La Condition
Note moyenne
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163 critiques spectateurs

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Gauthier Corion
Gauthier Corion

1 abonné 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 janvier 2026
Dans La Condition, Jérôme Bonnell met en scène avec une justesse remarquable la place assignée aux femmes au début des années 1900 et, par ricochet, tout ce que ces existences contenues disent encore de nous aujourd'hui (malheureusement). La mise en scène, à la fois discrète et précise, laisse affleurer une sensation dramatique profonde, sans jamais tomber dans l'emphase.

Le film raconte l'histoire de Céleste, jeune bonne au service de Victoire et André, en 1908. Mais c'est aussi, et peut-être surtout, l'histoire de Victoire : une femme incapable d'endosser le rôle d'épouse modèle qu'on attend d'elle. Deux femmes que tout oppose en apparence. Classe sociale, éducation, statut. Mais que la vie réunit sous le même toit, au coeur d'un monde régi par les conventions et les non-dits.

spoiler: Lorsque Céleste met au monde un enfant, Victoire entrevoit, à travers lui, la possibilité de garder auprès d'elle un amour qu'elle n'a jamais pu faire exister autrement. Les deux femmes choisissent alors d'élever l'enfant ensemble. Ce pacte intime, fragile et transgressif, devient peu à peu le terreau d'un lien plus profond. Un amour qui se construit en silence, dans les interstices d'une société qui ne leur laisse aucune place.


spoiler: Bonnell filme cette relation avec délicatesse : aucun geste n'est superflu, chaque regard pèse son poids de désir, de culpabilité et de liberté rêvée. La retenue du récit rend les éclats d'émotion d'autant plus bouleversants.


Au final, La Condition est un film d'une grande sensibilité, autant sur la maternité que sur l'émancipation, qui interroge la possibilité d'aimer autrement dans un monde corseté. Un excellent film : subtil, poignant, et durablement marquant.
Jeanlucchichery
Jeanlucchichery

30 abonnés 119 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2025
voila un film qui retrace bien les us et coutumes de l'époque , juste avant la première guerre mondiale. Trois personnages : un notaire évidemment vieille France, sa femme qui ne l'aime pas et une servante . Les personnages n'expriment pas ouvertement leurs sentiments mais la femme s'éloigne de plus en plus de sa mari, lui pose d'ailleurs un ultimatum et se rapproche de la servante. Grosse pesanteur puis dénouement final ou la femme part de chez elle avec "son enfant" et la servante la rejoint pour un départ au Canada.
Dommage à mon avis, qu'il y ait autant voire trop d'intriques entremêlées,, le film y aurait gagné à élaguer certaines parties du scénario.
J'ai aimé.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 896 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 décembre 2025
Le pitch est simple et classique. Le bourgeois notaire viole sa plus jeune bonne, quand l'officielle épouse se refuse à lui.
Le scénario est issu d'un roman écrit récemment, et cela transpire légèrement, à savoir des comportements féminins modernes dont on peine à imaginer qu'ils arrivaient à bourgeonner dans un monde provincial empesé dans les conventions et les interdits de la religion catholique de l'époque (1908).
Dans ce huis clos, fait d'ombres et de lumières, seulement éclairé de rares bougies la nuit, Bonnell met en scène avec délicatesse et sans appuyer l'évolution du comportement de ses personnages. Le chassé-croisé des rencontres nocturnes est un théâtre d'ombre et de lumière plutôt bien réussi.
Arlaud incarne André, un patriarche faussement solide, héritier dépassé par les habitudes de sa classe dominante, sous l'emprise de sa mère grabataire - quelle présence de E. Devos mutique et castrante! Ce petit coq peine à s'imposer dans le poulailler rempli de femmes qu'est sa demeure.
On retrouve Bellugi dans le rôle de la naïve et fraiche Céleste, la bonne à tout faire, y compris à s'émanciper! On mettra en parallèle son rôle d'institutrice délurée dans le film L'engloutie, situé aussi dans les années 1900, qui sort simultanément sur les écrans. Même époque, des milieux aux antipodes, mais une domination masculine identique.
Louise Chevillotte dans le rôle de la maitresse de maison, effacée mais aussi dressée dès sa jeunesse, peine plus à convaincre.
Le scénario esquisse un début de libération, puis de complicité féminine, qui semble naturelle avec nos yeux d'aujourd'hui, mais que l'on peine un peu à croire si l'on revient un siècle en arrière. Quant à la conclusion finale, elle échappe complètement du cadre subtil et en demi-teinte, que la réalisation a préservé et bien réussi à maintenir dans le chassé-croisé de cette grande demeure normande.
cinéma - décembre 2025
Nine
Nine

