Sirāt
Note moyenne
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922 critiques spectateurs

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Loulard
Loulard

12 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 novembre 2025
Il y a des films qui ne peuvent laisser indifférent. Sirat est de ceux là.
C’est une véritable expérience à vivre.
À la fois esthétique, émotionnelle et même spirituelle (en tout cas, c’est ce que voulait le réalisateur).
Ses qualités formelles sont indéniables. D’abord sur le plan purement visuel : on a droit à de superbes plans du désert, magnifique par ses couleurs, ses reliefs et son immensité, ou encore des corps en mouvement pris par la transe de la danse. On pense ici à Mad Max, inévitablement ou parfois à Star Wars. Le son est également très travaillé avec des moments littéralement saisissants : bande originale, effets sonores, mixage et mastering. Tout est léché à ce niveau-là et c’est une des forces du film. Pour l’apprécier à sa juste valeur, le voir en salle est un vrai plus.
spoiler: Mais, au delà de ce qu’il montre et fait entendre, Sirat cherche à raconter une quête perdue d’avance, une fuite en avant qui ne mène nulle part. Celle d’un père et son fils à la recherche de leur proche disparue. Quête qui viendra se mêler à celle d’un groupe de teufeurs, usés par la vie mais poursuivant leur idéal quasi mystique. « La rave du bout du désert », sorte d’Eldorado au LSD. Le réalisateur met ses personnages à l’épreuve et après une première heure un peu ennuyeuse qui pose doucement les choses, la bascule vers la descente aux enfers commence avec pas mal de scènes choquantes et de jump scares dignes d’un film d’épouvante. Ces effets fonctionnent et choquent le spectateur. On passe par des émotions fortes et difficiles, qu’on ne ressent que peu souvent au cinéma. La deuxième moitié du film m’a tenu en haleine, j’étais complètement dedans comme l’ensemble de la salle, alors que je regardais ma montre pendant la première heure… Je n’y ai pas vu une violence gratuite, ou une cruauté du réalisateur envers ses personnages comme l’ont dit certains critiques. J’ai plutôt ressenti le message de la fragilité de la vie et l’idée que toute fuite en avant est vaine. La réalité finit toujours par te rattraper…


Finalement, on en ressort éprouvé, ne sachant pas forcément ce qu’on a vu, si c’était bon ou mauvais, gratuit ou réfléchi méthodiquement… Et ce que le réalisateur a voulu nous dire au final. On est interloqué, on regarde les autres spectateurs hébétés ou choqués qui sortent de la salle et on ressent le besoin de respirer et réfléchir ainsi que d’échanger sur ce qui vient de se produire et sur le propos de l’oeuvre. Je n’arrive toujours pas à dire si j’ai aimé réellement ou pas, mais je pense que c’est un film à voir pour tout cinéphile averti. Je ne regrette vraiment pas de m’être déplacé en salle. Pour moi c’est un film unique et marquant, ce qui est déjà pas mal… Il peut faire l’objet de discussions et d’analyses interminables avec d’autres spectateurs, ce qui est signe d’une certaine richesse. La variété des ressentis peut être grande, mais personne ne sera indifférent.

Il convoque des références évidentes comme Mad Max, Le salaire de la peur ou Voyage au bout de l’enfer et aborde des thèmes intéressants même si on peut regretter que leur traitement ne soit pas plus abouti (la fragilité de la vie, le deuil, la marginalité, la fuite du monde, la fin du monde, la notion de quête physique et spirituelle, le rapport au corps…). Mais je pense que le fond du film n’est pas là et que le but recherché est de parler à l’émotionnel en nous, ainsi qu’au sensoriel, en laissant de côté le rationnel (sans pour autant le délaisser complètement). C’est peut-être un des reproches qu’on pourrait faire au film d’ailleurs : le parti pris n’est jamais total, et donc assumé complètement. Nous sommes toujours entre deux. Mais me direz vous, c’est la définition même du terme Sirat qui nous est rappelée dès le premier plan du film : le pont entre le paradis et l’enfer, fin comme un cheveu et tranchant comme une lame.

Pour conclure, Sirat est une expérience à vivre, si possible en salle pour le côté visuel et sonore. Le réalisateur a vraiment tenté quelque chose, pris certains risques, ce qu’on ne peut que saluer au milieu de cet océan de films oubliables. Je ne peux que recommander son visionnage. Ne vous laissez pas abuser par la première heure un peu poussive, laissez vous emporter vraiment dans ce trip halluciné vers le fin fond du désert. Lâchez prise comme sur un bon beat de techno, défoncé au milieu d’une teuf. Vous kifferez plus !

