Sirāt
Note moyenne
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QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 septembre 2025
Un film unique sur le fond comme sur la forme. Sur la forme : des paysages visuels et sonores travaillés avec virtuosité et puissance, aussi beaux qu’inquiétants. Sur le fond : une progression dramatique aussi déroutante que mystérieuse. Ça commence de manière concrète avec ce père et son fils à la recherche de leur fille et sœur. Avec aussi la peinture d’une communauté des ravers. Et ça bifurque littéralement quand deux camions et la voiture du père et de son fils faussent compagnie au convoi encadré par l’armée marocaine. Ça bifurque d’abord vers une potentielle autre fête en plein désert, puis le sens du voyage devient plus incertain au fil des kilomètres, au milieu de nulle part. Comme le note Jacques Morice dans sa critique de Télérama, le film prend alors l’allure d’un “assemblage de Werner Herzog, de Mad Max et du Salaire de la peur”, nimbé d’une étrangeté qui touche autant à la réflexion sociopolitique qu’à l’ésotérisme. En tout cas, on bascule dans le métaphorique. Alors que le périple plonge dans un rythme vaguement engourdissant, on est secoué par plusieurs scènes choc et sidérantes, qui donnent au road-trip des accents initiatiques cruels et stressants. Il y a comme une notion de passage sacrificiel qui fait écho au titre du film, Sirāt, désignant en islam le pont entre enfer et paradis. Mais vers quoi vont les personnages ? Si l’on tient compte du contexte évoqué par quelques bribes d’informations perçues à la radio (exode, guerre locale puis générale), on peut voir dans ce voyage l’odyssée mortelle d’une humanité en perdition dans un monde en guerre. Une fatale traversée du désert. L’auteur Oliver Laxe parle quant lui d’un “chemin intérieur qui pousse à mourir avant de mourir”, dans un propos rapporté par le même Jacques Morice, de Télérama. Propos sibyllin. S’agit-il d’éprouver la mort ou la peur de la mort pour mieux se préparer à la fin (du monde) ? Ce film est aussi une odyssée de la musique, du son, des vibrations (qu’on n’a jamais vécus ainsi au cinéma, dans tout notre corps) vers le silence. Silence désespéré ?
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 septembre 2025
Prix du jury ( Cannes 2025 ) " Sirat " ( le titre vient du nom du pont qui, dans les hadiths du prophète, tout un chacun traverse au moment du jugement dernier. Le Sirat enjambe l'enfer et conduit au paradis. Selon son comportement dans sa vie terrestre, on tombera dans l'un ou on ira jusqu'à l'autre ), se présente sous la forme d'un road movie, dont le sous-texte est sans doute métaphorique.

Le chemin suivi par les personnages peut être vu comme une sorte de représentation de la vie elle-même, s'inscrivant finalement sous le signe de la perte.

Perte de la jeune fille que l'on recherche, perte des membres - sa main, sa jambe, de sa famille biologique, d'un enfant, d'un(e) ami(e), de son compagnon, de son chemin.

" Comment es tu passé ?" " Je ne sais pas. J' ai avancé sans y penser ". Ce court échange est (peut-être) celui qui révèle le plus clairement l'aspect allégorique de " Sirat " comme portrait de l'existence.

Filmé dans le désert marocain, parfois comparé ( un peu abusivement selon moi ) au " salaire de la peur " de Clouzot, " Sirat " n' est certes pas dépourvu d'un climat envoûtant, même hypnotique.

Cependant, son aridité, son scénario réduit finalement à une idée, l'absence presque totale de dialogues m'ont laissé au bord du chemin.

