Bradley Cooper et Will Arnett se sont rencontrés pour la première fois au début des années 2000. A ce moment, le second sortait avec Amy Poehler, laquelle s'était liée d'amitié avec Cooper pendant le tournage de Wet Hot American Summer en 2001. Elle souhaitait donc avoir son avis sur son nouveau petit ami.
À la même époque, le représentant pharmaceutique John Bishop pansait ses blessures dans les rues de Manchester après sa rupture avec sa femme. Pour éviter de payer les 4 £ d'entrée dans un pub local, il s'inscrivit à la soirée "scène ouverte" de l'établissement et monta sur scène pour se produire dans un spectacle de stand-up au cours duquel il raconta, ce qui se passait entre lui et son épouse.
Il trouva l’exercice étrangement thérapeutique jusqu'au soir où cette dernière se retrouva par hasard dans le public. Après le spectacle, ils finirent par discuter et trouvèrent le chemin de la réconciliation.
Dès qu’il a entendu cette histoire, Will Arnett s'est attelé à un scénario inspiré de cet épisode de la vie de John Bishop. Alors que Bradley Cooper était en plein tournage de son deuxième long métrage Maestro (2023), il lui a donné les grandes lignes de l’intrigue et le réalisateur n’a cessé d’y penser ensuite.
Il était évident pour Bradley Cooper que Will Arnett jouerait le rôle d'Alex. Pour le réalisateur, le public n'a pas encore vraiment pu voir de quoi son ami était capable : "Quand j'ai présenté le projet à l’équipe Searchlight, je lui ai dit que Will Arnett avait un potentiel énorme et que si elle me laissait faire, il allait tout déchirer. Je sais que cela peut paraître fou mais j'avais l'impression que si nous pouvions le voir à l'écran tel que je le connais depuis des années, nous aurions le potentiel de créer quelque chose de vraiment génial."
Bradley Cooper est ami de longue date avec Laura Dern, mais ce n'est que lorsqu'il a commencé à réfléchir à l'aspect sportif du personnage (entre volleyball et athlétisme) qu'il a compris quelque chose qui aurait dû lui sauter aux yeux. Le cinéaste se souvient : "Je me demandais quelles étaient les actrices de grande taille… Il y en a peu, surtout capables d’être crédibles face à Will qui lui aussi n’est pas petit. C’est alors que j’ai pensé à Laura."
L’actrice souligne : "J'étais ravie de lire un script qui manie autant l'irrévérence, la complexité et le chaos - comme dans toute histoire profonde et authentique quelque part - mais qui véhicule également l'espoir de pouvoir être soi-même et d'apprendre à trouver sa propre voie. L'idée qu'il s'agisse d'un couple qui a tant à perdre mais qui doit en quelque sorte revenir à son parcours individuel pour se retrouver m'a profondément intéressée."
Pour la figure comique de Balls, Bradley Cooper a proposé plusieurs noms à Will Arnett, qui a finalement insisté pour que ce soit le metteur en scène qui porte lui-même ce rôle. Deux amis de plus de 20 ans jouant deux amis de plus de 20 ans semblait une évidence…
Très tôt, Bradley Cooper s'est intéressé au format inhabituel d’image 1,66:1, plus carré que le format classique 1,85:1. Pour lui, ce type de cadrage met vraiment l'acteur en valeur à l'écran et c’est exactement ce qu’il recherchait pour ce projet particulier. En testant des objectifs avec Matthew Libatique en amont de la production, il est tombé tellement amoureux de l'objectif 40 mm qu'il l'a utilisé pour chaque plan du film et ne s'en est jamais écarté.
Bradley Cooper a également opté pour une esthétique dite "en caméra portée". Pour la toute première fois, il est passé lui-même derrière le viseur après avoir rejoint la section locale 600 de l’ISG (Guilde Internationale des Cinéastes). Avec A Star Is Born et Maestro, il était "sur le terrain" avec les acteurs en tant que personnage principal. Mais comme ici il n'apparaît que dans quelques scènes, il souhaitait maintenir une intimité et une communication avec les autres acteurs dans l'instant présent.
Il commente : "Pour moi, avec cet objectif et ce rapport, c'est comme si le public se sentait en danger, ce qui correspond à ce que je ressentais quand je vivais à New York. Cela peut être intrusif pour un acteur mais j'ai senti que Will me faisait vraiment confiance. De plus, la caméra est autonome sur ce film. Dans une scène du début, elle se décale vers la gauche pour montrer que le lit est vide. Will est dans un certain état d’esprit et la caméra bouge, comme pour dire : "'Pourquoi es-tu si... oh, d'accord. Tess n'est pas là !'"
Avec le chef décorateur Kevin Thompson, Bradley Cooper a trouvé un partenaire qui a pu l'aider à concevoir certains espaces dans lesquels évoluent les personnages de Is This Thing On?. Il en va ainsi du loft d'artiste de Balls et Christine à l’intérieur aseptisé de la garçonnière d'Alex, en passant par la maison familiale qu'il a quittée : "Nous voulions aborder la passion stagnante et évanouie dans leur relation par une palette de couleurs éteinte."
"Rien n'était saturé ni vivant dans cette maison familiale, par opposition au loft original et plein de caractère étincelant de couleurs vives et déroutant. Mais à la fin du film, leur appartement suggère également une dynamique entre des éléments qui ne s'accordent pas, qui ne sont pas en harmonie les uns avec les autres, ce qui correspond finalement à leur relation. Ils sont plus en difficulté que Tess et Alex", indique Kevin Thompson.