Zion
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Zion" et de son tournage !

Naissance du projet

Zion trouve son origine dans le court métrage Timoun Aw ("Ton gamin" en créole guadeloupéen), réalisé par Nelson Foix en Guadeloupe. Ce court racontait déjà l’histoire d’un jeune homme trouvant un bébé abandonné. Le réalisateur explique : "J’ai eu la chance de pouvoir montrer Timoun Aw à Mohamed Hamidi qui l’a aimé et m’a fait rencontrer Jamel Debbouze. (...) C’est comme cela que Jamel Debbouze m’a proposé de produire mon premier long métrage et qu’une équipe s’est constituée autour de ce projet."

Un casting sauvage

Plutôt que de choisir des comédiens confirmés, la production a privilégié des talents bruts, trouvés lors d’un casting sauvage en Guadeloupe. Sloan Decombes, l’acteur principal, a été découvert par hasard : "Il accompagnait sa copine qui passait le casting. J’avais besoin d’un garçon pour lui donner la réplique (...). Dès qu’il a commencé à lire, il était très naturel."

Zebrist, qui joue Odell, sortait quant à lui d’un an de détention : "Il a vu cette expérience comme une vraie opportunité. Il n’était pas familier de l’acting, mais il possédait un véritable potentiel. Il a un visage qui raconte la rue, mais empreint d’humanité."

Des scènes d’action réalistes et intenses

Les scènes d’action ont demandé un important travail de préparation, notamment pour assurer la sécurité des acteurs : "J’ai appris qu’il fallait décentrer le canon de l’arme pour que ce ne soit pas dangereux pour l’acteur, même si on tire à blanc". Le réalisateur insiste sur l’importance de l’adaptation aux lieux de tournage : "Quand on a le décor, il faut adapter la scène à la topographie. (...) Très naturellement, je sais quelles valeurs de plan utiliser, et sous quel angle filmer la scène."

Un film en créole pour plus d’authenticité

Nelson Foix voulait que Zion reflète fidèlement la réalité guadeloupéenne, ce qui passait par l’usage du créole dans de nombreuses scènes : "Je ne me voyais pas diriger des acteurs en français, surtout pour un film qui se déroule dans la rue et le ghetto". Cette approche a été soutenue par les producteurs et les diffuseurs, malgré le risque commercial :

"Ce qui m’a vraiment rendu fier, c’est que nous avons réussi à décrocher un budget malgré que je sois un réalisateur inconnu, avec un casting exclusivement composé d’acteurs antillais, sans aucune tête d’affiche, et un film majoritairement tourné en créole."

Une bande originale entre tradition et modernité

Le compositeur Brice Davoli a conçu une musique qui s’éloigne des clichés et qui joue sur les contrastes : "Je ne voulais pas d’une musique traditionnelle ou proche de l’univers du film, je souhaitais plutôt apporter un contrepoint capable de susciter des émotions". La BO inclut aussi des morceaux de la scène musicale caribéenne, avec des artistes comme Kalash, Don Snoop et Keros-N. Kalash interprète d’ailleurs la chanson-titre du film, Zion.

Une touche de mysticisme et de fantastique

Nelson Foix a choisi d'intégrer une dimension spirituelle à Zion, inspirée des croyances antillaises : "Il y a une dimension magique, très ancrée dans notre culture, dont à mon sens, la société occidentale s’est malheureusement affranchie. (...) On a mis de côté cette dimension mystique et magique qui nourrit l’âme". L’iguane, présent au début et à la fin du film, symbolise cette vision d’un monde où la réalité dépasse ce que l’on perçoit.

Une Guadeloupe loin des cartes postales

Le film dépeint une Guadeloupe bien différente de l’image paradisiaque souvent véhiculée. Le metteur en scène confie : "Lorsque j’habitais à Pointe-à-Pitre, je me souviens qu’en sortant de chez moi, je voyais une vieille barre HLM patinée par l’humidité et la chaleur, et, au-delà de ce bâtiment à moitié détruit, se dressait le MSC, gigantesque navire de croisière. Ce décalage m’a profondément marqué."

Cette opposition entre deux mondes traverse tout le film, notamment dans une scène où l’on aperçoit un bateau de croisière au loin, pendant que le héros est en pleine détresse.

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