Voici LE film que tout cinéphile attend de voir une fois dans sa vie : beau, puissant et par dessus tout imprévisible, ne ressemblant à rien de ce qui a été projeté dans une salle de cinéma jusqu'à ce jour.
On ne comprend qu'approximativement ce qu'on voit (et entend !) dans un premier temps, et puis le film nous embarque dans une sorte d'aventure picaresque qui nous ravit, avant tout d'un coup d'imposer dans la salle une déflagration comme j'en ai peu vécu dans ma vie de spectateur.
A partir de ce moment, Sirat devient une Odyssée onirique, hors du temps, dans un espace indéfini à l'ampleur vertigineuse, à la fois très loin de notre quotidien et tout à coup rattrapé par la plus cruelle des réalités, de celles qui nous font agripper l'accoudoir du fauteuil de la salle de cinéma comme on ne l'a jamais fait.
J'ai conscience en écrivant ces lignes que je n'apporte rien de très éclairant à ceux qui n'ont pas vu le film, mais qu'ils me fassent confiance : sous ses atours de film "simple" sans morale, sans afféteries formelles, Sirat est une expérience de cinéma comme on en vit peu, entre nihilisme sensuel et cauchemar solaire.
un film hypnotique, puissant, surprenant, prenant! Plein d'idées de cinéma. A ne pas rater en salle car c'est un film fragile, dans lequel il faut plonger pour en profiter pleinement, pas une distraction pour smartphone, donc n'hésitez pas à payer votre ticket, si vous rentrez dedans vous serez marqué par ce voyage.
Une masterclass, du vrai cinéma humain qui delivre un vrai message. Tant visuellement avec un cadre toujours très travaillé, des couleurs et le paysage des montagnes/ruines du Maroc + une très belle interprétation de l'acteur principal le tout dans une dramaturgie violente mais juste et malheureusement en adéquation a notre époque
La voilà la vraie surprise de Cannes, enfin du moins de la première semaine, ce film réalisé par Óliver Laxe qui a surpris tout le monde, au sens propre comme au figuré. Tout commence comme un road trip classique légèrement dramatique : en recherche de sa fille, un père traverse le Maroc en compagnie de son fils et de festivaliers qu'il rencontre sur la route. Jusque-là, tout va bien, la scène d'introduction énergisée par de la musique rave nous mettant tout de suite dans l'ambiance, cette rencontre toute aussi drôle qu'étonnante et puis le début de ce road trip où tous ces personnages différents vont apprendre à se connaitre, à cohabiter etc. Et puis d'un coup, le film surprend. Surprise que je ne dévoilerai certainement pas ici tellement elle est déroutante ; si bien que le spectateur rentre complètement en empathie avec le personnage principal. Et puis, boum, deuxième surprise. Là non plus, même après la première, nous ne sommes toujours pas préparés à ces brusques changements de ton. Le réalisateur prend un malin plaisir à installer son spectateur dans une petite bulle de confort pour ensuite mieux le mettre mal à l'aise. Si bien qu'on subit presque la dernière demi-heure de film, on reste collé à notre siège, en étant en tension constante, ce qui est certes très fatiguant mais aussi particulièrement grisant ! On a également une mise en scène tout juste magnifique qui prend le temps de se poser dans une histoire qui avance à cent à l'heure, avec par exemple de superbes plans sur le désert marocain mais aussi tous ces plans sur les vans accompagnée d'une poussière conférant presque au film une aura onirique dans ces moments-là (un peu à la "Mad Max" d'ailleurs). Et puis on a cette musique rave qui ne quitte jamais l'intrigue, accompagnant par exemple superbement les plans précédemment cités, sans parler de tout le travail autour du son dont les basses sont extraordinaires. "Sirāt" est donc une excellente surprise tout simplement qu'il faut aller voir sans se poser de questions pour en apprécier d'autant plus l'expérience.
Il existe apparemment des amateurs de ce genre de bizarreries expérimentales. Je n'y ai vu qu'un exercice de style vain. Rapidement, ce film oublie qu'il a une histoire à raconter, d'ailleurs il se débarrasse de ses personnages tristement. Il ne reste que quelques jolies plans désertiques.
S'il s'agit d'étudier la métaphysique du teuffeur, je veux bien. Mais il y a tout de même du souci à se faire sur ce qui leur reste de neurones. C'est donc l'histoire d'un mec un peu nouille qui cherche sa fille, et qui pour la trouver s'acoquine avec 5 raveurs encore plus nouilles que lui. Franchement, qui prend les risques d'un voyage en camion à travers le désert marocain pour aller se dandiner d'un pied sur l'autre pendant des heures sur un rythme de marche militaire? Cette question posée, j'ai regardé la première heure du film en me disant qu'il allait forcément se passer quelque chose d'horrible. Du coup j'ai tenu bon. Mais quand la chose horrible est arrivée, le film a perdu tout intérêt pour moi. Car… attention: spoiler! un personnage qui voit son fils tomber dans un ravin et ne descend pas au fond du ravin en question pour voir si, d'aventure et par chance, le gamin ne serait pas encore vivant, c'est un personnage… Que dis-je un personnage: un être humain! qui n'existe pas! ou qui ne devrait pas exister. Pourquoi voulez-vous continuer de regarder un film dont le personnage principal ne mérite pas d'exister? Ce film est creux et fumeux comme un bong.
