Eddington
Note moyenne
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305 critiques spectateurs

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Antoine
Antoine

46 abonnés 77 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juillet 2025
Très bonne première partie d’un film drôle et incisif qui nous plonge dans l’atmosphère déroutante de l’émergence de la grande division de la société américaine. Puis à vouloir trop en dire et trop en faire, on passe d’un réalisme crédible à un burlesque qui en fait trop, qui s’essouffle et qui essouffle.
SpiderGogo
SpiderGogo

56 abonnés 120 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juillet 2025
Film assez fascinant qui dresse un portrait peu glorieux de l’Amérique contemporaine (gestion de la pandémie, racisme, patriarcat, agressions sexuelles, désinformation via les réseaux, l’endoctrinement…tout y passe), dans un mélange Western/Satire/Thriller qui peut parfois surprendre.
Joaquin Phoenix est excellent et porte le film mais on pourra regretter de ne pas voir énormément Emma Stone et Austin Butler alors que leurs personnages sont plutôt importants et intéressants.
La mise en scène d’Ari Aster alterne entre plans-séquences et caméra portée pour les moments où l’agressivité des personnages explose. Très belle photo de Darius Khondji, surtout pour les scène nocturnes. Par contre comme d’habitude, je trouve qu’Ari Aster a du mal à terminer ses films, c’est un peu longuet et la fin n’est pas la partie la plus intéressante.
C’est imparfait et ça divisera mais perso c’est une des meilleures expériences cinéma de 2025 pour l’instant (et ça fait du bien après les bouillies JW et Superman).
Sinaloc
Sinaloc

17 abonnés 68 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juillet 2025
Pour son quatrième film, Ari Aster, nouvelle figure du cinéma d'horreur, sort de sa zone de confort et nous livre une satire de l'Amérique contemporaine. Il est clair que ce film va diviser, mais si pour certains le film ne sera pas à la hauteur de leurs attentes, pour d'autres il frôlera la perfection sur bien des aspects.

Mai 2020, Eddington, Nouveau Mexique. Dans ce village perdu dans le désert américain, deux hommes de pouvoir s'opposent : Ted Garcia, maire à cheval sur les règles sanitaires et Joe Cross, shérif qui n'en a que faire des dangers du Covid-19. C'est dans ce contexte que se déroule l'histoire, qui apparaît comme une véritable satire d'une Amérique divisée et au bord de l'explosion. Si le film est parfois hilarant grâce à une écriture fine et travaillée, cette Amérique paraît cependant authentique de par une histoire aux enjeux réels et intriguants. Mais comme tout bon film d'Ari Aster, Eddington prend une tournure choc et prend des allures de thriller. Comme promis par la simple présence du réalisateur au générique, Eddington devient un théâtre de violences et de tensions, sans jamais oublier ce qu'il est : une satire d'une Amérique profonde déchirée et parfois même stupide.

Le casting, quant à lui, est absolument parfait. Si Pedro Pascal rayonne encore une fois, Joaquin Phoenix, lui, crève l'écran du début jusqu'à la fin grâce à une interprétation parfaite d'un personnage nuancé et sombrant dans une dangereuse folie.

Eddington est le film choc de l'été et un nouveau coup de maître dans la carrière d'Ari Aster.
Ufuk K

627 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juillet 2025
"Eddington" en compétition cette année au festival de Cannes (sélection officielle) est un western satirique qui se regarde. Bien que j'aie davantage apprécié l'authenticité de ses précédents longs métrages (Hérédité et Midsommar), le scénario présente également parfois des longueurs et des répétitions. Cependant, le réalisateur américain Ari Aster propose aux spectateurs une histoire qui débute par une satire sociale critiquant la politique de Donald Trump, en particulier sa gestion du Covid en 2020. Le film pivote ensuite vers un western horrifique, dénonçant une Amérique divisée, marquée par des inégalités sociales croissantes, le racisme, la violence policière et le recours massif aux armes à feu, avec un casting intéressant comprenant Joaquin Phoenix, Pedro Pascal, Emma Stone et Austin Butler.
Jean N.

