Je viens de découvrir Slocum et moi cet après-midi, lors du Festival Interceltique de Lorient, au sein du lieu "Cinéfil" du festival. Dès les premières images, j’ai senti comme une résonance intime : l’animation délicate, l’épure graphique au crayon, et cette ambiance rétro empreinte de poésie m’ont immédiatement captivé. L’immersion dans les bords de Marne des années 1950 m’a semblé à la fois douce et émouvante, sans tomber dans la nostalgie pesante.
Ce qui m’a surtout touché, c’est la relation entre François (interprété par Elias Hauter en voix-off) et son père Pierre (Grégory Gadebois), un homme réservé et bricoleur qui incarne la passion de Joshua Slocum. Le film est un véritable "voyage immobile" : toute l’histoire se déroule autour de la construction du bateau dans le jardin, mais cette construction devient un symbole fort des rêves, de l’ouverture au monde, et de la naissance d’un fils à lui-même. La musique de Pascal Le Pennec, douce et enveloppante, renforce cette atmosphère tendre et introspective.
Si j’ai beaucoup apprécié cette œuvre, je lui ai tout de même trouvé quelques limites. Le rythme contemplatif, parfois trop linéaire, m’a semblé ralentir l’élan du récit : il manque parfois un peu de souffle narratif ou de rebondissements marquants. De même, bien que l’animation mêlant 2D et 3D avec texture de crayon soit séduisante, son mix peut parfois paraître maladroit ou inabouti dans certaines séquences. Néanmoins, ces réserves ne nuisent pas à l’émotion globale.
Je donne 4 étoiles sur 5 parce que le film m’a profondément touché : le scénario coécrit avec Anik Le Ray est sincère, l’animation artisanale est une bouffée d’air loin du tout numérique, et la direction artistique pastel respire la simplicité et le charme. Le film offre un regard tendre et poétique sur la transmission, la paternité, et la manière dont les rêves façonnent une existence.
En somme, Slocum et moi est une petite merveille intimiste, à savourer dans une salle (comme je l’ai fait à Lorient) ou chez soi, en famille ou en solo. Je le recommande à tous les amateurs d’animation sensible, au charme discret, et aux spectateurs désireux d’un récit humain et contemplatif. Bien que ce ne soit pas un film spectaculaire à grand déploiement, sa sincérité et sa beauté simple le rendent précieux (c’est pourquoi je lui accorde une note aussi élevée).