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Céline Leaf
1 critique
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5,0
Publiée le 17 novembre 2025
Je suis assez étonnée que Sirāt soit aussi peu compris et aussi intellectualisé. Pour ma part je l'ai trouvé limpide. Déjà, j'ai souvent lu une énorme erreur, le Sirāt n'est pas le chemin qui mène du Paradis à l'Enfer, c'est le contraire. spoiler: Il faut avoir traversé l'enfer (la mort d'un enfant ou de proches ici) pour atteindre l'état de transmutation où on accepte de fermer les yeux et de se laisser guider par plus grand que soi, résumé par la phrase "J'ai pas réfléchi". C'est la définition même de l'acte de foi, qui mène au Paradis.
Sirat est un film qui se vit plus qu’il ne se comprend. Les images sont superbes, le son te traverse presque physiquement, et l’ambiance devient de plus en plus étrange au fil du voyage. Le rythme est lent mais hypnotique, avec quelques scènes qui secouent vraiment. Une expérience sensorielle forte, pas pour tout le monde, mais vraiment marquante.
Surprise, frustrée mais pas déçue. J'ai longtemps patienté avant de passer le cap du cinéma pour celui-là. J'ai toujours du mal avec les films salués (presque) unanimement par le public et les critiques. Non pas pas exigence ou condescendance (quoique, c'est peut être mon défaut), mais plus par méfiance et ces nombreuses fois déçue par des films vantés exceptionnels, sans réel originalité in fine.
J'y suis allée par invitation, donc je m'attendais à rien. J'avais peur de voir des clichés de la culture teuf, type " je mets à Mélanie Laurent un piercing dans le nez et des dreadlocks en la faisant danser sur de la psytrance". Que nenni : les personnages ne sont pas clichés, se sont (je crois) de vraies "gueules" de la teuf, des trentenaires/quarantenaires, ça fait casting sauvage : j'aime bien, ça commence bien. Les images sont belles, la musique est sympa et non clichée également. On sent bien cette solitude du désert, le côté contemplatif.
J'ai eu ensuite un peu peur de cette contemplation justement, qui était parfois trop longue. Des plans sont trop longs à mon goût. Je pense qu'il y a des plans qui méritent d'être aussi étirés, mais certains sont franchement dispensables. On aurait pu facilement gagner 15min.
Puis, j'ai vraiment aimé là où on m'a emmené. Ce qu'il devait être un road trip pour trouver cette fille disparue devient une fuite vers nulle part, qui devient violente plus on avance. J'ai bien aimé ce revirement, il est vrai. Mais le point négatif c'est que je trouve que ce n'est pas allé assez loin. Je m'attendais à plus ! Le film m'a surprise, d'une façon positive, j'ai apprécié mon moment, mais il m'a laissé sur ma faim.
En effet si l'on pouvait comparer avec un autre film où tout part en couille : Climax de Gaspar Noé (ma vraie dernière claque au cinéma), Sirat est assez léger, et légèrement prévisible. spoiler: Faire mourir un enfant ? Rien de plus prévisible pour choquer la spectateur dans un absolue de violence (bon ok dans Climax aussi, mais ça va plus loin). Les mines ? ok là il me tient. Et puis...??? J'ai l'impression d'avoir vu un film qui aurait pu vraiment me transcender mais il manquait ce petit plus d'extrême que j'aime pour me prendre une réelle claque. Et c'est là que j'ai compris pourquoi il plaisait tant à tout le monde ; c'est parce qu'il ne choque pas assez pour qu'il dégoûte, mais qu'il choque juste assez pour avoir secouer le public habitué des blockbuster. Mon avis est sûrement subjectif : je pense que mes yeux et mon cerveau ont l'habitude de plus violent, c'est sûrement pour ça. Pour moi un bon film c'est un film auquel on pense encore le lendemain : c'est donc un bon film, car il m'a tout de même retourné un petit peu. Mais je ne sais pas si il mérite le prix du jury pour autant !
Film envoûtant avec des acteurs, un son,des images magnifiques. Pas de sexe, pas de méchants, et pourtant une histoire ou l"amour et le drame sont omnipresents. Une grande claque mais une leçon d'humanité.
