Superbes photos du sud du Maroc, Sergio Lopez est parfait Ne parlons pas de la musique Thème très conventionnel si on creuse au delà de la première impression
Cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu un film aussi choc, aussi remuant, aussi beau. J'ai dû le voir une deuxième fois pour laisser tomber mes aprioris, admirer les personnages totalement atypiques mais bien réels de ce film, pour écouter la musique, ou bande son géniale, pour voir l’esthétique du chaos que Oliver Laxe a si bien mise en scène. Je suis totalement fan, et pourtant je suis vieille!
Oeuvre nihiliste qui ne m'a guère touché. On suit, dans un no man's land peuplé de ravers, de marginaux et d'éclopés, un père qui recherche en vain sa fille aînée. Ce périple aux relents de "Salaire de la peur" voire de "Mad Max" est agrémenté d'un contexte belliqueux se voulant anxiogène mais plutôt cheap et guère crédible. J'ai été étonné par la disparition subite du fils puis on assiste à une sorte de "Dix petits nègres" plutôt vain. Quel est le message de ce film ? Cherche-t-il à montrer que la vie n'a aucun sens ? Que nous ne sommes rien face à une nature qui nous domine ? Qu'il vaut mieux se perdre dans des paradis artificiels plutôt que d'affronter un monde violent et n'offrant aucun espoir ? Quelques images chocs et une bande-son peuplée de boums-boums ne peuvent suffire à rendre ce récit prétentieux intéressant...
Et bien heureusement qu’il y a Sergi Lopez et ses belles images du désert car le scénario est plat et les rebondissements tellement violents, globalement déçu…
Sirat s’annonce d’abord comme une expérience sensorielle fascinante. On se laisse happer par cette immersion presque hypnotique, portée par la beauté des images et la puissance de la musique. Mais très vite, le film se délite. Les personnages manquent de relief, de profondeur. Leurs motivations paraissent creuses : ils s’engagent dans une galère improbable, sans eau ni gasoil, pour rejoindre une soirée fantôme alors qu’ils sortent à peine d’une autre. Leur fuite face à un convoi militaire, aux raisons floues, achève de rendre la tension dramatique peu crédible. Le récit, réduit à un fil ténu, s’étire ensuite sans réelle inspiration.
On comprend que ces personnages se trouvent dans ce Sirat : des âmes en transit, suspendues entre la quête de transcendance et la chute dans le vide, le désert filmé comme un purgatoire. Les choix de narration reprennent presque littéralement la symbolique du Sirat : ses stations, ses épreuves successives, son passage au-dessus de l’abîme. Mais là où cette intention aurait pu nourrir une expérience incarnée, elle se réduit à un schéma illustratif. Le réalisateur cite le mythe, comme une succession d’étapes métaphoriques renvoyant point par point à ce qui est décrit dans le Coran, sans incarnation. Le film s’enferme ainsi dans des métaphores appuyées et un symbolisme creux, que de belles images ne font que lisser davantage.
D’après ce que j’ai lu, le Sirât est un passage vers le salut, un pont entre l’homme et Allah. Le film semble en rejouer la traversée : le père, lucide, parvient à franchir le champ de mines. Ayant accepté la perte, il accède au salut, tandis que les autres, engloutis par leurs illusions et leurs excès (jusqu’à cette absurde consommation de drogue), échouent symboliquement. Seul deux personnages désillusionnés, dépouillés de leurs désirs et de leur inconscience par les épreuves récentes, réussissent aussi à traverser. Mais concrètement, que s’est-il passé ? Presque rien. Ils franchissent le champ de mines et rentrent à la maison, après avoir abandonné leurs objectifs, aux motivations obscures.
In fine, on nous montre une jeunesse occidentale à la dérive, happée par ses désirs de fête et d’ivresse, incapable de comprendre les réalités du Maroc et plus largement du monde. Loin d’une utopie rave, c’est plutôt la chronique d’une ignorance qui se retourne contre ses propres acteurs, bardée d’opinions qui paralysent le récit.
Sous sa beauté plastique, Sirat laisse un goût d’inachevé. Le film cherche la transcendance mais s’y perd. Expérience sensorielle forte mais vide de chair et d’élan dramatique. Un film qui se contemple sans jamais se vivre.
film très dur sur un père qui cherche sa fille et se trouve embarque dans parcours au travers du sud marocain ,les acteurs pas très connus sont au top, le rythme est soutenu on reste collé à son siège
De magnifiques vues du désert mais un scénario invraisemblable où tout est attendu avec une musique soit guimauve soit assourdissante. A noter l'excellente prestation de Sergi Lopez.
Avec tout ce qu’on a entendu comme louanges sur ce film que personne n’attendait à Cannes, et la surprise qu’il a créée là-bas, j’étais très impatient de le découvrir. J’ai eu la chance de le voir à l’avant-première de l’UGC Les Halles, où les acteurs et Óliver Laxe ont parlé de la genèse du projet, du casting et de la production. Ce film se révèle-t-il à la hauteur des attentes ?
