DES PREUVES D'AMOUR - Alice Douard | ⭐ 6/10
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Alice Douard signe un premier long-métrage clairement généreux : un film traversé de rires, de doutes, de disputes et d’élans d’amour sincères, et surtout porté par un duo convaincant, Ella Rumpf et Monia Chokri qui affichent une belle complicité.
La plus grande force du film est de mettre en lumière un pan important de l'homo-parentalité qu’on ne voit quasiment jamais au cinéma : la place de la co-mère, dans un monde encore très normé, pour ne pas dire homophobe, avec l’invisibilisation administrative, les humiliations institutionnelles, le regard biaisé des autres et les remarques maladroites de l'entourage…
Mais si la mise en scène est douce et fluide, elle reste aussi très sage, presque trop polie, comme si le scénario voulait cocher toutes les facettes du sujet. On aurait aimé que le film ose davantage : dans l’écriture, dans les ruptures de ton, dans les zones d’ombre. D’autant plus que le sujet méritait sans doute un geste plus frontal.
Le problème est que l'on perçoit en permanence le décalage entre les intentions du scénario, avec des situations qui pourraient faire mouche et des personnages hauts en couleur sur le papier, et le résultat, trop souvent maladroit, dans la direction d'acteurs par exemple, notamment
lors d'un repas de famille particulièrement raté, ou de scènes mère-fille entre Ella Rumpf et Noémie Lvovsky qui sonnent souvent faux
.
Reste un film chaleureux et bienveillant, animé par une vraie générosité. Mais un film qui manque parfois du souffle qui l’aurait rendu vraiment inoubliable.
Néanmoins, le cinéma français avait besoin d’un film qui parle de ce sujet autrement. Et rien que pour ça, Des preuves d’amour mérite d'être vu.
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