336 abonnés 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juillet 2025
Je l'ai vu pendant le festival de Cannes 2025 et j'ai un peu changé d'avis en rédigeant ma critique 3 mois après.
En fait j'avais pas top aimé cet Ari ASTER mais avec le recul je me ravise en me disant c'est pas si mal que ça ! Tout le monde par contre ne sera pas de cet avis car certains vont détester d'évidence. ...
Le film s’ouvre sur une ville fictive du Nouveau-Mexique, EDDINGTON, frappée par "La Pandémie". Les rues sont vides, les regards soupçonneux, les écrans partouts. Le coronavirus plane comme une malédiction divine mais invisible ; Aster ne fait jamais du virus son sujet principal , non , Il s’en sert comme le révélateur d’une société au bord du goufre, où l’individu préfère la paranoïa au doute, la violence au dialogue. Le shérif Joe Cross (Joaquin Phoenix), figure désabusée et ringarde d’une autorité dépassée tente de maintenir tant bien que (plutôt) mal un semblant d’ordre. Face à lui, Ted Garcia (Pedro Pascal), maire populiste à la posture martiale (ça vous rappele pas quelqu'un??), manipule les peurs pour mieux affermir son emprise. Leur rivalité, grotesque et sinistre, fait basculer le film vers la comédie noire, un terrain inattendu mais parfaitement maîtrisé par Aster qui signe ici son film le plus risqué, et peut-être le plus abouti. Eddington est moins immédiat, moins frontal que ses précédents (Hérédité , Midsomar), mais il travaille en profondeur. Il dérange, questionne , à l’image de l’époque qu’il reflète ...
A voir , ça fait réflêchir sur cette période ahurissante qui pourrait revenir à chaque instant !!
Audrey L

829 abonnés 2 871 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juillet 2025
Le nouvel Ari Aster va diviser son public, un peu comme ses groupuscules de personnages extrêmes qui prêchent chacun pour leur église, s'enfermant peu à peu dans une spirale infernale de suffisance intellectuelle (les "savants-nés", ceux qui s'abreuvent de sources peu fiables qui corroborent leur seule version des choses) et d'escalade à la violence qui ne peut finir que par un drame. Bienvenue dans les États-Unis (et le monde) modernes, dont la pandémie de Covid a cristallisé le pire de cet humanité, et qui terrifie Aster plus que n'importe quel film d'horreur (pas besoin de monstre : la bêtise humaine est déjà bien flippante). Alors prenez votre ticket pour ce petit train touristique de tout ce qui ne va pas, à l'heure actuelle, des écologistes extrémistes aux climatosceptiques, des groupes violents pour la défense des minorités (avec ce jeune "blanc" qui s'interdit lui-même de participer à la manifestation pour les personnes de couleur, car "il n'a pas de légitimité au combat, il est blanc"... C'est complètement absurde, et ça souligne malheureusement le genre de discours déformé qu'on peut trouver sur les réseaux sociaux) aux conservateurs intolérants, des hypocondriaques aux conspirationnistes du Covid, des accrocs aux réseaux sociaux qui filment (et sortent de leur contexte pour créer du buzz) absolument n'importe quelle phrase au vieux flic qui ne veut pas s'informer de ce qui ne concerne pas son village... Tout, vraiment tous les extrêmes actuels sont là, à s'écharper bruyamment, dressant un portrait du monde aussi inquiétant qu'il est réaliste. D'ailleurs, si l'on prend l'affiche d'origine, elle montrait trois bisons (symboles des États-Unis) dont les deux premiers (les deux partis opposés, quel que soit le sujet) sont déjà en train de chuter, et le troisième regarde les deux devant lui et entame lui aussi sa chute... Extrapolons une seconde : sommes-nous ce dernier bison, tellement grégaire (le bison est un animal aux réflexes de troupeau, comme le mouton) qu'il ne fait rien pour se sauver de cette déchéance ? N'est-ce pas un tacle de Ari Aster qui nous compare à des animaux qui meurent tous ensemble, plutôt que de réfléchir à se sauver ? Bref, le fonds du film nous a fait cogiter, inquiéter sur son réalisme (malgré une volonté de caricature, rattrapée par le quotidien...), et admirer une fois de plus le jeu transcendé de Joaquin Phoenix. A contrario, le rythme du film est très pantouflard, il met un temps considérable à atteindre l'escalade de violence, l'explosion qu'on attend tous, il adopte un ton tellement cynique qu'il pourra en agacer certains (ce n'est pas fin, ça y va avec de gros sabots dans la critique sociétale), et le casting est carrément mensonger. Ne venez pas pour voir quelqu'un d'autre que Phoenix, vous allez être déçu. Austin Butler : 30 secondes de temps d'écran. Emma Stone : 3 minutes. Pedro Pascal (qui s'en tire un peu mieux) : 10 minutes. Donc ne tenez pas compte de l'affiche qui vous vend un fantasme, seul Phoenix tient le pavé (poussiéreux du désert) durant 2h30, mais il le fait bien. Cet Eddington est nettement plus accessible que le précédent Beau is Afraid (qu'on n'apprécie pas franchement), mais vraiment moins bien écrit que Hérédité et Midsommar, sans conteste. Dans un ventre mou de la filmographie de Ari Aster, il se fait quand même sa place honnêtement, pêchant par son rythme mollasson et sa technique moins inspirée qu'auparavant, mais gagnant ses points avec sa critique ultra acerbe (car très inquiète, on le sent bien) du monde d'extrêmes opposés, sur-affirmés dans leurs opinions toutes prêtes, souvent jusqu'au ridicule, parfois jusqu'au drame. Ne faisons pas comme les bisons, soyons plus intelligents, plus bienveillants, car la chute est déjà entamée. Donc pas "bisons" : bisous.
LeBron A.
LeBron A.

