Il y a les films qu’on aime, ceux qu’on détestent et ceux qu’on aurait préféré ne jamais voir.
Sirat rentre dans cette troisième catégorie, pourtant pas simple à intégrer. Je ne suis pas une « âme sensible », mais selon moi la violence au cinéma devrait servir un propos.
Avec Sirat la gratuité n’a d’égale que la vacuité. Ca ne vient de nulle part pour retourner au même endroit, on n’en sort ni grandit, ni meilleur, ni plus sachant, ni rien. Juste choqué.
La nature ayant horreur du vide, le film aspire toutes les quêtes de sens qui passent à proximité : des « allégorie », des « métaphores », du « nihilisme », une leçon sur la vacuité de la vie, et autre gros mots. Chacun (moi y compris) y va de ses théories interchangeables pour tenter de boucher le Grand Trou. Des constructions intellectuelles gratuites et pas factuelles, qui s’écrouleront sous des monceaux de contre arguments si on les examine avec un peu d’honnêteté.
Les plus intelligents d’entre nous, sûrs de leur interprétation, en sortiront ravis. Ils sont du bon côté, celui de ceux qui comprennent, du bon côté du trait bien épais qui sépare l’élite de la plèbe.
Rien de populaire donc, ni de génial, ni d’hypnotique. Encore moins de politique, c’est au contraire dépolitisant au possible, puisque chacun pourra y fourrer son interprétation ou ses fantasmes. Comme dans une cuillère ou une tronçonneuse.
Doit on passer sur les invraisemblances ?
Dans le désert, en pleine tempête de sable et au crépuscule (!), essayez de retrouver 1 homme allongé au sol…. juste avant de faire sauter ton camion, tu ne penses pas à prendre l’eau et les vivres? etc…
Personnellement je n’ai pas non plus été touché par les « qualités esthétiques ». Au contraire dès les première images j’ai trouvé que l’image, la couleur, la photo plutôt moches, moi qui ne suit pas très sensible à ce genre de choses habituellement.
Réalisation ridicule avec ces scènes du début qui essaient de nous faire croire à une foule immense alors qu’il n’y a que que quelques dizaines (une centaine ?) de figurants. Pourquoi ne pas l’assumer plutôt que de faire toutes ces contorsions pas très discrètes avec avec les angles de vue et les caméras ?
S’il y a des films qui vous font décoller avec leur musique, Sirat m’a plutôt abruti, question de gouts je le conçois.
Seule chose à sauver, les comédiens.
Une punition que je ne crois pas avoir mérité.