J'avais beaucoup apprécié le roman du même nom, écrit par Freida McFadden. Comme beaucoup de monde j'imagine, j'ai été happé par ce thriller dont les petits twists de fin de chapitre nous pousse à tourner la page encore et encore... jusqu'à la fin. Sauf que c'est assez grossier et les personnages sont ultra-caricaturaux. Ce sont des fantasmes ambulants ; fantasmes d'une ménagère de cinquante ans qui n'a que ses polars et son Chardonnay pour s'évader d'une vie devenue morose, ce qui semble être la cible (même si le livre a également beaucoup plus chez les jeunes).
Et ce schéma là, on le retrouve dans chacun des livres de l'autrice, aussi bien les suites de "La Femme de ménage" que de ses livres indépendants ("La Psy", "La Prof" etc.). Donc oui, c'est sympa, je ne cache d'ailleurs pas mon plaisir à chaque fois que j'ouvre un de ses livres mais force est de constater que Freida McFadden n'est pas très talentueuse.
Pourquoi un aussi long laïus sur le bouquin ? Eh bien car lorsque Paul Feig y réalise une adaptation très fidèle, le matériau de base à son importance ! Et si ce n'est pas raté, c'est sacrément oubliable ! Car, lorsque l'on connait l'histoire, on se rend alors compte de tous les défauts du livre et donc de l'intrigue du film.
Et ce n'est pas parce-que je connaissais l'histoire que je n'ai pas accroché, par exemple, j'avais lu "Gone Girl" avant de voir le film et j'ai tout de même été captivé par ce dernier car la base était très solide (et puis aussi parce-que David Fincher). Mais du coup ici, voir tous ces personnages archétypes prendre vie ne fait que souligner l'écriture grossière de l'ensemble. Puis alors, du coup, on a des scènes de sexe sur des musiques style "50 Nuances de Grey", c'est sacrément kitschouille quand même... mais peut-être pas pour la ménagère de cinquante ans !
Pourtant, j'avais adoré le travail du réalisateur du "L'Ombre d'Emily" mais je n'avais pas lu le livre avant, peut-être que ça vient de là, mais je m'attendais en tout cas à un résultat similaire, c'est-à-dire un thriller captivant tout en étant drôle et léger. Et pourtant, le réalisateur a fait quelques modifications pour rendre le tout plus digeste mais seulement à partir de la seconde partie. Cette partie est plus succincte que celle du bouquin (et en même temps, le film dure déjà deux heures quinze), la fin est davantage "cinématographique" et puis le film prend place en hiver au lieu de l'été, sûrement pour coller à cette date étrange de sortie qu'est le 24 décembre.
Bref, "La Femme de ménage" n'est donc pas mauvais mais reste sympa sans plus.