit que d'un élément déclencheur, l'histoire est beaucoup trop lisible. Jérôme Bonnell n'arrive pas à capitaliser dessus avec des enjeux faibles et un récit d'émancipation féminine cousu de fil blanc. C'est tellement convenu que même les acteurs ont du mal à exister. Ils assurent l'essentiel même si leur performance est parfois trop théâtrale avec des réactions un peu gênantes. Bref, j'ai trouvé ce film plat et sans âme.
Fabienne et Sébastien Lepoittevin
Fabienne et Sébastien Lepoittevin

3 abonnés 132 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 avril 2026
Film sympathique avec de très bons acteurs dans une ambiance 1900 ou les hommes de + bourgeois abusent de leur pouvoir. Mais le destin bascule lorsqu'un bébé arrive et la solidarité féminine prend le pas. Les décors et les costumes sont somptueux, la musique nous imprègne tout le long. La fin est un peu brutale et surprenante mais j'en ressors malgré tout conquis, j'ai passé un bon moment.
CREOTIVEMEDIA
CREOTIVEMEDIA

109 abonnés 287 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 avril 2026
Avec La Condition, Jérôme Bonnell propose un drame d’époque intimiste, situé en 1908, qui s’attache moins aux grands événements qu’aux mouvements intérieurs de ses personnages. Le film s’inscrit dans une tradition du cinéma français attentive aux relations humaines, aux silences et aux tensions invisibles.

Le récit se construit autour de deux figures féminines : Céleste, jeune domestique, et Victoire, épouse bourgeoise. Deux femmes que tout oppose socialement, mais que le huis clos de la maison rapproche inévitablement. À travers cette cohabitation, Bonnell explore les rapports de classe, mais aussi les attentes pesant sur les femmes au début du XXᵉ siècle.

Victoire incarne en apparence le modèle attendu de l’épouse : discrète, dévouée, inscrite dans un cadre social rigide. Pourtant, le film s’attache à montrer les fissures de ce rôle, les doutes, les décalages entre ce qu’elle est et ce qu’elle devrait être. Face à elle, Céleste observe, apprend, mais développe aussi une forme d’autonomie, malgré sa position subalterne.

Le film repose sur cette tension entre proximité et distance. Les deux femmes partagent un espace, des gestes du quotidien, mais restent séparées par des codes implicites. Progressivement, les non-dits s’accumulent, les regards se chargent de sens, et les frontières sociales deviennent plus poreuses.

Swann Arlaud, Galatea Bellugi et Louise Chevillotte portent cette dynamique avec retenue, dans un jeu qui privilégie la nuance et l’intériorité.

Jérôme Bonnell adopte une mise en scène sobre, centrée sur les corps, les espaces et les rythmes du quotidien. Le décor — une maison bourgeoise — devient un espace clos, presque étouffant, où chaque déplacement, chaque interaction prend une dimension significative.

La Condition interroge ainsi la place des femmes dans une société codifiée, mais aussi la possibilité de s’en affranchir, même de manière discrète. Le film évite les démonstrations frontales pour privilégier une approche sensible, où les transformations passent par des infimes déplacements.

Un drame délicat et maîtrisé, qui explore avec finesse les rapports de domination, les attentes sociales et les zones d’émancipation possibles, dans un cadre historique précis
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