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Sachaguiton
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2,0
Publiée le 30 septembre 2025
Impossible de ne pas être d'accord sur le fond et de ne pas applaudir la force singulière d'un tel projet bâti sur la colère, néanmoins, il émane de ce cri énormément de prétention et de gratuité, s'enfonçant dans un symbolisme trop évident et une succession de lapalissades culpabilisantes légèrement insultantes pour le spectateur.
Je me suis rendu au cinéma pour voir ce film avec une petite dizaine de personnes dans la salle. Pour ma part, je n'ai pas supporté les séries de festivités, partie qui m'a profondément ennuyé car trop longue et trop décalée par rapport à la tragédie de Gaza et de Cisjordanie. J'ai tenu 1 heure avant de capituler et de quitter la salle. J'avais été précédé d'une personne.
Pour commencer, il me faut dire que Nadav Lapid est à la fois un cinéaste doué et un fin (et acide) observateur des évolutions de la société israélienne.
On peut donc, si on regarde ses films comme des sortes de témoignages, y trouver un intérêt.
Ces précautions étant prises, je dois avouer que Oui m'a profondément déplu. Le film m'est en effet apparu comme un fouillis peu maîtrisé, accumulant les effets, les tics, les essais approximatifs. Si Nadav Lapid n'était pas par ailleurs si réservé et humble, on pourrait juger cette manière extrêmement prétentieuse : on a l'impression qu'il s'agit d'en "mettre plein les yeux", plutôt que de prendre soin de son spectateur.
Les thématiques se superposent dans le film sans se fondre entre elles (deuil des parents, difficulté de vivre en couple, d'être un artiste, culpabilité face aux destructions de Gaza, horreur du 7 octobre, nostalgie du passé). Tout cela ne fait pas un film, d'autant plus que les modalités choisies, en gros un montage épileptique et des situations grotesques, ne favorisent pas l'empathie.
Pour aller un peu plus loin, Oui comporte trois parties. Dans la première, La belle vie, on suit un couple danseuse/clown complètement déjanté faire leur travail dans des fêtes délirantes. On pense à certaines scènes de La grande belleza, la démesure baroque et hédoniste en moins, la morbidité masochiste en plus. C'est long, lourd et insupportable de vacuité repue.
Dans la deuxième partie, Le chemin, il est question d'un amour d'enfance et de la mort d'une mère. Le film s'adoucit et devient légèrement plus intéressant. Dans la dernière partie, La nuit, onirique et sadique, on suit un magnat russe se faire lécher les chaussures par sa cour (entre autres choses).
J'ai déjà dit de Nadav Lapid qu'il était un brillant intellectuel et un cinéaste imaginatif, qui fait des films peu aimables sur des personnages antipathiques. C'est ici encore plus vrai, et Oui dure 2h30, qui m'ont parues très, très longues.
Je le déconseille donc fermement, sauf si vous prenez plaisir à souffrir et réfléchir en même temps.
L’histoire d’un chanteur israëlien sans conscience morale ni politique qui accepte de composer un hymne prônant la destruction de la Palestine (hymne qui existe réellement…), Oui est un film choquant, éreintant, chaotique, provocateur avec une mise en scène excessive qui vise à nous pousser dans nos retranchements.
Il aborde la question de la banalité de l’horreur à laquelle on finit par s’habituer dans un espèce de déni confortable, le quotidien au milieu de la guerre, l’héritage qu’on laisse derrière nous, le rôle que jouent l’art et la fiction dans un conflit comme celui-ci, dans la propagande et l’embrigadement patriotique. Mais il nous parle surtout de la lâcheté, de la soumission à des élites vulgaires et arrogantes auxquelles on ne refuse rien et qui en conséquence se permettent tout.
Pour traiter ces questions il aborde frontalement le génocide en cours à Gaza, comment il est justifié, comment sa réalité est étouffée et comment il peut être vécu par les Israëliens. Nadav Lapid n’est pas tendre envers son propre peuple mais refuse le manichéisme en exprimant aussi leur douleur et leur terreur. Et il pose cette question : comment filmer Gaza ? Comment représenter l’horreur ? De la même manière qu'on se l’est toujours posée pour la Shoah.
Cette farce satirique déjantée est un brûlot politique sans pitié qui déboussole par une mise en scène en surrégime. Si je lui reconnais un fond et des thématiques d’une puissance exceptionnelle, en revanche sa forme très imagée, exubérante et bordélique m’a parfois mis à distance. Il n’en reste pas moins une expérience inoubliable qui témoigne de ce que peut ressentir un Israëlien qui se sent trahi, déçu et en colère contre son propre pays auquel il souhaite tendre un miroir. Plus universellement c’est un film qui questionne la réaction individuelle face au fascime et à la cruauté des puissants, une question on ne peut plus d’actualité.
Film atypique , foisonnant , des scenes marquante , réalisation et scenario riche. Mais trop long et surtout , on ne voit pas le rapport entre cette histoire d'hymne et le film.
«Une cause sexualisée» Exubérance totale et scènes crues (Int -12ans) sont au menu de ce plaidoyer contre des extrémistes sionistes riches et décadents. Sans être bégueule, j’ai trouvé certaines scènes (spoiler: comme le héros léchant les chaussures de son commanditaire) gênantes et nous éloignant de la cause défendue. De nombreux effets visuels fatigants, on voit trop le réalisateur derrière sa caméra. L’acteur principal à un jeu incroyable, ainsi que sa magnifique femme
Un film assez confus, trop long, cherchant impérativement à être créatif, parfois avec succès, et comportant des scènes d’un mauvais goût revendiqué. Le sujet traité avec une relative neutralité – les lendemains de la tuerie du 7 octobre – analyse ou plutôt décrit un pays malade d’une vengeance totalement dans l’esprit de la règle établie dans l’Ancien Testament « oeil pour oeil dent pour dent.»
