Comment juger un film qui est filmiquement magnifique, et même par moments envoûtant, mais qui est par ailleurs complètement idiot et traversé de longs tunnels d'ennui? C'est impossible.
Comment juger un film qui nous ramène à Mad Max, au Salaire de la peur avec un peu de Werner Herzog, mais ne sait pas où il va?
Je dois dire que j'ai failli pour la première fois de ma vie filer au générique, tant le désaccord entre cette sublime nature marocaine, avec ses murailles de pierre couleur de corail, et l'abominable peuple de ravers se secouant au rythme d'une non moins abominable techno m'a agressée!!
La fêtarde population est gratinée, et je crois même que dans Mad Max ils sont moins laids. Festival de tatouages, de fantaisies capillaires et de piercings bien sûr, mais aussi de moignons, de mâchoires édentées et de trognes difformes. Ca donne envie...
Dans cette foule cosmopolite, arrive Louis (Sergi Lopez excellent), qui recherche, accompagné de son jeune fils Esteban (Bruno Nunez Arjona) et du chien Pipa, sa fille disparue depuis six mois, et qui aimait ce type de fête. Il montre sa photo: personne ne la reconnait.
L'armée arrive pour disperser les teufers. Mais Louis va suivre deux camions d'irréductibles (Stefania Gadda, Jade Oukid, Richard Bellamy, Joshua Liam Henderson, Tonin Janvier) qui déjouent l'armée pour s'enfoncer vers la frontière avec la Mauritanie où une autre rave serait prévue. Bon, c'est vaste la frontière entre le Maroc et la Mauritanie, et pas vraiment sécure.... quand on vous dit que tout est idiot!
Le petit convoi part donc avec peu d'essence et pas trop de vivres vers le sud. Mais, comme il n'y a pas de routes carrossables au Maroc (??), il s'engage sur des pistes de montagne où on ne ferait pas passer un mulet. A côté, les routes du Salaire de la Peur, se sont les Grands boulevards. (On me dit que c'est parce qu'ils veulent éviter l'armée parce que oui, entre temps, c'est ballot, mais la troisième guerre mondiale a éclaté...)
Ca finit en grand n'importe quoi, style tir aux pigeons.
Et surtout cela laisse très en colère, parce que, tout ça pour ça.... Il y a un tel gaspillage de talent, parce que oui, il y a du talent.
Et aussi parce que ce thème de la quête pour la quête, de la poursuite d'un but auquel on ne croit plus, parce que ce n'est plus le but qui compte mais la route pour (ne pas) y parvenir, c'est un beau thème. Et qu'on est passé complètement à côté.
A part cela, je dois dire que la musique composée par Kangding Ray, en tant que musique de film, est remarquable.