9 abonnés 4 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 juillet 2025
J'ai eu l'occasion de voir Eddington au NIFFF (Neuchâtel International Fantastic Film Festival) en première suisse.

J'avais pleine confiance en Ari Aster. Je voyais dans ses 3 premiers films une patte nouvelle d'un réalisateur désireux de pondre des oeuvres originales. Ses films sont malaisants à souhait, Midsommar m'avait pris aux tripes. Mais que dire de ce Eddington confus et trop long. Certaines scènes sont juste inutiles. Certains personnages ne sont que très peu développés. Leurs idées et leurs discours ne mènent à rien. La trame principale tire sur le satirique mais manque cruellement d'audace et d'émotions lorsque l'on connait le réalisateur et ses ambiances très perturbantes qui ont le mérite de produire de l'émoi.

Eddington n'est pas un mauvais film en soit. Les acteurs et actrices assurent, la mise en scène est impeccable et l'univers est convaincant. Je suis déçu car je m'attendais, et la salle comble également, à voir une nouvelle pépite signée Ari Aster. Au lieu de ça, nous avons eu droit à un film moyen, encore une fois trop long, avec un petit côté absurde, rien de plus.
Olivier Pasquier
Olivier Pasquier

1 critique Suivre son activité

1,5
Publiée le 9 juillet 2025
Découvert a Cannes le film est une sorte de fourre tout sans aucun rythme et se terminant dans le grand n'importe quoi.
Zimboume
Zimboume

3 abonnés 22 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 mai 2025
Vu en avant premiere. Film tenu par l'excellente performance de Joaquin Pheonix . Réalisation maitrisée, mais message un peu touffu. A vouloir trop dénoncer de causes, on s'y perd un peu
Dora M.
Dora M.

79 abonnés 548 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 mai 2025
Eddington est le nom de la petite ville des Etats-Unis dans laquelle se déroule l’intrigue. J’ai trouvé la première partie du film un peu ennuyeuse une fois que les personnages ont été présentés (le shérif / Joaquin Phoenix et le maire / Pedro Pascal, en totale opposition / rivalité, si bien que le shérif décide de se présenter à la prochaine élection à la mairie).
Il y a plus d’actions dans la 2eme partie mais justement plus on avance dans le film, plus on se dit que c’est « trop ».
De plus, il y a trop de thèmes développés dans le film, on y retrouve tout ce qui peut faire partie de l’identité des Etats-Unis, du coup ça fait brouillon, c’est confus (je trouve que la fin manque notamment beaucoup de clarté) : mesures liées au covid, complotisme, port d’armes, ségrégation, violence policière, héritage des navajos… à vouloir tout traiter, on ne parle de rien en profondeur.
Shawn777

