On comprend qu’il soit important de financer des premières œuvres, de dénicher des talents et donc, par ricochet, de faire vivre et se renouveler le cinéma. Et, à ce niveau, la production française est assez riche, novatrice et créatrice de nouveaux talents. Cependant, on est parfois circonspect que certains scénarios passent la validation des producteurs. Ou, en tout cas, qu’ils parviennent à être adaptés à l’écran. « Un monde merveilleux » est symptomatique de ce type de projet qui semble avoir eu le feu vert sans avoir passé l’étape d’une véritable correction.
En effet, on a l’impression de voir un film fait de bouts de ficelles ici. Mais pas une œuvre constituée volontairement de bric et de broc comme peuvent l’être les films de Michel Gondry pour prendre le plus célèbre cinéaste hexagonal de ce style. Non, on est face à une œuvre au manque de budget flagrant qui se voit à toutes les strates de la production et qui ferait presque pitié. Alors si le manque de moyens n’est pas toujours un défaut en soi et qu’il peut parfois même être au contraire générateur de beaucoup d’idées et de débrouillardise, pour certaines productions, il prête plutôt à rire dans le meilleur des cas et à se demander comment tout cela a bien pu arriver sur des écrans de cinéma dans le pire des cas. Quand, en plus, c’est couplé à un script qui patauge sévère une fois son entame passée, on se retrouve devant un minuscule film qui est oublié dès lors qu’on sort de la salle.
Pourtant, l’idée était bonne et la note d’intention aussi. Faire une comédie au vitriol sur les robots et la technologie doté d’un peu de fond social avec Blanche Gardin en tête d’affiche, cela sentait bon. Las, au bout de vingt minutes, on commence déjà à pressentir que tout cela ne pas mener bien loin et on aura raison. Plus le film avance, moins on y prend plaisir et plus on s’ennuie. Et il faut le faire avec un long-métrage pas si long que cela puisqu’il dure à peine une heure et quinze minutes. Un long épisode de série en somme. Et il faut dire que Blanche Gardin fait ce qu’elle fait toujours, ni plus ni moins. Sa prestation devient donc lassante et elle dessert le film plutôt qu’elle ne le nourrit elle qui peut être si drôle et piquante ailleurs.
De plus, difficile de voir quel est le message du film ou même l’avis du réalisateur. Ce qui commence comme une diatribe sur la robotique et les assistants auto-intelligents se termine presque comme une bénédiction envers les robots. Le contexte de notre monde devenu envahi par la technologie est à peine effleuré et l’univers est peu crédible : hormis lesdits robots on est dans le même monde qu’aujourd’hui. Quant aux moments censés être drôles (on est dans une comédie tout de même), ils sont très rares et hormis quelques sourires dus à une ou deux situations amusantes et quelques dialogues bien envoyés, c’est plutôt puéril et léger comme humour. Bref, le premier film de Giulio Callegari est une grosse déception qui ne mérite clairement pas d’être en salle, il semblerait même qu’on a vu le brouillon raté du bon film qu’il aurait pu être.
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