Ça se laisse voir, mais le traitement du sujet me paraît beaucoup trop minimaliste pour susciter mon adhésion complète.
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 septembre 2025
Un film surprenant, vu avec le club Allo ciné, atypique, presque un Ovni : des moments de fulgurance absolu, avec des sujets peu traités au cinéma : sur la mort , la perte soudaine et violente d’un être cher , la fragilité de la vie , la fraternité, le changement d’environnement, très dur, Oliver Laxe a vraiment une personnalité à part .
Souvent violent mentalement, sec et abrupt, et puis alternant avec des moments de lenteur, presque ennuyeux , quasi contemplatif, des plans fixes de désert, ou de rails de train qui défilent, comme la vie.
Tout cela se passe dans un milieu très atypique, celui de jeunes altermondialistes, marginaux, qui participent à des rave party et des fêtes sauvages , avec leur camionnette & vans militaires aménagés, nomades des temps modernes. Ici le héros principal, formidable Sergi Lopez , qui a peut-être le plus beau rôle de sa carrière, en tout cas le plus intense, le plus tragique, est un père parti à la recherche de sa fille disparue, on ne saura jamais trop , pourquoi et comment. Ni pourquoi il commence à suivre cette caravane de raveurs . De plus il est accompagné de son jeune fils Esteban, d’une douzaine d’année, qui était très proche de sa sœur aînée et veut participer à cette recherche .
Ils découvriront une certaine fraternité chez ses marginaux, et la musique électro, sorte de fil rouge du film deviendra leur musique sacrée, tribale, leur point de ralliement, leur messe secrète. Des rebondissements incroyables, auxquels on ne s’attend pas du tout, parfois très choquant. Les paysages du grand Atlas marocain à la frontière Mauritanienne sont superbes, magnifiquement filmé, des colorations, ocres, rouges, carmins, des falaises abruptes, comme coupées au scalpel . Il s’agit vraiment d’un voyage initiatique, et cela nous rappelle deux grands films de Barbet Schroeder : « More » , mais surtout « la Vallée » , film mythique & culte sur la période hippy , avec le lequel Sirat a une filiation directe.
Un film très surprenant et dérangeant, mais qui mature extrêmement bien après quelques jours et semaines, et reste en nous comme un trip partagé .
Cela donne envie de découvrir les films précédents de Laxe. Et surtout d’attendre sa prochaine production.
Charles-Maxime
Charles-Maxime

62 abonnés 58 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 mai 2026
Un film en deux parties inégales et totalement différentes. Vingt premières minutes sonores prodigieuses. Une puissante bande son techno qui magnifie le désert marocain. La balade musicale continue et nous enfonce dans les dunes et les rochers du désert saharien. Puis, le film devient silencieux et s’assombrit brutalement. Le désert devient ennemi, la première partie est complètement occultée.

C’est un film qui se regarde autant qu’il s’écoute. La singularité, l’esthétisme et la bande son foudroyante lui valent le « Prix du Jury » à Cannes.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 septembre 2025
Amber Decay qui ouvre ce film est l’un de mes morceaux de techno préfèré et la bande son composée par le français Kangding Ray l’une des meilleures du XXIe siècle.
A l’instar de celle de Oneothrix Point Never pour Good Time elle est plus qu’un élément d’habillage. C’est un personnage du film.
Sirat est un trip sensoriel magnifié par les images du désert marocain qui nous emmène avec un père à la recherche de sa fille dans des free parties.
Oliver Laxe utilise un axe documentariste en faisant tourner des acteurs non professionnels, hormis Sergi Lopez, son fils et le chien (éblouissant et détenteur justifié de la Palm Dog à Cannes cette année).
Une galerie de freaks qui connaissent les murs d’enceintes, le sable, la vie en camion, la vie loin du système, la drogue et les forces de l’ordre.
Ce film commence comme une quête, un voyage en terre électronique aride puis alors qu’il devient presque ennuyeux arrive une déflagration scénaristique inouïe.
Qui m’a laissé bouche bée.
Une bouche que je n’ai plus refermée jusqu’à la fin du générique.
L’aura mystique et métaphysique de Sirat ne plaira pas à tout le monde, et ce n’est pas grave, juste un peu dommage pour ceux qui passeront à côté. Il faudra sans doute apporter ou confronter un peu de soi pour que l’expérience soit complète.
Il y a des films que l’on regarde, d’autres, plus rares, qui nous regardent. Sirat est de ceux là.
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 septembre 2025
Après les étincelles de Viendra le feu, son précédent long métrage, l'attente était grande devant Sirât, avec une expérience sensorielle ultime espérée. C'est bien là que se situe la surprise du film, dans son incapacité à nous emmener dans un véritable trip dans le désert, même avec une musique de rave plutôt excitante. Quel dommage que les personnages manquent autant de profondeur et que, soudainement, les péripéties s'enchaînent, inutilement cruelles, d'ailleurs, dans un pile ou face censé être explosif mais qui ne peut être considéré comme autrement que gratuit. L'objet radical promis n'est vraiment pas au rendez-vous et l'on se contentera d'une sorte de mix aléatoire entre Enter the Void et Le salaire de la peur, soit une aventure qui ne manque pas de sable mais de sel. Attention, l'ennuie ne plane pas au-dessus de Sirât, qui se suit sans déplaisir aucun car le sud marocain est éblouissant et Oliver Laxe sait parfaitement le filmer, quand il délaisse les corps en transe dans des scènes déjà vues mille fois. Ce bon Sergi López est lui relativement neutre dans un film que l'on nous promettait extrême et féroce. Ce qu'il n'est pas vraiment, cheminant vers on ne sait quel horizon, et finissant presque par s’ auto-détruire. C'est peut-être ce que l'on appelle prêcher dans le désert.
Marc C
Marc C

