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C’est dans un futur où les robots ont tout envahi, jusqu’aux conversations de bistrot, que Max (Blanche Gardin), ex-prof et anti-tech notoire, vend du matos volé pour survivre avec sa fille. Et puis tout s’effondre. La garde lui est retirée, l’arnaque tourne mal. Ne lui reste qu’un vieux robot désuet, T-O. Et c’est le début d’un drôle de road-trip : mère en colère robot à la ramasse = cocktail instable. On sent que Giulio Callegari veut bousculer, jouer avec les genres, jongler entre satire et émotion.
Le public, lui, attendait une claque. Peut-être pas un uppercut à la "Black Mirror", mais une comédie qui pique un peu. Avec Blanche Gardin, les promesses étaient là : humour acide, tension sociale, regard tordu sur le monde. Les fans de dystopies s'attendaient à rire jaune — ou à pleurer en se marrant. Pari risqué.
Alors, qu’en est-il de l’intrigue ? Eh bien, on suit une trame classique mais efficace : une mère, une fille, un robot, une quête. Ça zigzague un peu, ça retombe parfois comme un soufflé techno, mais quelques rebondissements accrochent. On pense connaître la fin, puis non. Puis si. Puis on s’en fiche un peu, parce que c’est pas là que ça joue le plus fort.
Côté originalité ? Disons que c’est du recyclé remaquillé. Mais bien maquillé. Le film évite certains clichés pour mieux en embrasser d'autres. Ce n’est pas un crime. C’est comme écouter une vieille cassette de science-fiction avec un accent du 21e siècle.
Et visuellement ? C’est là que Callegari se défend. L’univers est crédible, mi-terne, mi-clinquant. Pas une dystopie à la "Blade Runner", mais plutôt un futur IKEA cramé. Les décors parlent. Les cadres aussi. On sent la patte, pas révolutionnaire, mais propre.
L’éclairage, d’ailleurs, raconte plus que certains dialogues. Chaque scène semble baignée dans une humeur : bleu glacial pour l’isolement, jaune sale pour l’espoir foireux. La lumière devient un personnage discret. Et ça marche.
Du côté des acteurs, Gardin fait du Gardin — grinçante, touchante, brute. T-O (Angélique Flaugère sous le capot) étonne. Elle donne au robot une sorte de maladresse poétique. Ça aurait pu être ridicule. C’est juste… attendrissant.
Le duo fonctionne. La dynamique évolue en douceur, entre clashs et complicités. Une vraie relation se tisse. On y croit, et même parfois on s’y attache.
Et la bande-son dans tout ça ? Sobre. Roscius pose des nappes électro discrètes, jamais envahissantes. Les bruitages sont là quand il faut, pour souligner, pas pour crier.
Mais est-ce que ça vibre ? Oui. Par moments. Un sifflement métallique, un silence pesant… Ces petits détails qui collent à la peau. Et à l’âme, si on veut être lyrique.
Ce que le film fait ressentir ? Une drôle de chaleur froide. Le message ? Il est là, en filigrane. Mais jamais appuyé. Et c’est peut-être là que ça grince : à force de subtilité, ça peut paraître flou. Ou creux. À chacun son interprétation.
Alors, ça vaut le coup ? Oui. Avec ses défauts, ses lenteurs, ses éclairs de génie, "Un monde merveilleux" est un film qui tente. Qui ne réussit pas tout, mais qui ose.
Note : 6 sur 10. Pour ceux qui aiment les dystopies un peu déglinguées, les robots tristes et les humains paumés.
Pourquoi ça fonctionne ? Parce que ça a du cœur. Même si, parfois, il bat à côté.