Libre adaptation du roman "Amours" de Leonor de Recondo, "La condition" nous ramène plus d'un siècle en arrière, en 1908, dans le milieu de la bourgeoisie de province. Dans la vaste demeure d'André, un notaire, le personnel occupe le rez-de-chaussée, la famille bourgeoise les étages intermédiaires et les chambres de bonnes se trouvent tout en haut. André est marié à Victoire. Y a-t-il vraiment de l'amour entre André et Victoire ou bien André est-il stérile comme l'était son père (Je l'avoue, être le fils d'un père stérile, cela peut paraître bizarre. Il se trouve qu'André "sait" que le mari de sa mère était stérile, mais il ne sait pas vraiment qui est son père biologique) ? Toujours est-il que André et Victoire n'ont toujours pas d'enfant. Par contre, André couche régulièrement avec Céleste, la plus jeune des 2 bonnes de la maison, et ce qui devait arriver va arriver : bingo, Céleste est enceinte. Je vous laisse deviner la condition que Victoire va mettre au maintien de Céleste à leur service, une condition qui va rapprocher les 2 femmes. Dans ce film qu'on peut considérer comme étant féministe, l'homme qu'est André, malgré son comportement envers Victoire et Céleste, n'est pas montré de façon outrageusement négative : on sent bien qu'il est en quelque sorte prisonnier des schémas d'une époque où le patriarcat était bien plus fort que celui qu'on connait encore aujourd'hui. Galatea Bellugi et Louise Chevillotte sont les très bonnes interprètes de Céleste et de Victoire, Swann Arlaud étant comme d'habitude parfait dans le rôle d'André. Dans son film, Jérôme Bonnel a ajouté 2 personnages qui n'existaient pas dans le roman de Leonor de Recondo. L'un de ces 2 personnages tient un rôle important dans le film : il s'agit de Mathilde, la mère d'André, une femme acariâtre, qui ne parle jamais et ne s'exprime que par des courtes phrases écrites de la main gauche sur une ardoise. Une femme, une mère, qui peut presque suffire à expliquer, sans l'excuser, le comportement de son fils. Mathilde est interprétée par Emmanuelle Devos. Film vu aux rencontres cinématographiques de Cannes.