52 abonnés 212 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2025
Oeuvre choc, traumatique. Une expérience qui ne sera pas facile à vivre, surtout dans la dernière partie du film (pas de spoil). Des interprètes et des gueules qui vous emmènent sur le "sirat", le pont qui relie l'enfer et le paradis. Des images et un son qui vous hantent longtemps. Un chef d'oeuvre ? Certainement, mais pas avec l'envie de le revoir de sitôt.
CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

82 abonnés 285 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 septembre 2025
Film singulier, unique, une sorte de Voyage au bout de l’enfer taiseux, qui démarre lentement. Très ..,
Puis soudain vous saisit avec violence, et le spectateur devient peu à peu un zombie, ressemblant à ces «  Raveurs » mis en scène dans le désert marocain. Difficile d’en dire plus. Sachez juste que l’émotion y est maximale, que c’est éprouvant et que cela vaut tous les films d’horreur du monde. Celui ci possède un véritable réalisateur, une musique entêtante, des décors fabuleux, des comédiens ( pour la plupart amateurs) formidables. Et il possède une âme. Une humanité qui ne vous lâchera pas. Courrez y , c’est une expérience rare
Aurélien Merceron Laubus
Aurélien Merceron Laubus

59 abonnés 21 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 10 septembre 2025
Le réalisateur semble avoir eu pour simple projet de mettre en film ses (ego) trips de raveur / burner sous acide avec des prétentions métaphysiques et surtout nihilistes. En résulte un film faux et boursouflé, tape-à-l'œil et tape-à-l'oreille, hors de tout réel, au scénario d'un sadisme qui confine au terrorisme cinématographique et sans issue, imbu de sa (réelle) maîtrise technique et esthétique. Mais comme tout ce qui fait bling-bling et dingue-dong à l'écran, on l'encensera comme un futur film culte...
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 septembre 2025
Co-produit notamment par Pedro Almodóvar et récompensé cette année par le Prix du Jury cannois, ce 3e long-métrage du réalisateur franco-espagnol Oliver Laxe suit Luis, un père de famille accompagné de son fils Esteban, et à la recherche de sa fille aînée, Marina, disparue il y a de cela plusieurs mois lors d'une rave party au Maroc. Faisant connaissance avec un petit groupe de ravers qui se rendent dans le sud du pays pour un nouvel événement musical et confidentiel, père et fils décident de les accompagner pour espérer y retrouver Marina.

Faisant partie des films très attendus de cette rentrée 2025, ce «Sirāt» (signifiant symboliquement en arabe "le pont qui relie l'enfer et le paradis"), s'avère être une œuvre atypique et sensorielle comptant en son sein bien des qualités (en particulier formelles), mais qui ne m'a finalement pas autant embarqué que je l'aurai espéré.