Excellent film où un gros travail sur le son a été effectué et dont la définition du Sirât , un Pont qui relie l'Enfer au Paradis aussi fin qu'un cheveux et aussi tranchant qu'une épée , corresponds parfaitement à l'esprit du film !
Vu en avant-première au cinéma Omnia de Rouen en présence de l'incroyable Sergi Lopez (mon clavier ne veut pas mettre l'accent catalan sur le patronyme, pardon). Ce film sera un choc pour tout spectateur, rien que par l'âpreté des paysages, la singularité absolue de ses personnages, le caractère dramatique de son scénario. L'exercice critique rationnel devient, face à ce film aux dimensions multiples (social, politique, onirique, pour ne mentionner que cela), assez vain : sollicitant notre sensibilité profonde il sera reçu de manière nécessairement très diverse. Ainsi je ne saurais exprimer pourquoi il demeure en moi quelques réserves qui me font attribuer une note, toujours arbitraire, de 4 plutôt que 5 : "Sirāt" et sa dimension de film d'anticipation atteindra peut-être la note maximale avec quelques jours de recul. Un choc en tout cas !
J'ai eu l'occasion de voir Sirāt au NIFFF (Neuchâtel International Fantastic Film Festival) en première suisse. Faisant partie du monde de la rave party depuis 15 ans, j'en avais beaucoup entendu parler et la bande annonce promettait du très lourd.
Eh bien, powaaa! Je n'ai pas été déçu ! La musique du producteur français Kangding Ray est plus que pertinente. Elle accompagne à merveille le scénario, nous immerge totalement et correspond, comme rarement au cinéma, à de la musique rave. Synthés et modulaires hypnotiques, gros kicks dans les tympans, drums groovants.
Les plans panoramiques de paysages désertiques nous plongent d'autant plus dans ce film jouissif au niveau artistique. Mais lorsque les décors et l'ambiance ne font pas tout, faut-il encore réussir à pondre un scénario haletant avec des acteurs et actrices à la hauteur de la tâche (les figurants dans les scènes de rave party sont des amateurs, des teufeurs!). De mon point de vue, c'est plus que réussi. L'histoire ne se concentre pas durant 2h sur la rave party. Elle nous emmène dans les montagnes, puis dans le désert. Elle nous entraine et ne nous lâche jamais. Elle continue d'avancer avec les personnages qui n'ont qu'une solution : poursuivre leur chemin. Ajouter à ça des éléments perturbateurs surprenants, pour ne pas dire accablants, auxquels vous n'auriez pas pensés et le film se transforme en pépite =)
L'acteur principal était présent à la séance pour un Q&A. Il a lui même avoué s'être débarrassé de certains stéréotypes. Ces rassemblements sont très bien organisés, pas un déchet qui traine, pas 2 personnes qui se tapent dessus. Je ne pense pas trop m'avancer lorsque je dis que ce film va devenir culte dans le monde de la free/rave party. Il pourrait, pourquoi pas, démonter quelques préjugés puisqu'il dépeint avec brio cette réalité en évitant les clichés. Tout y est et plus encore!
Un road movie dans le désert marocain où un père (Sergi Lopez), part à la recherche da sa fille disparue. Il se retrouve parmi une foule qui assiste à une rave party….
Un film sublime de beauté Des images magnifiques Une façon de filmer hors pair Un Sergi Lopez au top qui malheureusement se fait trop rare Je pense que ce film restera ancré dans ma tête pendant longtemps Une grande claque! Rare! Merci au réalisateur
Luís et son fils Esteban sont à la recherche de leur fille/soeur. Afin de la retrouver, ils se rendent au Maroc dans un énorme festival techno sauvage dans le désert, espérant qu'elle s'y trouve. Lors de l'évacuation par l'armée marocaine, ils décident de suivre le camion d'habitués des rave party qui semblent savoir où pourrait être la jeune femme. Problème : la fête suivante est à l'autre bout d'un paysage désertique et inhospitalier.
spoiler: "Sirāt" est une véritable explosion scénaristique, tout bonnement inattendue. Le pitch de base est intéressant mais assez classique : on se sent embarqués vers un film social où le père va apprendre à comprendre ces individus qui rejettent la société telle qu'elle existe et cherchent la musique et la drogue comme mode de vie. Que nenni. Un premier événement brutal vient briser net toute la construction narrative et enterre définitivement le pitch principal. On entre ensuite dans une furie meurtrière qui emporte avec elle tous les personnages. Les paysages sont magnifiques. Je regrette juste que le réalisateur s'habitue un peu vite aux chocs des morts tragiques.
Chef d'oeuvre qui nous transporte par l'originalité de son scénario et de son expérience musicale. Une invitation au voyage intérieur sur l'éphémère de notre existence face à l'immensité Infinie de l'Univers...
J’attendais Sirat avec impatience… peut-être un peu trop. C’est un road movie aux paysages sublimes, du Maroc à la Mauritanie. Un film très silencieux où la bande originale et le décor constituent la principale force. Cependant, en dehors de la dernière partie qui ne nous ménage pas, je me suis ennuyé. Le film mise tout sur l’esthétique, mais en y regardant de plus près, on se rend compte que tout repose uniquement là-dessus. Au final, une demi-déception.