831 abonnés 4 001 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 mai 2025
Bon alors comme dans chaque nouveau film d'Ari Aster, il faut se préparer à un univers particulier aux personnages qui le sont tout autant auquel on peut être très réceptif comme pas du tout. Et là, je constate qu'une majorité de spectateurs a été déçu. Ce qui peut clairement se comprendre, le réalisateur changeant de plus une nouvelle fois de registre après ses trois premiers films, tout en restant quand même dans une vibe malsaine et angoissante. En pleine pandémie de Covid, le shériff d'une petite ville qui est très contestataire de manière générale va s'opposer aux idéaux du maire, ce qui va instaurer un climat de plus en plus anxiogène. Enfin c'est en tout cas à partir de cet évènement que tout va dégénérer façon premier segment de "Beau Is Afraid". Clairement, le réalisateur n'y va pas avec le dos de la cuiller, il essaye en un seul film de traiter un peu toutes les problématiques que rencontre actuellement les États-Unis, ce qui fait évidemment échos au mandat actuel de Donald Trump. Et c'est également un peu le problème majeur du film, non pas de traiter de ces problèmes mais plutôt de vouloir concentrer tout un tas de choses d'un coup, ce qui donne cette impression constante de film foutraque. On a en plus une montée en pression qui explosera dans la dernière partie du film, qui m'a personnellement beaucoup plu car très jouissive mais qui en laissera plus d'un sur le carreau ; trouvant peut-être qu'il y a un étalage de violence pas forcément nécessaire. Néanmoins, cette impression de bordel constant, elle est là aussi pour appuyer le propos du réalisateur, un ressenti qu'il a sûrement envers un pays de plus en plus chaotique ; pas uniquement à cause de son gouvernement mais également à cause de ses habitants, creusant des fossés de plus en plus grands entre des avis divergents. Des propos nuancés et une subtilité perdue et qu'on ne retrouve d'ailleurs jamais dans le film et c'est donc en ça que cette ambiance chaotique fonctionne bien même si c'est très poussif par instants. "Eddington" n'est donc clairement pas le meilleur film du réalisateur qui semble parfois se perdre dans ce qu'il cherche à raconter même si, dans le fond, une cohérence réside dans ce chaos.
Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 juillet 2025
Avec Eddington, Ari Aster poursuit sa mue. Après avoir tordu les codes de l’horreur psychologique (Hérédité), du folk horror (Midsommar) et du drame kafkaïen (Beau Is Afraid), le cinéaste américain abandonne les motifs fantastiques pour affronter de front l’angoisse contemporaine. Ici, pas de cultes païens ni de spectres vengeurs : l’horreur est partout, infiltrée dans les masques chirurgicaux, les chaînes d’info en continu et les cellules familiales en implosion. Eddington est un film sur la peur. Celle de l’autre. De la vérité. De la réalité.

Le film s’ouvre sur une ville fictive du Nouveau-Mexique, Eddington, en pleine pandémie. Les rues sont vides, les regards soupçonneux, les écrans omniprésents. Le coronavirus plane comme une malédiction abstraite, mais Aster ne fait jamais du virus son sujet. Il s’en sert comme déclencheur : le révélateur d’une société au bord de la rupture, où l’individu préfère la paranoïa au doute, la violence au dialogue. Le shérif Joe Cross (Joaquin Phoenix), figure désabusée et maladroite d’une autorité dépassée, tente de maintenir un semblant d’ordre. Face à lui, Ted Garcia (Pedro Pascal), maire populiste à la posture martiale, manipule les peurs pour mieux affermir son emprise. Leur rivalité, grotesque et sinistre, fait basculer le film vers la comédie noire, un terrain inattendu mais parfaitement maîtrisé par Aster.
Reflet d’un pays fracturé

Le film ne raconte pas une histoire à proprement parler. Il expose un effondrement. Celui d’une démocratie locale minée par les fake news, la défiance et la violence structurelle. Les dialogues sont tranchants, les situations absurdes, et le climat constamment sous tension. Aster filme une société malade comme il filmait autrefois une famille endeuillée : avec froideur, précision et une forme de cruauté clinique.

Le choix de l’affiche n’est pas anodin : un diorama représentant des bisons lancés vers leur chute, qui est l’œuvre de David Wojnarowicz, Untitled (Buffalos). Cette image devient l’emblème du film. Le passé, ici, n’est pas un décor : c’est une faille. Aster fait de cette scène une allégorie de l’Amérique contemporaine, lancée à pleine vitesse vers sa propre désintégration. Comme chez Wojnarowicz, la beauté plastique masque une rage sourde. C’est tout l’art d’Aster : faire surgir la violence sous l’esthétisme, sans jamais céder au spectaculaire.