Apportant dès son ouverture un soin tout particulier à son aspect sonore (ces basses immersives résonnant dans ce décor de no man's land marocain), il s'agit là de l'histoire d'une quête qui va progressivement laisser place à un sentiment d'errance et de perdition, alors que le monde a basculé dans une guerre totale et que la vie semble avoir désertée ces vallées interminables.

Un film aux sonorités expérimentales, levant notamment le voile sur cette communauté assez obscure qu'est celle des ravers, ici dépeints comme des êtres dévorés par la vie, mais s'entraidant toujours pour essayer de parvenir ensemble à destination et y trouver une forme d'élévation évasive par la musique.

Un road-movie se déroulant dans une sorte de purgatoire désertique dont nos personnages ne vont pas ressortir indemnes, et basculant progressivement dans quelque chose de plus abstrait et contemplatif dans sa mise en scène, un peu comme si «Gerry», «Le Salaire de la peur/Sorcerer» et «Zabriskie Point» venaient à ne plus faire qu'un.

Un long-métrage qui avait tout en lui pour en faire une œuvre forte et durablement marquante, mais auquel il m'a étrangement manqué une véritable connexion émotionnelle pour m'immerger et me perdre pleinement dans ce voyage pas comme les autres et me retrouver en empathie avec ce que traversent nos protagonistes (pourtant incarnés très justement par casting des plus crédible), à l'image de ces deux moments de bascule censés être assez tragiques ( spoiler: celui du frein à main et des mines, même si pour ce second, la tension qui s'ensuit était bien présente à l'écran, il faut le reconnaître
), et face auxquels je suis finalement resté plutôt insensible (ma réaction s'est à-peu-près limité à un "ah ben, ça c'est bête alors."), peut-être en raison d'une approche un peu trop "grotesque" dans ces moments censés provoquer un autre type d'émotion.

Une expérience originale et jusqu'au-boutiste (même si pas aussi radicale qu'on pourrait le penser), jouant sur son ambiance immersive avec un talent certain (à l'image de cette danse finale voulant conjurer la mort, avant que celle-ci ne frappe à nouveau), mais un périple qui, paradoxalement, m'a laissé un peu à distance de son récit pour me sentir totalement et profondément connecté à lui.

Bref, pas forcément la grosse déflagration cinématographique à laquelle je pouvais m'attendre, mais un film qui ose et qui vaut le coup d'être découvert en salle pour se faire son propre avis, comme toujours.
Lea Lagesse
Lea Lagesse

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 septembre 2025
Un des meilleurs films que jai pu voir cette année, qui ne ressemble à aucun autre malgré les nombreuses inspirations. Une expérience sensorielle plus que cérébrale, renforcée grâce à une musique organique. Dans un contexte de fin du monde où les personnages n’ont de compte à rendre à personne, la dureté du film est nécessaire pour explorer ce qui nous rapproche le plus de notre humanité.
Henner
Henner

93 abonnés 142 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 10 septembre 2025
Un film à l'esbroufe, sans intérêt, l'intrigue initiale sur le milieu de la rave se perdant dans les sables du désert. Long, lourdingue, ennuyeux. Comme apparemment on ne sait trop quoi faire, on créée la surprise avec deux ou trois secousses qui réveillent vaguement et puis quoi ?? Il y a un message ? Lequel ??? On se demande ce que l'excellent Lopez est allé faire dans cette histoire molle et spécial du jury ... "hé bé" ... comme on dit dans le sud-ouest. On parle beaucoup pour ne rien dire, on meuble comme on peut, les plans s'étirent à l'infini comme les dunes. Le moteur initial s'encrasse, tousse et finit par s'arrêter. Il parait que c'est un film métaphysique que le spectateur "n'en sortira pas indemne" selon une formule archi rabattue, que le mot "Sirat" désigne en arabe la voie étroite entre le paradis et l'enfer.
Hé bien, pas d'erreur, c'est du mauvais côté que le film est tombé.
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 septembre 2025
Wouch ! Je ne l'ai pas vu venir et la claque fut monumentale !
"Sirat" a tout pour lui : la beauté, l'ambiance, la puissance émotionnelle, les différents niveau de lecture, ...