Dès le début du film, on se trouve plongé dans un maelstrom d'images et de musique déferlant dans une bulle dorée où s'agitent des personnages jouisseurs tandis qu'Israël endure le traumatisme du 7 octobre. La suite reste de bout en bout vibrante d'émotions puissantes voire hurlantes. Comment réagir face à une situation humainement insoutenable ? Il ne semble y avoir de possible que la fuite ou le naufrage dans la haine...ou alors l'amour d'un couple ressoudé qui part ensemble vers un futur incertain. Le 7 octobre n'est pas nié ni amoindri (voir le monologue effréné de Léa) ni les atrocités à Gaza (bien que le réalisateur insiste moins dessus, sans doute pour éviter des critiques de partialité). On ne trouve pas non plus d'attaque directe contre le gouvernement israélien, seulement l'intervention d'un russe incitateur à la haine. D'où une impression d'ambiguïté qui ménage un peu toutes les réactions, même si l'on connaît par ailleurs l'hostilité du réalisateur pour le gouvernement actuel. C'est en tout cas un film passionnant, haletant, jamais trop long en dépit de séquences plus "calmes", plein de trouvailles quasi surréalistes et des acteurs très engagés dans leurs rôles, et dont on sort proprement estomaqué !
rarement vu un film aussi brillant, dont la mise en scène et le scénario sont autant sur une même ligne pour exprimer le mal-être et la contradiction d'une société.
Là, ou le monde boycotte, en autre, les artistes israeliens, le réalisateur de ce film, a réussi a le diffuser dans les salles au centre de Paris. Pourquoi son film, qui ne m'a pas du tout seduit. Ce long métrage ne représente pas les merveilleux films israéliens. Dommage !
Pourquoi cette demie étoile pour dire que ce film est "nul" ? En fait il n'est pas nul puisqu'il a une grande force: 2h30 martelées dans un style grossier, surligné, bourré d'effets spéciaux fluos spoiler: pour conclure par "Courage fuyons".
Yon, pianiste, est le personnage principal, auquel on peut identifier le réalisateur. Chapitre 1 la soumission. Yon et Yasmine (sa femme danseuse) sont mis en scène dans une parodie d'orgies: Sea Sex and Sun. Rythme du film survolté, tonitruant, fatigant qui simule une dénonciation de la société israëlienne capitaliste corrompue. Je ne peux y croire ou me résoudre à y croire. Je regarde cet aquarium d'images multicolores sur grand écran C'est comme ça. Lapid m'impose d'être voyeuse sans distance. Collée, scotchée à mon siège sans aucun endroit de réflexion. Une sorte de tragédie pas musicale même si il "utilise" sans façon tout au long du film Thelonius Monk, Elvis Presley, la musique classique. Chapitre 2 le chemin: par un retournement mental (on ne sait lequel), Yon s'enfuit, se teint les cheveux en blond (so what???), fuit femme et enfant, retrouve Leah son amour de jeunesse et traverse le pays le long du mur. Au loin les bombardements incessants sur Gaza, appuyés par les descriptions de Leah qui pour faire bonne mesure décrit aussi en détail le massacre du 7 octobre. Le tout émaillé de dialogues entre eux qui disent tout et son contraire. Chapitre 3 la chanson: par un autre retournement mental (on ne sait encore pas lequel), spoiler: Yon rentre chez lui à Tel Aviv et accepte la commande du dictateur: ré-écrire les paroles d'un chant pour en faire l'hymne. Le dictateur est russe, nommé au générique Bi-billionnaire. Pourquoi pas israëlien? Pourquoi charger encore la barque, ramener Poutine en fond de tableau? Si c'est de l'humour ??? Par cette chanson, Yon gagne ainsi sa liberté celle de sa femme et son fils pour fuir le pays. Perdu dans ses conjectures contradictoires sans issue, le film justifie un non-choix de Yon par un OUI paradoxal. On sort de là, sonné, comme on descend d'un manège à sensations. Sonné. Ce n'est pas de "l'émotion", c'est juste sonné, dans l'impossibilité de penser. Israël ? la guerre? le massacre du 7 octobre? le massacre des palestiniens ?...
Je suis choquée alors que des milliers de vie disparaissent et ont disparu à Gaza et en Israël de façon atroce des scènes aussi choquantes apparaissent tout au long du film. Je n en vois pas l intérêt
Que de films éprouvants en cette rentrée 2025, et bien sûr c'est Cannes qui nous les envoie ! Après Sirat, voilà Oui du grand Nadav Lapid, et ici l'expérience est éprouvante, plus qu'étouffante (pour Sirat). Et donc, on éprouve, on ressent, on adhère et on rejette, on aime et on déteste, on est brinquebalé sans cesse dans toutes nos contradictions, on est pris à partie directement par le cinéaste, par l'adresse à la caméra, pas les personnages, par nos propres soubresauts et haut-le-cœur tout au long des 2h30 de l'expérience. Expérience aussi de mise en scène, d'inventivité pour exprimer des idées fortes. Alors, je dis oui, mais il faut mériter ce film. Sûrement une bonne chose.