Commençons par l’ambiance du film. Les images du désert sont magnifiques et la musique électro m’a beaucoup parlé, surtout dans l’atmosphère des raves. C’est vraiment là que le film trouve sa force : la bande-son est excellente, et je pense qu’elle prendrait encore plus de sens dans une salle équipée d’un gros système son.
En revanche, j’ai trouvé que les séquences de rave au début traînaient un peu en longueur et devenaient répétitives. Le rythme global est assez lent au départ, et il faut attendre un bon moment avant que l’action démarre, ce qui peut lasser.
Et c’est bien là mon regret principal : le décor apocalyptique est à peine esquissé. On comprend vaguement que le monde est en crise, mais ça manque d’explications. À mon sens, on aurait pu zapper quelques minutes de “punks à chien en rave” pour les consacrer à mieux planter ce contexte, ou à creuser les personnages. L’intrigue tourne autour du père (incarné par Sergi López) à la recherche de sa fille, mais au final on n’apprend rien de plus sur elle ni sur lui. Cette quête n’est qu’un prétexte pour lancer le voyage, où il rencontrera des personnages dont on n’en saura pas grand-chose non plus.
Ce que j’ai trouvé intéressant en revanche, c’est la bascule du film dans sa deuxième moitié : sans trop en dire, il ose aller vers des terrains inattendus, parfois choquants, et ça relance vraiment l’intérêt. C’est ce côté imprévisible qui m’a accroché.
Les acteurs m’ont paru convaincants, et les non-professionnels m’ont particulièrement plu : on sent qu’ils appartiennent vraiment au milieu des raves, et j’ai bien aimé les messages de paix qu’ils véhiculent.
Globalement, Sirat m’a plu pour son décor inhabituel (le mélange rave + désert marocain) et son côté surprenant. Mais j’ai trouvé dommage le manque de profondeur des personnages et l’absence d’un vrai ancrage historique ou politique. Pour le prix de la musique à Cannes, pourquoi pas. Mais pour le Prix du Jury, je reste perplexe.
Une claque incroyable et inattendue comme je n'en avais plus eu depuis bien longtemps au cinéma. Bande son envoutante ! Une immersion dans le désert dont on ressort chamboulé. Pour moi Siråt est un film à voir ! Un film rare et superbement filmé
Un peu tôt pour parler de chef d'oeuvre mais une œuvre coup de poing au moins. J'ai rit et me suis passionné pour ce road trip au parfum d'absurde. On pense à Gerry, Mad Max bien sûr même si tout n'est pas perdu ici. Le voyage continue.
La photographie et la musique font partie du casting, ce film ne peut pas plaire à tout le monde, il est contemplatif dans le cheminement et choquant dans son apothéose.
Sirāt – L’odyssée intérieure d’une humanité en quête de À l’issue de la projection, une partie du public demeure immobile, comme saisie. Sur le parvis du cinéma, le silence des spectateurs témoigne d’une perplexité manifeste, leurs visages semblant interrogés par une même énigme. C’est ce que l’on pourrait nommer « l’effet Sirāt », à la fois déroutant et fascinant. Une étrange étrangeté Dès les premières images, le film capte l’attention par un sentiment d’« étrange étrangeté » : une construction dramatique singulière, à la fois mystérieuse et déconcertante. Progressivement, le spectateur est entraîné dans le parcours initiatique d’un père accompagné de son fils, à la recherche d’une jeune femme dans le milieu des ravers. Ces derniers, loin de lui apporter une aide directe, l’introduisent plutôt à la compréhension des raisons profondes qui ont conduit sa fille à emprunter cette voie. Ce cheminement narratif évoque de manière récurrente la métaphore freudienne de la caravane de la vie humaine. Les séquences, parfois d’une intensité sidérante, renvoient chacun à ses propres angoisses existentielles. Le film se donne ainsi à voir comme une allégorie du parcours de l’existence : une traversée jalonnée d’épreuves, de choix cruciaux, et de la recherche incessante de ce fil fragile qui sépare le salut de la damnation. Sergi López, au paroxysme de l’angoisse Dans ce contexte, l’interprétation de Sergi López se distingue par une intensité remarquable : au sommet de l’angoisse, son personnage transforme la peur en un acte de courage et de don de soi, éclairant symboliquement la voie de ses semblables au prix de sa propre vie. Cependant, le scénario ne constitue qu’un prétexte narratif. Oliver Laxe invite avant tout le spectateur à un travail d’introspection. Le film questionne des valeurs fondamentales — solidarité, fraternité, liens familiaux — tout en interrogeant nos jugements, nos représentations subjectives et les contours de notre conscience. Une métaphore de la condition humaine La séquence du train bondé traversant un désert aride apparaît, à ce titre, comme une métaphore saisissante de la condition humaine : une humanité composite, venue d’horizons divers, avançant sur les rails d’une destinée commune, à la recherche d’un avenir meilleur. En définitive, Sirāt ne se réduit pas à une œuvre à contempler : c’est un film à lire et à relire, un voyage initiatique qui sollicite la réflexion autant que l’émotion. Ne pas accepter cette invitation, c’est rester à quai. Et vous, qu’en pensez-vous ?