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FPCormier
FPCormier

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5,0
Publiée le 7 novembre 2025
Une claque incroyable.
Il est là, le cinéma qui fait rupture, on le sent à cette dichotomie des avis. C'est bien, un film doit frapper son monde. Etre très pour, ou très contre, mais réagir :-)

Pour ma part, un immense film.
Theojanvier
Theojanvier

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4,5
Publiée le 7 novembre 2025
Sirat est le film le plus étonnant scénaristiquement qui m'ait été donné de voir. Les tournants narratifs sont inattendus, on ne sait jamais où le film va nous mener.
Geoffrey D.
Geoffrey D.

6 abonnés 12 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 novembre 2025
Le film semble nous emmener quelques part pour finalement nous amener complétement ailleurs. Je regrette de ne pas avoir pu le visionner en salle, où je pense, il prend une toute autre dimension, notamment par la dimension musicale. [spoiler]La réaction du père me semble un peu sous dimensionnée, j'aurai voulu être plus emporté émotionnellement./spoiler]
Clem38tchoukar
Clem38tchoukar

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2025
Ce camaïeux de sonorités et de paysages a couper le souffle, rythmé par des décrets du destin, nous laisse en hydropisie. On en sort émerveillé et dévasté, vide comme un désert. Un film qui se ressemble et que l on fini par traverser dans la résignation de ses diktats, et pourtant , en profitant de chacun de ses instants . Enjoy the show, ce film réhabilite l instant présent.
EL4311
EL4311

16 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 novembre 2025
Sirāt incarne à la perfection l’archétype du film récompensé à Cannes.

Techniquement, tout y est irréprochable : la mise en scène, la photographie, les plans jamais trop bas, jamais trop hauts (peut-être certains du début un poil longuets?) ... Et le jeu des acteurs est vraiment excellent.

Mais voilà : il ne se passe rien. Absolument rien. L’histoire semble se dissoudre avant même de commencer. On tente bien d’y injecter quelques micro-événements :
spoiler: un chien qui avale de la drogue par erreur, un camion coincé devant une rivière...

mais tout cela ne sert qu’à meubler un vide narratif abyssal. C’est le fameux cinéma du presque-rien, du silence et du geste, où l’inaction devient matière artistique.

Et pourtant, on ne s’ennuie pas car le film est en effet très beau. Les paysages sont splendides, le cadrage respire, la lumière est incroyable. C’est un film qui vit de sa forme plus que de son fond. On en sort avec cette impression étrange d’avoir contemplé quelque chose de sublime sans savoir vraiment quoi.

Cependant, cette beauté formelle s’accompagne d’une tristesse diffuse. Tout est empreint d’une gravité presque obligatoire :
spoiler: des personnages paumés, la mort horrible d'un enfant, les van lifers qui décèdent explosés dans un champ de mines...

Même la scène d’ouverture lors de laquelle les gens dansent la tectonique ressemble davantage à une transe animale qu’à un moment de joie. C’est encore le triomphe du glauque.

Alors, on finit par se poser la question : pourquoi ce sont toujours la tristesse, le malaise ou le macabre qui sont célébrés ? Est-ce parce qu’il faut être grave pour être profond ?
Emilie G.
Emilie G.

4 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 novembre 2025
Je n'ai su que penser de ce film. Ni inintéressant, ni dénué d'une certaine profondeur, il m'a laissée quelque peu hagarde, avec une fin que je considère bâclée.
Il est immersif et violent émotionnellement, cette violence est par ailleurs l'hypophyse de l'oeuvre, elle orchestre tout et lui confère toute sa personnalité.
N'y allez pas si vous voulez ressortir avec le sourire, mais si vous connaissez quelqu'un qui vous agace par sa joie de vivre, ce film devrait le calmer pour quelques heures.
Régis B.
Régis B.

9 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 novembre 2025
Un film magnifiquement inquiétant, avec une montée crescendo de l'angoisse, sur les rythmes obsédants de la techno. L'histoire tient par le jeu des acteurs, pas seulement Sergi Lopez, toujours aussi bon,, mais aussi tous les autres acteurs qui constituent les membres de cette tribu magique et déglinguée.
À voir si vous êtes sûr d'avoir le moral... et le spoiler: coeur
bien accroché !
laurencetruffe
laurencetruffe

9 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 novembre 2025
Jamais vu un film aussi étrange !! Je suis sous le choc... La musique, les paysages. les personnages, l'histoire, tout m’a touchée en plein coeur. Un pur chef d'œuvre !
WillyDenzel
WillyDenzel