Tout d’abord sur la forme. «Sirat » est splendide. Sublime photographie mettant en valeur le désert marocain avec un beau jeu sur les lumières. La musique est également un des gros points forts du film et en occupe une place extrêmement importante. Un régal pour les yeux et les oreille tout en concourrant beaucoup à la mise en place d’une ambiance et d’un univers assez proche du post-apocalyptique.


Le fond ensuite. Un scénario dont l’idée tient en une ligne : un père de famille suit une bande de fêtards à travers le désert pour retrouver sa fille. Là n’est pas l’essentiel mais plutôt l’atmosphère que le cinéaste Oliver Laxe en tire. Et de ce côté-ci, le résultat est incroyable. « Sirat » est un road-movie assez hypnotisant et captivant, nous prenant aux tripes, ponctué de piques d’intensité émotionnelle ici et là. Un peu comme une symphonie aux nombreuses nuances musicales.
Simple en apparence, l’intrigue présente plusieurs niveaux de lecture.


J’avoue avoir été sacrément secoué durant la séance. Rares sont les longs métrages m’ayant fait autant d’effets. La marque du cinéma d’exception.
Guillaume LR
Guillaume LR

43 abonnés 157 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 juin 2025
Vu au festival de Cannes 2025.
Sirãt va marquer profondément l'édition 202( du festival et tous les spectateurs qui l'ont vu.
Cela démarre comme une recherche d'une fille et soeur disparue, par un père et son fils, au Maroc dans une rave party. Puis cela va glisser subitement, très subitement sans qu'on l'ait vu venir vers une métaphore du voyage et de la perte
L'ambiance est complètement folle. La musique trance y est pour beaucoup, tout comme les somptueux (mais dangereux ?) paysages du Maroc.
Je crois qu'on peut parler de traumatisme quand on regarde Sirãt. Les ravers, abimés de la vie, deviennent temporairement une famille de substitution pour Sergi Lopez et son fils, et les liens vont se tisser dans ce road-movie à visée initiatique...
À ne pas rater !

[MAJ palmarès de Cannes : Prix du jury]
takeshi29
takeshi29

35 abonnés 141 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juillet 2025
Je n'ai qu'une envie, être au 10 septembre et retourner voir "Sirāt" dans une salle qui envoie du lourd au niveau du son, qui me permettra une meilleure immersion à ce niveau que celle connue dans la majestueuse, mais trop limitée quand il s'agit de régaler les cages à miel, grande salle de La Rochelle.

Passé ce point important à signaler j'ai vécu un moment forcément rare quand on est comme moi un vieux monsieur qui va parfois au cinoche, j'ai vu quelque chose que je n'avais jamais vu, des plans ont fait résonner en moi des croyances que je croyais révolues, j'ai été électrisé, choqué, et j'ai senti un millier de personnes frissonner à l'unisson. Il est forcément frustrant de parler de cette dinguerie, de ce pont transcendant censé mener de l'enfer au paradis, aujourd'hui car ce serait criminel d'en dire plus, de révéler l'origine des émotions multiples qu'elle procure. Je suis reconnaissant envers ceux que j'ai croisé depuis Cannes et qui se sont contentés de me dire « C'est l'histoire d'une rave party dans le désert » et je vais donc en faire de même, vous laisser avec ce résumé pas faux mais pas vrai non plus. Car "Sirāt" est tellement plus que ça, une déclaration d'amour à un cinéma qui n'existe plus mais en version , qui justifie l'existence des salles et l'expression souvent galvaudée d'expérience collective.

Un petit mot pour le christique Oliver Laxe, que je n'avais pas vu de mes yeux vu au moment de la sortie de l'excellent "Viendra le feu" : « C'est un peu honteux d'avoir autant de talent et d'être aussi beau, il faudrait peut-être en laisser aux autres. Vos personnages marchent dans le sable, si ça continue ainsi un jour vous, vous marcherez sur l'eau. Ah oui je voulais aussi vous dire qu'un certain jury a raté une sacrée occasion de palmer un immense geste de cinéma. Mais pas certain que Juliette Binoche considère "Mad Max" ou "Sorcerer" comme suffisamment nobles. »

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