14 abonnés 154 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 décembre 2025
Un film féminin et d'un féministe délicat sur deux femmes de conditions sociales très différentes qui les enferment de façon égale cependant. Acteurs formidable avec Swann Arlaud en homme désemparé et abuseur, et Emmanuelle Devos inattendue en vieille femme handicapée et caustique. Implacable envers la grande bourgeoisie. Une belle mise en scène avec de jolis éclairages à la bougie.
Opacupaskoci
Opacupaskoci

2 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 décembre 2025
Film d'une grande finesse psychologique et magistralement interprété. Swann Arlaud excelle dans ce rôle de fils, mari et père torturé intérieurement, sans comprendre ce qui lui arrive. Louise Chevillote interprète avec finesse ces femmes qui sont sous l'emprise des contraintes éducatives et sociales de l'époque. Galatea Bellugi parait éteinte, comme lui demandent ses Maitres, mais on sent dans son interprétation la capacité de s'en sortir de cette jeune servante. Quant à Emmanuelle Devos, elle éclaire l'intrigue psychologique par le raffinement de son indifférence malveillante. Le rythme est bon, les décors et détails cinématographiques léchés.
bricelabrice
bricelabrice

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 décembre 2025
Le meilleur film de 2025 à mon goût, d'une beauté et d'une finesse rares. L'interprétation est exceptionnelle, le style sobre. Une mention spéciale à Emmanuelle Devos.
ultrallo
ultrallo

14 abonnés 3 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 décembre 2025
Super Galatea comme d’hab. Alors même que le film et son sujet me paraissaient entendus et si souvent exploités, je me retrouve avec un film très sensible et d’une modernité surprenante. Avec des dialogues vraiment ciselés comme il faut.
Alain
Alain

2 abonnés 33 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 décembre 2025
J'ai trouvé dans ce film les qualités littéraires de Maupassant : simplicité élégante et précisions dans les âmes humaines. Ce film est un petit chez d'oeuvre. Un drame à huis clos dans une maison bourgeoise, brillamment mis en images, et porté par les interprétations exceptionnelles de Louise Chevillotte, Galatéa Bellugi et Swann Arlaud.
ralf73
ralf73

8 abonnés 42 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 décembre 2025
La condition : un film tout à la fois sur la condition sociale, sur la condition féminine, et au-delà sur notre commune condition .
Grande justesse des personnages dans leur complexité et leurs dilemnes, tous parfaitement interprétés. Quant à histoire, on ne la lache pas.
Au total, un film à ne pas manquer.
Sarah-Louna Bédé
Sarah-Louna Bédé

3 abonnés 27 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 décembre 2025
Une douce ambiance amer pour ce trio à la trame improbable et pourtant ...
Un déroulement surprenant à la fois tendre et cruel où la femme y trouve son "mot à dire", Emmanuelle Devos y a des petites apparitions, régulières malgré tout, qui lui donnent une "grande place" .
Des rôles tous bien joués, bien menés, une dynamique un peu trop répétitive malgré tout
Minto76
Minto76

9 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 décembre 2025
Un film très bien construit. L’histoire nous emporte. Toutefois très académique et didactique. Le regard d’aujourd’hui posé sur une époque lointaine est instructif, mais finalement pas si subtil ou artistique.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 décembre 2025
Un assez joli duo de personnages féminins que tout sépare à priori , et qui pourtant se rapprochent et se rapprochent encore envers et contre un marie/patron abusif.
Steadyllic
Steadyllic