Eddington ne se contente pas de contextualiser l’époque post-2020. Il en révèle la matrice : une société obsédée par ses armes, ses écrans et ses fantômes idéologiques. Le film convoque en creux les émeutes de 2020, la mort de George Floyd, les débats sur le second amendement, les fake news et l’érosion du lien social. Rien de démonstratif pour autant : Aster laisse ces éléments infuser dans un récit éclaté, parfois flottant, mais toujours tendu.


Dans ce paysage en ruines, Joe Cross est une figure tragique. Mal à l’aise avec la technologie, englué dans ses propres contradictions, il tente d’apaiser un monde qui ne veut plus de lui. Il parle peu, rate souvent, mais incarne une forme d’humanité maladroite. Joaquin Phoenix, comme souvent, excelle dans ce rôle d’homme brisé. Le personnage pourrait prêter à rire, ce qui est souvent le cas, mais une tristesse profonde finit toujours par remonter à la surface. Ses relations avec sa femme (Emma Stone, glaçante) et ses adjoints achèvent de dresser le portrait d’un homme seul, dépassé par une époque qui ne veut plus de médiation, seulement du clash. Joe ne combat pas des monstres : il combat l’indifférence, le cynisme, et l’aveuglement collectif. Et il perd.
Un film malade avec son époque

Eddington est un film inconfortable. Il ne délivre aucun message clair, ne propose aucune issue, et brouille constamment les pistes. Certains pourront y voir un défaut ; d’autres y reconnaîtront la marque des grandes œuvres politiques. Car Aster, plus que jamais, interroge notre capacité à croire. À croire en l’autre, en l’État, en la vérité. Le film ne cherche pas à dénoncer : il dissèque. Il observe les symptômes d’un effondrement sans faire de diagnostic. La mise en scène, sobre mais précise, refuse l’esbroufe. L’horreur vient ici du hors-champ, du quotidien, de l’implicite. À la fois satire politique, comédie noire et drame social, le film parvient à capter l’air du temps sans jamais sombrer dans l’opportunisme.

Ari Aster signe ici son film le plus risqué, et peut-être le plus abouti. Eddington est moins immédiat, moins frontal que ses précédents, mais il travaille en profondeur. Il dérange, questionne et dérègle, à l’image de l’époque qu’il reflète. Un film nécessaire ? Peut-être. Un film lucide ? Assurément. Un cauchemar politique d’une précision clinique, qui nous tend un miroir sans fard : celui d’une société où la peur est devenue le langage commun.

Retrouvez toutes nos critiques du festival de Cannes 2025 sur Le Mag du Ciné.
SeB_from_Mars
SeB_from_Mars

12 abonnés 16 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2025
Un film fourre-tout. Toutes les thématiques y passent. Ce qui le rend indigeste. Joaquin Phœnix fait le travail mais malgré tout cela ne sauve pas le film trop riche en idées.
Melvin RICHER
Melvin RICHER

33 abonnés 201 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mai 2025
C'est une critique social très actuelle, drole et triste à la fois, ça nous montre vraiment la digression humain sur les dernières années, avec un scénario très prenant surtout grâce à l'interprétation de Joaquin pheonix toujours remarquable. Mais aussi avec le cadre et l'esthétique de la seconde partie du film qui m'a conquis, c'est du Ari Aster tout cracher on dirait même une sorte d'épisode parallèle à Beau is afraid.
Bref un film à aller voir clairement (sûrement un favoris de la palme d'or avec Sirat)
Simon Bernard
Simon Bernard

208 abonnés 689 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 mai 2025
Joe Cross est le shérif de la petite bourgade d'Eddington au Nouveau-Mexique. Farouche opposant au maire qui applique les directives gouvernementales liées au COVID-19, il entame un combat et refuse de porter le masque. En parallèle, afin de séduire une jeune activiste du mouvement black lives matter, le fils du maire se lance dans la manifestation politique.

spoiler: "Eddington" est littéralement coupé en deux parties très distinctes. On commence avec une très longue mise en place d'une heure et demie qui plante un décor de petite ville politiquement contrastée. On nous donne beaucoup de scènes de vie quotidienne mais assez peu de détails sur les histoires des personnages... qui seront de toutes façons presque tous zigouillés à la va-vite dans une deuxième partie explosive et bordélique. À certains instants, je crois capter ce que veut me dire Ari Aster, mais ça ne dure que quelques secondes. Puis, je retourne dans son magma pas toujours très compréhensible ni réaliste.
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