2 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 novembre 2025
Sortant tout juste de la séance, j’ai eu mal à rédiger mon avis.
Formellement, c’est un très bel objet, mention spéciale au traitement du son tout au long du métrage.
Dans le fond, j’ai passé un moment très désagréable: le film manque de bienveillance vis à vis de nombre de ses personnages, et la morale que j’en ai retenu me fait un peu peur: quiconque cherchera une once de liberté sera puni.
Peut-être me suis-je enfermé dans cette idée très réactionnaire que je me fais de la pensée du réalisateur, mais je ne suis pas prêt de revisionner ces deux heures de bobine qui en paraissent bien plus par moments.
Auré Lie
Auré Lie

5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 novembre 2025
Un retournement de situation et chute plus qu’inattendu, un rythme lent au départ qui s’intensifie grandement jusqu’à la fin du film. De l’absurde mais bien ancré dans le réel. Un film qui fait réagir et émeut.
Cinéphiles 44

1 667 abonnés 4 647 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 novembre 2025
"Sirāt" est une œuvre à la frontière de la transe et du chaos. Dès les premières minutes, on est happé parc ce film tourné dans le désert marocain. La mise en scène est d’une intensité rare : Laxe filme l’épuisement, la poussière, la peur, comme George Miller filmait la vitesse dans Mad Max. Chaque plan semble animé d’une fureur physique. La musique, oppressante à souhait, gronde comme une menace sourde. C’est une expérience sensorielle autant qu’un récit. Les comédiens non-professionnels, irradient d’une énergie brute, presque animale autour du personnage de Sergi López qui recherche sa fille disparue. Certaines scènes restent gravées, mais nous n'en dirons pas davantage. "Sirāt" est un film viscéral, d’une beauté violente, qui laisse son spectateur hébété, haletant.
Gaston le Cinéphile
Gaston le Cinéphile

17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 novembre 2025
Sirat est une métaphore de la vie : de la jeunesse festive à un long chemin semé d’embûches, de joies, de tristesses et de partages. Les choix difficiles nous guident vers notre propre route, sans pouvoir se retourner, jusqu’au dernier train. Tout au long du film, on navigue entre enfer et paradis, avec une intensité bouleversante.
Chiara Verdi
Chiara Verdi

1 abonné 1 critique Suivre son activité

1,5
Publiée le 2 novembre 2025
Un désert.
C’est sans doute la meilleure définition pour décrire ce film, aussi bien pour son décor que pour le vide qu’il dégage. Ce point et demi, je l’accorde pour l’effort esthétique, car visuellement, j’admets que ce film est une réussite.
Une heure d’attente et de tension, à guetter la fameuse « phase choc » annoncée par la presse. Peu de dialogue, une intrigue oubliée, une heure de plans lents, accompagnés d’une musique techno omniprésente, qui finit par lasser plus qu’elle ne captive. Puis viennent quarante minutes d’images de violence gratuite, inutiles autant pour le spectateur que pour le propos du film. On cherche une morale, un sens, un message. Mais Sirat semble se complaire dans le vide, au point qu’on finit par imaginer soi-même la fin du film, faute de voir quelque chose se passer à l’écran. Et c’est sans doute là la plus grande déception : réaliser que le spectateur aura passé plus de temps à imaginer une morale que le réalisateur n’en a mis à la concevoir.

Alors si la seule qualité de ce film est l’image, je conseille davantage de trouver un bon documentaire sur le paysage marocain. Vous perdrez moins votre temps en regardant ce film prétentieusement vendu, et arriverez plus sûrement à vos fins.
Noé bchtl
Noé bchtl

1 abonné 1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 novembre 2025
Troublant, prenant.
Sirat, le pont étroit que les âmes doivent franchir après la mort en islam. Entre salut et damnation. Une métaphore qui traverse tout le film d’Oliver Laxe.

Une œuvre camusienne, à la photographie soignée, où l’immensité du désert nous plonge, avec les protagonistes, dans un malaise qui s’intensifie minute après minute.
Un contexte flou, pour un scénario tout aussi flou : un père en quête de sa fille, disparue dans les raves clandestines du Sahara. Cette indétermination nous invite à vivre le film comme une expérience, sans chercher naïvement une morale clairement définie.

Le réalisateur nous interroge sur la mort, l’espoir et la pugnacité, à travers des scènes chocs, parfois gratuites, froides, dans une image pourtant brûlante.

Les longueurs et le rythme lent du film contribuent à renforcer l’état de trouble dans lequel Oliver Laxe nous plonge.
Un film qui ne laisse pas indifférent, même une fois sorti de la salle.

Nonobstant, on peut reprocher un jeu d’acteur parfois hésitant, ainsi qu’une certaine précipitation dans l’écriture. spoiler: (La scène des mines, où les morts s'enchaînent trop rapidement selon moi)
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