Acceptons quelque chose, l'expectateur actuel est sous une dynamique de series et filmes prévoyants... Sirat ne l'est pas. On s'attend au mega rôles des personnages, des actions héroïques, des acteurs connus...mais non. Sirat est une proposition hors compétition! Un film qui casse nos habitudes au cinéma. Je suis sorti de la salle en shock. Ébloui par la simplicité d'une réussite totale.
je n’ai jamais vécu ça devant un film .. coups de chaud c’est hallucinant. errance totale , acteurs et spectateurs. un ovni . c’est en attendant Godot mais on va le chercher à travers le désert et les champs de mine
Quatrième long-métrage du cinéaste franco-espagnol Óliver Laxe, Sirāt est une petite bombe cinématographique qui convoque de nombreux films mythiques : on pense tour à tour à Mad Max (George Miller, 1979), au Salaire de la peur (Henri-Georges Clouzot, 1953), à Gerry (Gus Van Sant, 2002), au Goût de la cerise (Abbas Kiarostami, 1997), à La montagne sacrée (Alejandro Jodorowsky, 1973). Rien que ça. Œuvre de désert, ce road movie hypnotique et cauchemardesque qui a été tourné dans le sud marocain nous plonge dans l’histoire de Luis (Sergi López) et de son jeune fils, à la recherche désespérée de leur fille (et sœur) dans le milieu des raves sauvages organisées par des alternatifs occidentaux au cœur de l'Atlas. Ils vont alors s’aventurer dans des zones toujours plus reculées avec un petit groupe de fêtards, tandis que leur périlleux périple va prendre une tournure de plus en plus métaphysique, qui invoquera les notions de collectif et d’individualisme, d’absurdité de l’existence et d’inéluctabilité de la mort. Ce film puissant, qui fait appel à tous nos sens avec une force rare, évolue sur des terrains stupéfiants et oppressants, dans une atmosphère apocalyptique de plus en plus évidente. Un choc.
Une grande émotion extatique jaillit dans les premières minutes du film. Je ne me souviens pas avoir déjà vécu une bande son fusionnant si fortement avec l'image. La musique gronde jusqu'au fond des oreilles, on entend chaque note résonner et vibrer comme si le sol du désert marocain allait s'ouvrir d'un coup sous nos yeux. Voici je pense la grande force de ce film. Car pour ma part il m'a laissé un gout d'inachevé: la pensée politique et morale, les allégories sont trop minces, suggérées du bout des lèvres. Même si selon Oliver Laxe "il y a un équilibre à trouver dans la pratique de l'art, entre dire et évoquer", le film mériterait presque une heure de plus pour nous emmener d'avantage vers un message plus éclatant.
J’ai vraiment excité à l’idée de découvrir ce film, mais j’ai été super déçu… L’histoire ne raconte rien, les personnages sont traités superficiellement. Le son est bien mais même la dessus, je n’ai pas non plus été emballé. Je comprends pas ce que raconte ce film, et c’est rarement bon signe.
Film extrêmement visuel et sonore, c'est une voyage au cœur du désert, de la musique et des âmes qui dansent et entrent en trans pour échapper à la réalité. Le film surprend et choc par certaines scènes, et apporte beaucoup de douceur et de poésie dans d'autres. Un métrage qui sort des clous et qui nous fait ressentir des émotions assez brutes.
Pourquoi ? Oui pourquoi ? Pourquoi ce film ? Pourquoi ces choix ? Pourquoi ce virage au beau milieu ? De quoi me parle-t-on ? Pourquoi m'en parle-t-on ? Pourquoi ce train ? J'ai vu Sirat il y a plusieurs semaines et je n'ai toujours pas la clef... Alors oui de belles images, une bande son démente, un Sergi Lopez en grande forme (les amateurs ne jouent quand même pas toujours très juste)... mais ça ne l'a pas suffit à adhérer au propos. (quel propos ? ;-)
Je me souviens : lorsque j’étais au collège, il y a longtemps, mon professeur de mathématiques avait raconté qu’une élève, voulant bien faire, avait réalisé une suite de longs calculs pour lui donner, à la fin, le total. Il lui avait répondu, pour ne pas la vexer, que c’était bien — tout en se rendant compte que cela ne servait à rien. Elle n'allait pas dans le bon sens. C’est exactement le ressenti que j’ai avec ce film.
Je me demande encore ce que j’ai vu. Un hymne à la vie ? Une célébration du chaos ? Les personnages sont bien écrits et parfaitement interprétés, les décors sont dantesques et la musique porte littéralement le film. Ce film est un petit bijou qui m’a captivé pendant deux heures.