27 abonnés 29 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 décembre 2025
Une leçon de cinéma intimiste sur un sujet de rapport de classe, le tout corseté par la religion et les bonnes mœurs hypocrites de la "Belle Époque". L'atmosphère étouffante d'un foyer bourgeois est rendue avec brio par la mise en scène, les décors ainsi que par une photo et des mouvements d'appareil remarquables. L'interprétation est éblouissante. Swann Arlaud excelle pour rendre complexe un rôle de sale machiste, frustré et torturé. Galatea Bellugi et Louise Chevillot rivalisent de subtilité pour tisser par petites touches une complicité féminine vraiment renversante. Emmanuelle Devos compose une mère handicapée, muette et colérique qui intrigue et détonne dans ce climat poisseux des convenances. On pourra bien sûr dénoncer l'intrusion de tonalités actuelles dans une histoire d'un autre âge. Ça ne m'a absolument pas gêné que des protagonistes d'une époque révolue découvrent un féminisme avant l'heure, malgré la pression sociale et les conseils ignobles d'un curé. Je lis avec stupeur que certains ont trouvé ça long et mal dialogué. Vraiment, je ne comprends pas, tellement j'ai été pris par un scénario qui vous enserre avant de vous libérer par fin idyllique qui résout les tensions.



a photo
Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 601 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 décembre 2025
Le notaire et ses femmes

Le cinéma de Jérôme Bonnell mérite plus que la considération polie qu’on lui attribue généralement. Depuis le chignon d’Olga en 2001, je ne lui connais pas d’échecs ? Loin de là. Personnellement, des films comme Le yeux clairs ou A trois on y va, sont excellents. Et ce ne sont sûrement pas ces nouvelles 103 minutes qui me feront changer d’avis. C’est l’histoire de Céleste, jeune bonne employée chez Victoire et André, en 1908. C’est l’histoire de Victoire, de l’épouse modèle qu’elle ne sait pas être. Deux femmes que tout sépare mais qui vivent sous le même toit, défiant les conventions et les non-dits. Un quatuor d’acteur et d’actrices dans un huis clos oppressant qui dresse un portrait au vitriol de la bourgeoisie de province au début du XXème siècle. Formidable !
Cette adaptation du roman Amours de Léonore de Récondo – que j’avoue ignorer totalement -, réussit à joliment revisiter une vision féministe qui pervertit avec force et subtilité le classicisme inhérent à son sujet de départ. Virtuosité de la mise en scène, beauté de décors et des costumes, dialogues au vitriol, progression dramatique impeccable et un triangle amoureux pas comme les autres. Car chaque personnage est plus complexe qu’il pourraît apparaître au premier abord. Leur évolution surprend et nous emmène sur des chemins inattendus. La configuration narrative renforce la tension entre les classes sociales de l'époque, symbolisée par l'architecture même des demeures bourgeoises : le personnel en bas, les bourgeois au milieu, et les chambres de bonnes tout en haut. Paradoxalement, le contexte historique du film devient ainsi un miroir révélateur de notre société contemporaine.
Swann Arlaud à son sommet. Galatea Bellugi, - décidément très demandée est épatante, Louise Chevillotte, dans le grand rôle qu’elle mérite depuis longtemps et Emmanuelle Devos, irrésistible dans un rôle atypique, forment donc ce quatuor évoqué plus haut. Et c’est un pur régal. Si la logique est respectée, il y a là une mine à César. Il ya ici une manière rare de filmer les non-dits et l’ignorance. Une fresque sociale incommode et étouffante. Un film à voir sans attendre. Vous me remercierez après.
Chris Marou
Chris Marou

9 abonnés 193 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 décembre 2025
Pas facile d être une femme au début du 20eme siè tout compte fait entre une mère qui a pris plusieurs amants et ces
deux femmes sous l emprise volent de cet homme se sont émancipées . bien joués .
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