Un film intelligent et subtil que j'ai vu avec beaucoup de plaisir!
Ca se passe dans les années 1910, dans un milieu de la bonne bourgeoisie provinciale; Monsieur, André, est notaire, il a une belle maison, deux domestiques, dont l'une, Céleste (Galatea Bellugi) est jeune et jolie. Monsieur et Madame, Victoire, forment un couple apparemment harmonieux....
Sauf que Victoire (Louise Chevillotte) ne supporte pas que son mari la touche. Il est pourtant très amoureux, le pauvre! Et quand il se fait rabrouer, il se console dans le lit de Céleste.
Etonnez vous que le couple n'ait pas d'enfant après plusieurs années de mariage, ce qui fait causer, bien sûr. Alors, quand Céleste tombe enceinte....
J'ai lu certaines critiques présentant André (Swann Arlaud dans un rôle assez éloigné de ses personnalités habituelles) comme le prototype du machiste de la Belle Epoque; c'est vrai qu'il a quelques crises d'autoritarisme; mais en fait, et c'est ce qui en fait la valeur psychologique, André est un faible, un homme malheureux; d'abord élevé par une mère qui ne l'a jamais aimé, -maintenant impotente après une attaque Emmanuelle Devos compose un personnage absolument époustouflant de méchante vieillarde confite dans le fiel...; ensuite marié à une femme qui ne l'aime pas, bien qu'elle ait, en permanence, sue le visage, un sourire affable, à peine railleur...
Homme faible donc, coincé entre des femmes fortes...